Jeu de Rôle : Manuel de l’investigateur -L’appel de Cthulhu (Edge Studio).

Bonjour à tous !

Chers lecteurs, et lectrices*, me voici tant bien que mal comme chaque semaine avec mon petit article, et il n’est pas évident de respecter les délais de parution – vaste sujet dans le monde de l’édition, c’est ce que nous allons voir. En effet, la OnosCorp ®© est dans la tourmente depuis plusieurs mois suite à une rupture de convergence d’intérêts entre ses actionnaires et une délocalisation s’impose dans des conditions assez complexes. Néanmoins, malgré la Covid, malgré les aléas personnels, malgré Jean-Michel Blanquer (parce que !), je ferai tout ce que y est en mon pouvoir pour essayer de concrétiser tous ces beaux projets annoncés lors de mon article de bonne année.

* Désolé je ne maîtrise pas du tout l’écriture inclusive, peu de chance que vous en voyez ici !

Afin de continuer dans la lignée de la semaine dernière, je vais à nouveau vous présenter un jeu de Rôle inspiré de l’univers d’un auteur, L’Appel de Cthulhu, de Lovecraft, publié chez Chaosium en anglais et depuis peu repris par Edge pour la localisation et la distribution en France, après des licences détenues par Descartes, puis les éditions Sans détour, dont la fin fut tragique. Cette présentation concerne la nouvelle édition de chez Edge qui m’a énormément séduite et dont je viens d’acquérir le Manuel de l’Investigateur. Il s’agit de la 7e version (V7) du jeu, ce qui en dit long sur sa longévité ! À chaque fois que je ferai un comparatif dans cet article entre l’édition d’Edge et la précédente, celle de Sans Détour, il s’agira uniquement de la V7.

Le jeu permet d’incarner des personnages à multiples époques, mais essentiellement dans les années 20, qui vont conduire des investigations aux frontières du réel, les menant sur les traces des créatures et autres mythes chers au maitre de Providence. C’est un jeu où la narration et l’ambiance sont les pierres angulaires de la partie, ainsi que la perspicacité des joueurs s’ils veulent éviter la folie ou une mort certaine lors de leur immersion dans les horreurs et les secrets anciens de notre monde.

Le manuel de l’investigateur

Il s’agit d’un manuel dédié aux joueurs. D’un format agréable et d’une taille accessible aux poignets fragiles – on est loin des pavés de certaines gammes – l’ouvrage est très bien conçu avec ces 286 pages. Voici le chapitrage :

Le chapitrage est clair, bien ordonné, on peut voir, après une section sur ce qu’est le jeu de rôle, incluant un exemple rédigé de comment se déroule une partie – section quasi commune à tout manuel de JDR aujourd’hui, ce qui a sans doute conduite à son renouveau flamboyant depuis quelques années, que le confinement est venu confirmer et amplifier – une nouvelle de Lovecraft afin de présenter l’univers de l’auteur : L’abomination de Dunwitch. Ce n’est pas ma préférée bien qu’elle soit bien représentative de son univers et bien écrite – ce qui n’est pas le cas de tout chez lui. Mais malheureusement celles que j’adore, comme Les Montagnes Hallucinées, sont trop longues pour ce type d’ouvrage. Quoiqu’il en soit, bien que je trouve l’idée intéressante, je me pose la question de ce type de contenu dans un ouvrage JDR surtout pour quelque chose d’aussi long. On aurait très bien pu renvoyer aux textes de l’auteur en donnant quelques références et ainsi libérer de l’espace dans la pagination pour d’autres choses.

Le cœur du livre concerne la création des investigateurs, c’est-à-dire l’avatar que vous allez incarner au cours de la partie. Pour le coup je suis extrêmement ravi par le contenu ainsi que la mise en forme. Là où l’édition de Sans Détour était sur 3 colonnes, avec des photos dont les droits ont parfois été bafoués, et aux goûts discutables, et dont la compréhension était alourdie par une écriture assez petite – peut-être afin de créer une impression élitiste de jeu compliqué comme ce fut le cas aux débuts du JDR – Edge favorise les illustrations qui permettent à l’imagination de s’emballer plus à mon sens, et une mise en page aérée et ultra accessible. Si de grands empans de texte sont identiques, la typographie, les tableaux, la tonalité visuelle avec son papier légèrement beige suggérant la couleur du papier du XXe siècle ou encore ses lignes de séparation ou en liseré parsemées de tentacules, ni trop gros, ni trop petit, affirmant l’ambiance, sont une réussite. Le produit est super bien pensé afin de faciliter la compréhension et la prise en main rapide y compris pour le novice.

Les doubles pages de chapitrages sont l’occasion d’une magnifique illustrations et d’un passage de Lovecraft.

Après la nouvelle du chapitre 2, les chapitres 3,4 et 5 se concentrent sur l’aspect technique du personnage et sa création : ses caractéristiques, son occupation – en quelque sorte son métier – et ses compétences. On retrouve cet aspect dans quasi tous les jeux de rôle. C’est dans cette partie que l’on va découvrir le système basé en fait sur des jets de pourcentage : votre compétence à une valeur sur 100 après achat de points que vous répartissez et, lors de vos jets, vous devez faire un score inférieur à cette valeur. Il peut y avoir différents types de réussites déterminées par votre résultat, ainsi plus votre score est proche de 1, plus vous avez de chance de faire une réussite critique, voire extrême.

Enfin le 6e chapitre nous présente quelques organisations dont les joueurs peuvent vouloir faire partie, ainsi que des fiches de personnages pré-tirés de membres pour chacune d’elles.

Au rang des chapitres qui m’ont énormément plu, ce sont essentiellement les 3 derniers :

  • 7 – Le quotidien des investigateurs
  • 8 – Les années folles aux États-Unis
  • 9 – Conseils aux Joueurs

Ces chapitres sont une mine d’or d’immersion et permettent aux futurs investigateurs de pouvoir appréhender au mieux l’univers, l’ambiance et le déroulement d’une partie. Il y a plein de bons conseils dans le 9e chapitre, y compris pour des rôlistes aguerris.

Enfin la dernière section avant le traditionnel index – pas toujours pratique et complet dans certains cas, mais ici je ne me prononcerai pas par manque de navigation – consiste en un recueils d’annexes que je trouve très pratique. Un tableau chronologique du xxe siècle afin de pouvoir camper son histoire à n’importe quelle période, ou encore des tableaux de rapports de distances de moyens de locomotions, jusqu’aux produits disponibles dans les années 20 ainsi que leur prix, la traditionnelle armurerie avec les statistiques des armes, leurs particularités. Enfin un guide de conversion avec les anciennes éditions, peu utile dans mon cas puisque je n’y ai jamais joué avant, et des cartes ! Ahhh… mon péché mignon en tant que fan d’histoire-géo.

Évidemment en toute fin de manuel, il y a la fiche de personnage à photocopier, même si pour ma part je préfère toujours récupérer le document numérique proposé sur les sites des éditeurs afin de l’imprimer.

Conclusion :

Un ouvrage de haute qualité qui m’a ravi sur tous ses points et qui dépasse de loin son prédécesseur de chez Sans Détour. Il faut savoir que ce n’était pas forcément gagné avec cet éditeur qui a connu des années plutôt compliquées, notamment au niveau des délais de parution mais aussi sur la qualité de certains ouvrages. Je me rappelle d’un manuel du Livre des 5 anneaux de la précédente version (la V4) que j’ai reçu, dont la couverture était mal collée et où la tranche des différents livres de la gamme étaient de hauteurs différentes. Mais depuis le rachat par Asmodée et sa fusion avec FFG afin de former Edge studio, la qualité est vraiment au rendez-vous, que ce soit tant au niveau des ouvrages que du rythme de parution et du suivi de gamme. L’équipe semble disposer de nouveaux moyens lui permettant de mener à bien ses projets ambitieux. Je ne vous ai présenté ici que le manuel de l’investigateur nécessaire pour tous joueurs. Si l’on choisit de maîtriser il vous faudra également investir dans le manuel du gardien. Plusieurs suppléments sont déjà parus et d’autres sont en cours de production, dont un qui a été annoncé récemment lors d’un live sur Rôliste TV : l’équipe proposera un cadre de jeux autour de la ville de Marseille, après celui sorti présentant Berlin. Il s’agit donc d’une création purement française ! Une gamme donc qui a un bel avenir en français et qui ravira tous les fans de cet univers horrifique.

Vous pouvez retrouver le manuel sur le site de l’éditeur ici au prix assez intéressant de 39,95€, ainsi que le live de Rôliste TV .

Comme toujours merci de m’avoir lu, j’espère que cet article vous aura éclairé et plu, et que cela vous donnera envie d’incarner un des nombreux protagonistes chers à Lovecraft qui se retrouvent confrontés à l’indicible et à l’horreur cosmique. N’hésitez pas à m’en parler en commentaire.

Bonsai !

Jeu de Rôle : Vampire -Le Journal de Beckett (Arkhane Asylum Publishing)

Bonjour à tous.

Je suis très heureux de vous retrouver afin d’inaugurer avec vous une nouvelle rubrique dédiée au jeu de rôle, une passion que je cultive depuis bientôt 20 ans. Comme j’en avais parlé dans mon article d’ouverture de cette nouvelle année, cela fait un moment que je souhaite parler de cette activité qui vient compléter mes voyages imaginaires entrepris lors de mes lectures. En effet, parmi vous, chers lecteurs et lectrices, qui n’a jamais rêvé d’être le héros d’un de ses livres ? Qui ne s’est jamais vu au commande d’un vaisseau spatial au fin fond de l’espace tentant de trouver une planète à coloniser, ou encore au cœur de la Moria, l’épée à la main, prêt à en découdre face aux hordes gobelines qui la peuplent ? Peut-être préféreriez-vous être confrontés à l’indicible horreur du panthéon cosmique de Lovecraft, menant une enquête dans les vastes solitudes du désert égyptien, ou rêvez-vous d’aventures épiques dans un monde de dark fantasy où les traîtres sont partout, et les amis rares. Le jeu de rôle permet tout ça et beaucoup sont inspirés de romans célèbres. Le premier article de cette nouvelle rubrique en est un parfait exemple.

Le jeu de rôle Vampire c’est quoi ?

La nouvelle édition de Vampire appelée V5.

Le journal de Beckett est un ouvrage de contexte, ou une aide de jeu, édité par Arkhane Asylum Publishing pour l’édition française, qui s’inscrit dans l’univers du jeu de rôle Vampire – La Mascarade. Ce dernier est inspiré de la célèbre série de livres d’Anne Rice, dont le premier opus, intitulé Entretien avec un vampire, fut porté avec succès à l’écran en 1994 grâce aux magnifiques interprétations de Tom Cruise, Brad Pitt et Antonio Banderas. Il s’agit d’un univers contemporain-fantastique, à la teinte «gothique-punk», publié pour la première fois par White Wolf Publishing en 1991, où l’on interprète des vampires. D’autres gammes de jeux, Loup-Garou et Mage, sont venus ensuite étoffer l’univers, nommé Monde des Ténèbres, donnant la possibilité d’interpréter de nouvelles créatures peuplant cette réalité alternative de notre monde. Je vous préviens, on est très loin du Twilight écœurant de Stephenie Meyer. Ici, loups voraces et vampires assoiffés sortent dès la tombée de la nuit pour asseoir leur domination sur le monde des ténèbres. C’est un jeu qui fait la part belle à la narration et au conteur, contrairement à son grand frère D&D, qui lui préfère bagarres et jets de dé.

Le Journal de Beckett dans la gamme.

L’ouvrage est massif et somptueux

Le Journal de Beckett n’est donc pas un manuel de jeu, mais bien un livre qui peut presque se lire comme on lit un roman, un essai, ou une biographie. Il retrace la recherche minutieuse et addictive de la vérité sur le Jyhad, une lutte ancestrale supposée entre les Antédiluviens qui sont des vampires remontant aux époques bibliques, peut-être même les enfants directs de Caïn, le premier des vampires, et les nouvelles générations, considérées par certains comme décadentes, ainsi que sur sa conclusion prophétisée, la Géhenne, apocalypse vampirique annoncée. Loin des luttes intestines de pouvoir que se livrent les autres vampires, Beckett va parcourir le monde afin de recueillir les témoignages de ses congénères, compiler des documents et toutes sortes d’objets qu’il estime en lien avec le sujet de son investigation.

Personnage atypique au sein de son propre clan plutôt brutal et sauvage, Beckett joue le jeu des mondanités et voyage, de Chicago à la Transylvanie, de Londres à Mexico, nous offrant une épopée extraordinaire au sein de la société caïnite (nom donné aux vampires de part leur descendance avec le premier meurtrier de l’histoire qui est également le premier des vampires).

Le livre est découpé en 30 chapitres, chacun présentant une nouvelle ville, avec son ambiance, sa structure sociale – très hiérarchisée dans le monde vampirique – et ses personnages importants, chaque territoire n’étant pas forcément aux mains des mêmes clans. Témoignages, enregistrements vocaux, et notes personnelles de Beckett sont mis en pages de manière astucieuse au travers des différentes typographies et photomontages. À la fin de chaque chapitre, une double page présente quelques pistes à explorer pour les maîtres du jeu (ou conteur) qui souhaiteraient utiliser les événements et éléments présentés dans l’ouvrage au sein de leur partie, un document donc à éviter si on est joueur, mais là encore la mise en page évite de s’y attarder le cas échéant.

Un magnifique outil de jeu

Ce journal relate les événements survenus entre Vampire V20, la précédente édition nommée ainsi suite à sa réédition améliorée pour les 20 ans du jeu, et sa nouvelle édition, la V5 que nous utilisons à notre table. Car il se trouve que je suis joueur justement, et ce depuis le mois d’avril, pour la seconde fois de ma vie, dans cet univers. Mon personnage, un érudit passionné et esthète de la littérature et de ses supports, est un jeune caïnite cherchant à survivre et à comprendre sa nouvelle vie dans la non-mort vampirique. Dans le cadre du jeu, il a pu mettre la main sur ce journal regorgeant d’informations plus intéressantes les unes que les autres. En réalité, mes compagnons de jeu ont eu l’excellente idée de m’offrir ce magnifique ouvrage à mon anniversaire cet été, faisant ainsi d’une pierre deux coups : plaisir de lecture et intérêt ludique. À la demande de mon conteur, je n’avais pas fait de recherche sur l’évolution du monde des ténèbres entre ma précédente expérience de jeu et cette toute nouvelle édition. Ce livre est donc une manière pour moi de découvrir les événements qui se sont déroulés pendant les 20 années écoulées dans le lore séparant la V20 et le début de la V5, ainsi qu’un magnifique objet de jeu bien réel entre mes mains. En effet il n’est pas rare que lors de nos parties, ou entre ces dernières suivant les événements, mon personnage se plonge dans le journal de Beckett afin de trouver des réponses qui nous permettraient de surmonter les défis auxquels nous devons faire face et de présenter ensuite les résultats de ses recherches à ses compagnons vampires.

Conclusion

Un ouvrage de très belle facture donc, indispensable pour tous les amoureux de l’univers de Vampire jouant à la V5, et qui plus est pour une fois, autant destiné aux joueurs qu’aux MJ. Il existe en deux versions, une avec la couverture cartonnée au prix de 49,90€ et une autre en couverture simili cuir au prix de 70€ que vous pouvez retrouver sur le site de l’éditeur ici. Je suis totalement conquis par ce type de produit assez rare dans le monde du jeu de rôle, et sa lecture m’enchante au fur et à mesure de nos parties. Je tâche de ne pas tout lire d’un coup, profitant des aléas de nos aventures pour m’y plonger tel que mon personnage le ferait.

J’espère que cet article vous a plu et a pu donner à certains des idées d’utilisation de ce magnifique ouvrage, ou encore vous permettre de découvrir ce jeu passionnant proposant un univers riche et sombre que je recommande à tous les fans des livres d’Anne Rice ! Je vous remercie de m’avoir lu et je vous dis à bientôt !

Bonsai !

Prévisions 2021 : Demandez le programme !

Bonjour à tous !

2020, soi-disant l’année maudite pour beaucoup, s’en est allée. 2020 est mort, vive 2021 ! Certains s’enthousiasment déjà du changement d’année, comme si par magie la dénomination d’une année, ou le fait d’en changer, allait révolutionner le monde et solutionner tous nos problèmes. Croyance numéraire mystique ou juste auto-persuasion ? Un auteur d’imaginaire, spécialiste de l’ésotérisme et grand amateur d’un vaudou numérique est devenu scénariste de notre réalité ? Ou alors mieux : Nostradamus ! Mais oui ! Bien sûr ! C’est lui qui a tout prévu ! Bon, il faut relativiser, ça m’étonnerait que la fin soit heureuse, mais en tout cas elle aura du panache !

Bon trêve de moquerie, et d’humour douteux. Par les temps qui courent il ne fait pas bon rire de tout, ou du moins pas avec n’importe qui comme dirait le grand philosophe regretté Pierre Desproges. Mais vous n’êtes pas n’importe qui, donc tout va bien. En ce qui me concerne, à part l’ouverture d’une nouvelle année fiscale et la promesse que dans quasi 8 mois j’aurai un an de plus au compteur, ça me fait nada. J’aurais bien utilisé l’expression de Chirac mais pas sûr non plus que celle-là, cher lecteur, elle passe, d’autant plus si tu es une femme : elle n’aura aucun sens, ou pire(!), tu la trouveras sexiste. Mais que peut-on dire alors dans ce monde ?

Bref, reprenons nos esprits et revenons-en au cœur du sujet, le changement d’année qui ne me fait rien…

Vraiment…?

Non, rien….Sauf que…. Sauf que depuis bientôt 3 ans, j’ai cet espace que je partage avec vous et qu’en votre compagnie je joue au jeu des prédictions de lecture. Un jeu auquel je jouais peu avant, mais pour lequel j’ai fini par nourrir un certain engouement voire même une véritable attente ! Que vais-je lire cette année ? Quel livre de ma PAL, quelle sortie, ou livre déjà publié, vais-je acheter, vais-je programmer ? Comment analyser mes listes passées pour faire le meilleur choix tout en suivant mon instinct, mes envies aussi imprévisibles que la météo ou les résultats d’une élection ? Et aussi, est-ce que je profite de l’occasion de cet article pour faire des annonces de choses à venir sur le blog ? Des nouveautés ? Des projets ?

Comment choisir ? Quelle quantité ?

Si je regarde le bilan annuel pour 2020, on voit que mes prévisions ont donné une ligne qui, si elle n’a pas été totalement respectée, m’a quand même permis de lire des livres qui me faisaient envie et de vider ma PaL qui a monstrueusement gonflée depuis que j’ai une liseuse. Donc en termes de livres, une vingtaine semble le bon nombre, ça fait deux ans que je lis à peu près cette quantité. Non pas que je lis peu, mais la taille de mes livres est conséquente bien souvent, et puis je ne compte pas tout. Par exemple, j’ai recommencé à lire des BD cette année, la série Elfes, un monde co-créatif s’appelant Les Terres D’arran, tout ça à cause d’une de mes autres activités : le Jeu de Rôle. Et dans le cadre de cette activité, en termes de manuels, de livres de contexte, ou de campagne, j’en lis du bouquin ! Je ne peux compter tous ces livres lus. Tout d’abord parce qu’ils ne se lisent pas comme un roman, on peut sauter des sections, surtout quand on est joueur, mais comme je suis la plupart du temps Maître du jeu, j’en lis pas mal de manière assez complète, cela doit-être mon côté conteur et créatif. Les univers de jeu de rôle (JDR) s’inspirent de romans SFFF, comme certains auteurs s’en inspirent également en retour pour écrire, notamment pour tout ce qui à trait à la narration et aux motivations et conséquences des actions des personnages. Je pense à Jean-Philippe Jaworsky bien sûr, mais aussi à Alain Damasio, Maxime Chattam, Henry Lovenbrück, et encore bien d’autres, comme les créateurs de la série The Expanse ou Martin et son Wild Card. Ce sont donc des activités qui s’interconnectent et se nourrissent mutuellement. Je suis un lecteur transmédia, j’aime rechercher le visuel et la musique adaptées à mes lectures, une pratique issue du JDR sûrement. Et j’aime décliner mes lectures en termes de jeu, me poussant à rédiger, compiler le tout dans la préparation de partie, et tout ça, ça prend un certain temps pendant lequel on ne lit pas ses romans en cours !

Tout ça pour dire que je ne vais pas tabler sur plus de 22 livres cette année, c’est le nombre lu l’année précédente. Bon on peut négocier…. 23, c’est possible ? sachant que j’en ai déjà fini un. Allez !! Super, vous êtes cool. En ce qui concerne l’équilibre, mon dernier bilan m’a donné une indication, la juste équité des styles, entre Fantastique, Fantasy et SF. On l’a vu j’ai décollé enfin en terme de lecture SF, et j’ai beaucoup aimé même si je pense que la fantasy et le fantastique restent mes terrains de bataille. En partant de ce principe et en reliant avec les livres prévus l’année dernière et qui n’ont finalement pas été lus, on a une liste assez resserrée comme l’année précédente et assez équilibrée. Mais sans plus attendre, voici mes sélections.

La liste Fantasy :

Gagner la guerreJean-Philippe Jaworsky
Le Nom du VentPatrick Rothfuss
La chute de Gondolin JRR Tolkien
A Clash Of KingsGRR Martin
La voie des Rois tome 1Brandon Sanderson
Le Souffle du MoissonneurSteven Erikson
La Rançon des MolossesSteven Erikson

Une liste de 7 titres donc. Il y en a déjà un en cours, puisque je me suis lancé dans la VO du Trône de fer, histoire de le relire en patientant en vue d’une hypothétique, un-jour-peut-être, sortie de Winds of Winter, le 6e tome de la saga. Sans surprise, on retrouve mes deux sorties annuelles des Editions Leha : Le Livre des Martyrs. À noter que le titre du dernier n’est pas arrêté puisque j’ai lu récemment de la part des traducteurs qu’ils envisageaient de l’appeler Le Glas des Molosses, toll ayant plusieurs sens. Enfin, une petite entrée dans cette liste, exceptés les deux livres reconduits en deuxième année que sont La chute de Gondolin et Le nom du Vent, La voie des Rois de Brandon Sanderson un auteur que je n’ai jamais lu mais dont Mélanie Fazi qui le traduit dit beaucoup de bien dans le podcast sur l’écriture, Procrastination, auquel elle participe avec Lionel Davoust et Estelle Faye.

La liste Science- Fiction:

AnatèmNeil Stephenson
Les Portes CélèstesJean Michel Ré
Fondation Isaac Asimov
Joker’s Wild : Wild Card 3Martin et autres
Farenheit 451Ray Bradbury
The Expanse : l’Éveil du LéviathanJames SA Corey
RenaissanceJean Luc Marcastel
Sept RedditionAda Palmer
Le Messie de DuneFrank Herbert

On retrouve dans cette liste de 9 livres, ceux non-lus l’année précédente mais qui me font toujours autant envie comme Anatèm, Renaissance, The Expanse (dont le jeu de rôle arrive), mais aussi des suites que j’attend impatiemment : Les Portes célestes, la suite de La Fleur de Dieu, ou Sept Redditions, la suite de l’excellentissime Trop Semblable à L’éclair d’Ada Palmer qui roule apparemment, d’après les twittos (je vous laisse la comprendre celle-là, et on y retourne. C’est bon ?). Je continuerai mon voyage dans le monde déjanté de Wild Card et celui plus sérieux de Dune qui m’a énormément plu ! Deux entrées d’auteurs, que je n’ai encore jamais lu, font leur apparition : Asimov et Bradbury, autrement dit des pointures du genre. Nous verrons ^^.

La liste Fantastique :

Cthulhu : Le mythe tome 3Lovecraft
Cthulhu : Les Contrées du RêvesLovecraft
Les Montagnes Hallucinées (illustrées)Lovecraft/Baranger
RevivalStephen King
JoylandStephen King
Brume Stephen KIng
La clé des VentsStephen King

et pour conclure, une liste de 7 livres, dont un est déjà terminé (Les Montagnes Hallucinées) et un autre en cours (Cthulhu : Le mythe tome 3 de chez Bragelonne) avec environ 20% déjà lu. On remarquera la prédominance du King, à côté de Lovecraft, il doit se sentir bien ! Je réserve ces lectures, je pense, pour l’automne prochain puisque depuis maintenant deux ans je participe au challenge #Automneduking de Tomabooks. Ces 4 livres font partie de ceux que je n’ai jamais lus, et il m’en restera encore quelques-uns du Roi à picorer les prochaines années, mais la liste se réduit et je l’aime tellement !

Une partie de ma PAL 2021

Et les relectures ? Les autres supports ? Les projets du blog ?

Alors dans cette liste, il est vrai que mis à part le second tome du Trône de Fer, il n’y a pas de relecture. Celles-ci viennent souvent de manière impromptue au détour d’un article, d’une série ou tout simplement en passant devant mon étagère. Je pourrais parler d’une relecture à venir du deuxième tome du Sorceleur :l’Épée de providence, lorsque la série sortira sa deuxième saison, elle arrivera probablement. Pour les autres, ce sera suivant les humeurs. Je compte également relire un peu de manga (j’en ai tellement!) et recommencer la série Bleach de Tite Kubo, un mangaka d’une extrême sensibilité, aux poèmes magnifiques et au dessin épuré, que je range dans la catégorie oeuvre d’art. Je vais également poursuivre ma lecture des BD des Terres d’Arran avec la série Elfes (dont je vais recevoir prochainement le JDR édité par Black Book Editions en partenariat avec Les Editions du Soleil), j’en suis actuellement au tome 9, et je n’exclus pas de créer un nouvelle catégorie de revue sur ce type de lecture, peut-être plus visuelle, je n’ai pas encore arrêté le concept.

Au rang des projets, j’envisage également d’ouvrir une catégorie sur le Jeu de Rôle que je pratique de manière assidue, soit en publiant mes notes de partie en tant que joueur sous forme de journal à lire – j’ai une partie en cours sur Vampire depuis près d’un an, avec la nouvelle édition (V5), et une à venir, Les Masques de Nyarlathotep dans l’univers du JDR Cthulhu avec la septième édition – ou alors en faisant des revues des ouvrages que je possède, ou que je viens de recevoir, sous forme « d’unboxing ». Ou même… les deux !

Un autre projet dont je souhaite parler depuis un moment, mais que le temps et les soucis personnels ont retardé, concerne Le livre des Martyrs. Après concertation avec l’éditeur et les traducteurs fin 2019, j’ai monté le projet d’un wiki sur le modèle américain. Le but est de permettre aux gens qui sont perdus entre deux tomes de pouvoir retrouver des informations sur des personnages, des événements, avoir des résumés des tomes précédents, des chapitres. C’est un travail colossal. J’ai commencé seul. Je n’y connais absolument rien en codage informatique. Je me débrouille, je suis autodidacte dans pas mal de domaines, mais forcément avec les contraintes de rapidité et de facilité qui vont avec ce type d’apprentissage. Ce projet ambitieux, que je veux à la hauteur de l’oeuvre, je ne peux le mener seul évidemment. Quelques personnes qui sont tombés par hasard sur mon wiki ont commencé à l’étoffer. Alors j’invite tous ceux qui ont un peu de temps, qui aiment l’oeuvre, à venir participer à ce projet qui me semble super gratifiant. Voici le lien : Encyclopédie Malazéenne. Et comme ça, certains n’auront plus l’excuse de dire qu’il y a trop de personnages (oui, c’est à toi que je pense, tu te reconnaîtras quand tu passeras par là !)

Conclusion :

On dit que les projets et l’ambition mènent à la réussite. Pour le coup, cette année 2021 reste assez similaire dans ma liste de lecture, mais les projets qui tournent autour de ce blog sont nombreux. J’ai en effet envie de partager plus. Je ne sais encore si je pourrai tout faire, mais en tout cas, on essayera. J’ai réussi l’année précédente à écrire plus d’articles que l’année précédente et j’ai couvert, ici, sur ce blog, la moitié de mes lectures. Mes notes sont toutes prêtes et j’espère profiter des prochaines vacances scolaires pour enfin rattraper mon retard, afin d’enchaîner avec les lectures de cette année. Croisons les doigts, à cœur vaillant, rien d’impossible ! Merci de m’avoir lu, à très bientôt.

Bonsai !

Bilan 2020

Bonjour à tous !

Mes très chers lecteurs, tout d’abord, mes meilleurs vœux pour 2021, et surtout – surtout ! – plein de livres et de Rock pour supporter les confinements et couvre-feu à venir s’évader et voyager !

Cette année ne fut pas de tout repos, et contrairement à la légende qui veut que le confinement ait permis de lire plus, ce ne fut pas mon cas, ou à peine. Néanmoins les livres lus ne sont pas minces, c’est le cas de le dire. Comme on a écrit à mon sujet il y a peu : « Onos aime les gros livres ». C’est vrai. J’avoue. Au travers de la rédaction de ce bilan j’ai pu me rendre compte à quel point en effet j’étais attiré par les œuvres monumentales. Mais j’ai aussi redécouvert cette année le plaisir de la nouvelle et prolongé l’expérience audio par deux nouveaux livres. Une bonne alternance, bienvenue entre deux gros monstres dans lesquels j’aime me plonger, et parfaite pour les périodes où on manque de temps pour s’investir dans une histoire trop complexe et/ou trop longue, voire même lire en parallèle ou profiter des temps de transport via l’audio.

Alors que j’avançais dans la préparation de cet article, je me suis rendu compte à quel point il était également dur de choisir quel était le meilleur livre que j’ai lu cette année. Entre découverte et relecture ou encore poursuite de cycle, chaque livre a eu sa saveur particulière et résonne encore en moi d’une manière intense.

Liste des livres Lus

Mais sans plus tarder découvrons la liste de mes lectures 2020 dans l’ordre chronologique. Le petit astérisque vous indique s’il s’agit d’un livre qui était dans ma PAL 2020.

Les Montagnes Hallucinées Tome 1 F. Baranger – H. P. Lovecraft
Cthulhu : Le Mythe IIH. P. Lovecraft
Océan de Rouille *Robert C. Cargill
Trop Semblable à l’Éclair *Ada Palmer
La Fleur de Dieu *Jean Michel Ré
Le Dernier Voeu Le Sorceleur (relecture)Andrzej Sapkowski
Le Bazar des Mauvais RêvesStephen King
Wyld Nicholas Eames
Wild Card 2 Aces HighGRR Martin et autres
A Game of Throne (VO)GRR Martin
Les Marées de Minuit Livre des Martyrs tome 5 *Steven Erikson
La Horde du Contrevent *Alain Damasio
Mage de Bataille Tome 1 *Peter A Flannery
Altered Carbon (Audio)Richard Morgan
Dune Franck Herbert
Élévation Stephen King
L’outsiderStephen King
Duma Key *Stephen King
Le Corps (Relecture)Stephen King
Les Osseleurs Livre des Martyrs tome 6 *Steven Erikson
Le Maitre du Haut Château (Audio)Philip K. Dick
Feu & Sang *GRR Martin

Un total de 22 livres dont 9 étaient dans ma PAL 2020, ce qui fait moins de 50% des livres lus sur l’année. Comme je l’avais déjà remarqué l’année précédente, inutile de prédire mes lectures, je ne suis pas fait pour l’anticipation mais bien pour de la lecture en corrélation avec mes émotions et mon attirance pour une oeuvre, ou un thème, à un instant « t« . 5 livres du King, 3 de Martin, 2 pour Erikson, ainsi que 2 pour Lovecraft, une tendance très nette d’auteurs fétiches se dégage, essentiellement la même que ces dernières années si ce n’est Erikson en plus. Ce n’est pas tant que je ne lise qu’eux, c’est surtout dû je crois à l’oeuvre titanesque de ces auteurs dont je n’ai pas encore fait le tour. Et comme ce sont des univers, des ambiances qui m’attirent fortement, dur de résister, y compris à la relecture !

7 romans de fantasy (essentiellement des cycles ou des sagas), 7 livres de SF, 7 autres dans le genre Fantastique, et 1 que je classe dans « Autres » car je ne sais pas trop où le ranger (Le corps). Fantastique ? Horreur ? Compliqué. Je dirais plus Horreur à mon sens vu qu’il n’y a aucun élément fantastique. Ce qui ressort, surtout, c’est la répartition plus lisse que les autres années. J’ai picoré aux 4 Lettres de la SFFF. Je me suis enfin ouvert à la SF, comme promis, à tel point que d’autres œuvres sont déjà programmées dans ma PAL. Pour quand ? Je ne sais pas ^^.

Les Onos Awards

La plus belle surprise : Indéniablement, La Horde du Contrevent. La chronique est à venir, mais le niveau de langage, la sonorité du texte, la subtilité narrative ainsi que le, ou plutôt les, messages philosophiques en font un incontournable de la SF. Un grand moment de lecture, à contrevent. Merci Alain Damasio.

La déception de l’année : Là aussi, indéniablement… Mage de Bataille. Je ne vais pas revenir sur les raisons de cette déception, mon article sur la question est assez éloquent.

L’auteur « découverte » de l’année : Je dirais Frank Herbert, là encore, sans hésiter. Honte à moi, je n’avais jamais lu Dune. Ado, beaucoup de mes collègues de classe au lycée lisaient ce cycle pendant que j’étais avec La Tour Sombre ou Le Fléau. J’avais fait l’impasse, trop occupé avec mes monstres. Quelle erreur ! Avec la hype montante du film Dune de Denis Villeneuve qui devait sortir fin 2020, je me suis penché sur le premier tome du cycle qui me faisait de l’œil sur l’étagère de mon libraire depuis un moment. La revue est à venir, mais ce premier tome m’a semblé d’une maturité littéraire et culturelle impressionnante. Un régal.

Le cycle que j’ai hâte de continuer : Et bien, toujours Le livre des Martyrs, de Steven Erikson et fer de lance des Éditions Leha, saga indétrônable sur ce blog. 2 tomes de plus cette année au compteur, plus que 4… l’attente reste intacte !

La légende dit qu’ils sont lourds… mais si beau.

Le livre sans plus : Je ne sais trop qui mettre dans cette catégorie cette année. En effet, aucun livre n’a été sans plus. Mis à part ma grosse déception de l’été, chaque lecture fut intense et riche à sa manière.

La lecture qui en appelle une seconde : Difficile de choisir car il y en a eu plusieurs en 2020 qui le mériteraient. Entre La Horde, les deux tomes du Livre des Martyrs, et Dune également, mon cœur balance.. Allez, on va dire les 3 !

La relecture qui fait du bien : Le Sorceleur – Le Dernier Vœu . J’ai lu l’intégrale du cycle il y a quelques années et comme souvent, tout à la suite. La sortie de la série sur Netflix m’a amené à vouloir me replonger dans le livre pour étudier le travail d’adaptation. Et .. plouf ! J’ai relu tout le premier tome. C’est avec plaisir que j’ai redécouvert ces contes revisités sauce Witcher, et je profiterai d’un trou ou d’un manque d’entrain pour d’autres livres afin d’attaquer le tome 2 et relire petit à petit tout le cycle qui fait partie de mes incontournables SFFF !

L’univers à approfondir : Je dirai celui de Dune. Je sais que toute la saga n’est pas indispensable selon bon nombre de lecteurs, mais les deux suivants me semblent assez intéressants. La finesse de l’écosystème d’Arrakis, la politique interne et intergalactique, les religions, tout mérite et donne envie d’en savoir plus.

L’auteur bonus : Philip K Dick. Première lecture de K. Dick cette année et pas des moindres, le très clivant Le Maître du Haut Château, qui ravit certains et déconcerte d’autres. Je fais partie de la première catégorie. Là encore, la revue est à venir mais j’ai été conquis par l’univers de l’auteur et sa façon de présenter les choses, son style. C’est avec plaisir que je lirai un autre livre du même auteur entre deux et suivant les opportunités.

L’ovni : A Game of Throne en VO. Depuis longtemps je me dis que j’utilise l’anglais pour plein de choses – programmes TV et vidéos YT en VO, lecture de manuels de Jeu de Rôle en anglais, lecture d’articles de presse US – et j’avais cet a priori que lire un roman devait être autrement plus compliqué. J’ai choisi de sauter le pas suite à une conjonction d’envies et d’opportunités. Une opportunité promotionnelle sur le store de ma KOBO avec les 5 tomes à prix réduits en VO, et l’envie de relire depuis le début le Trône de Fer combiné à l’envie d’essayer une VO. De plus on me disait que Martin possédait un anglais très accessible. Et c’était le cas ! À l’heure actuelle, j’ai commencé A Clash of Kings, le deuxième volume, que je lis en parallèle d’autres lectures. Là encore c’est nouveau, je me mets à lire plusieurs livres en croisés. Mais c’est une autre histoire, on en reparlera plus tard !

La mention spéciale : Elle est pour la magnifique édition de chez Bragelonne des Montagnes Hallucinées de H. P. Lovecraft et illustrée par François Baranger. À part dans mes lectures pour cause de lecture «visuelle», c’était une première pour moi. Le voyage fut extraordinaire autant au niveau du texte que de l’image ! Le travail soigné de François Baranger est saisissant, envoûtant ! Il a su capter la vision de l’auteur, son travail apporte énormément et nous éclaire d’un jour nouveau l’une de mes histoires préférées du Maître de Providence : il lui donne vie. Le format atypique du livre (plus grand qu’une BD) est également un plaisir, le genre d’objet-livre qui démarque un éditeur et qui se démarque dans nos bibliothèques. Une revue spéciale est à venir sur ce diptyque dont je viens tout juste d’acquérir le second tome.

Les illustrations, le format.. un régal d’immersion.

Conclusion :

22 livres lus cette année, soit deux de plus que l’année dernière. Sur les 22, il y en a au moins 11 à plus de 800 pages, et pour certains on est à plus de 1000 ! Il s’agit là, tout de même, d’un nombre conséquent. Le fonctionnement retenu cette année par rapport à l’année précédente était le bon. Je me suis senti moins contraint et finalement plus productif, y compris sur le blog, où cette année vous avez été de plus en plus nombreux à venir me lire. Je vous remercie de votre soutien par vos lectures, vos j’aime et vos commentaires. Ils sont une source de motivation et j’ai eu beaucoup de plaisir à partager et échanger avec encore plus de fans des genres de l’imaginaire, et j’espère continuer à vous partager toujours plus d’articles pour l’année à venir. Pas mal sont déjà dans les tuyaux sur des livres cités dans ce bilan, alors stay tuned.

Merci de m’avoir lu, je vous donne rendez-vous très prochainement pour connaitre mes prévisions et tendances de lecture pour 2021, l’envie et le plaisir restant comme toujours les deux mamelles de la Taverne !

Bonsai !

Revue Littéraire : Le Corps de Stephen King

Bonjour à toi, lecteur d’Automne,

Cher lecteur, chère lectrice, nous continuons notre voyage au cœur de cet automne brumeux et pluvieux. À l’heure où j’écris ces lignes un crachin venteux piquette ma maison, ponctué de-ci de-là de rafales qui s’écrasent en mitraille sur mes fenêtres. Les nuages gris roulent sous l’impulsion violente du vent, alors que la lumière peine à filtrer. Sur ma table de fortune – votre serviteur travaille dans des conditions proches de l’esclavage pour vous amener le meilleur de ses lectures – un café chaud accompagne ma prose qu’une lampe de bureau doit éclairer, alors que nous sommes encore en journée, afin de ne pas fatiguer mes yeux déjà trop usés. La luminosité est plus faible ces jours-ci, la température aussi, c’est le temps idéal, vraiment, pour aller faire une balade en compagnie du Maitre. L’année dernière, Tomabooks a lancé l’automne du King sous le hashtag #automneduking, et ayant beaucoup apprécié le concept, j’ai remis ça cette année. Il s’agit de ma troisième lecture du King pour ce challenge après Élévation et L’Outsider. Je vais vous parler de la nouvelle la plus autobiographique écrite par Stephen King : Le Corps.

Quatrième de couverture :

J’allais sur mes treize ans quand j’ai vu un mort pour la première fois. Parfois, il me semble que ce n’est pas si lointain. Surtout les nuits où je me réveille de ce rêve où la grêle tombe dans ses yeux ouverts.
Été 1962, quatre adolescents un peu fous s’élancent le long de la voie ferrée, à la recherche d’aventure, de frisson… de danger ?

Mon avis :

Les choses les plus importantes sont les plus difficiles à dire, des choses dont on finit par avoir honte parce que les mots ne leurs rendent pas justice – les mots rapetissent des pensées qui semblaient sans limites, et elles ne sont qu’à hauteur d’homme quand on finit par les exprimer.

Stephen King

J’ai lu cette nouvelle il y a plus de 25 ans alors qu’elle faisait partie intégrante du recueil Différentes Saisons. À l’époque – et mon dieu que j’étais jeune ! – ce n’était pas la nouvelle qui m’avait le plus marqué alors que le livre en comptait 3 autres. Je dirais même pour être honnête que je ne m’en rappelais pas du tout. Cette relecture aura eu du bon, donc. Il est rare que je ne me rappelle pas d’une lecture, quand bien même elle date. Il faut croire que le temps finit par craqueler notre mémoire. Enfin, pas celle de King. Cette nouvelle le prouve.

On va tout de suite régler un point tout à fait personnel sur cette édition. Il ne s’agit en aucun cas d’un roman. C’est une nouvelle. Longue, certes. Mais une nouvelle. L’éditer seule ? je ne suis pas convaincu de l’intérêt pour le lecteur, la couverture ne justifie même pas l’achat. Où sont passées les belles illustrations des éditions de ma jeunesse ? Ces couvertures qui vous dévoilaient un monde, vous donnaient envie de vous y plonger ? Mon premier achat, Simetierre en version poche – oui, quand tu es lycéen tu lis du poche parce que c’est moins cher et ça prend moins de place – était entièrement motivé par la couverture avec ce cimetière fait de croix de bois au milieu d’une clairière et en arrière plan, un bosquet surplombé par deux yeux faits de jeux d’ombres, transperçant une lumière spectrale, qui vous observait. La motivation de cette présente édition me semble ici purement commerciale et non artistique, à mon grand regret, et je ne juge pas opportun d’éditer une nouvelle à la façon d’un roman dans ces conditions. Ceci étant dit, d’une manière générale, les couvertures du King, bien qu’il n’en soit pas responsable, me déçoivent d’année en année. J’aime les illustrations. J’aime les illustrateurs. Remarquez, on peut faire de belle couv’ en photo aussi, c’est un art également, mais les rééditions de ces dernières années en poche me laisse complètement sur ma faim, à croire qu’on ne veut plus engager d’illustrateurs, encore une fois pour des raisons économiques. Tristesse. Quand je vois les gens s’emballer sur la réédition du Fléau avec sa couverture tout en vert… mouais… moi aussi je sais dessiner un corbeau sur une couv’ bichromatique. Je préfère mon édition, donc pas de rachats pour moi. Désolé.

Mais bref ! Trêve de digressions sur ce sujet. Passons au cœur du livre. King nous livre une de ses plus belles préfaces. Une des plus intimes aussi. Pourquoi ? Pour nous prévenir. Cette nouvelle n’est pas une simple histoire, elle est autobiographique. Oh, bien sûr, pour ceux qui connaissent bien sa vie, son oeuvre, on sent où commence la vérité et où la fiction prend la relève pendant le récit, mais il a toujours mis une grande part de lui dans ses écrits, c’est connu.

Plus jamais je n’ai eu d’amis comme à douze ans, et vous?

Stephen King

Au travers d’un narrateur qui se nomme Gordy Lachance et qui ressemble étrangement à notre écrivain favori, nous allons vivre – ou revivre par procuration – une tranche de vie adolescente, en partageant l’expédition incroyable de quatre jeunes de 12 ans à la recherche du corps d’un garçon qui a disparu et qui semble se trouver au bord d’une voie ferrée. Le but du voyage ici n’est pas le plus important et je l’ai même oublié par moment lors de ma lecture. Non, le vrai but du récit est ailleurs. Cette randonnée morbide n’est qu’un prétexte pour King pour nous remémorer ce que c’était d’être une bande de copains à douze ans. J’ai bien dit copain, je pense que cette histoire entrera plus en résonance auprès d’un public masculin « d’âge mûr » on va dire, car il faut être un garçon qui a un peu vécu et laisser son adolescence loin dans le rétroviseur pour comprendre certaines situations. J’ai lu beaucoup de commentaires disant que les termes homophobes qui émaillent le récit dans la bouche des quatre ados, dérangeaient. Et bien désolé, je n’ai pas l’âge du King et de loin, mais ces tendances existaient encore de mon temps, et il faut avoir été un garçon pour le comprendre. Si je devais expliquer ces pratiques, je dirais que c’est une question d’affirmation, comme montrer qu’on est un mâle alpha parmi d’autres, afin de ne pas se faire dévorer par la meute, un truc de virilité alors qu’on y est pas encore.

C’est un croisement terrible que le Maître nous amène là. L’enfance et la mort.

Le récit est bien construit malgré quelques longueurs inutiles, il s’articule comme un parcours initiatique où chaque étape est déterminante et permet à chaque garçon de réaffirmer qu’il sera bientôt un homme – avec ce que ça implique – à grands coups de bravaches verbales et de tours de force. C’est surtout pour chacun, une manière de tromper leur angoisse commune à tous, de la maintenir terrée tout au fond sous cloche, avec interdiction de remonter. Parce que quand on a douze ans, on ne sait pas ce qu’est la mort. La mort c’est un truc d’adulte. On ne l’imagine même pas. Et ça, c’est terrifiant. C’est un croisement terrible que le Maître nous amène là. L’enfance et la mort. Tout du long, jamais il ne dira qu’ils ont vraiment peur, jamais il ne dira combien ils ne veulent pas lâcher par fierté, parce que « les hommes » fonctionnent – bêtement aurais-je envie de dire – comme ça. Mais il illustrera ça de manière magnifique par leurs comportements, leurs mots. King a un don pour parler de l’enfance. Il se rappelle très bien de ses codes, et il a cerné de manière très précise toute la psychologie qui en découle. Ce voyage symbolise le rite de passage vers l’âge adulte. N’oubliez jamais : nous sommes tous le produit de notre enfance et nous faisons nos premiers choix dans notre vie d’adulte en conséquence. Cette nouvelle aborde ce fait, d’une certaine manière.

Conclusion :

En remontant le rail vers Le Corps, King remonte le temps et nous rappelle combien nous étions impressionnables et en même temps si insouciants étant jeunes. Alors que pour certains l’avenir semble déjà se dévoiler sous des funestes auspices et qu’ils en ont vaguement conscience, on continue à croire aux légendes urbaines, comme celle du chien du gardien de la décharge, ou aux histoires qui font peur, celles qu’on se raconte au coin du feu dans la nuit étoilée. On est persuadé que nos bobards sauront tromper nos parents, et qu’ils ne comprennent rien, sans nous douter qu’ils ont eu notre âge un jour et qu’ils s’en souviennent, aussi … oui… oh, oui.

Le King nous parle d’une époque plus lente, plus douce et plus violente aussi, dont ma génération a connu les derniers soubresauts avant de sombrer dans l’ère du numérique et du dématérialisé, dans l’air de la violence sociale en réseau. C’est une lecture triste et nostalgique. Oui. Bon nombre de lecteurs ont semblé déçus, persuadés de trembler de peur en lisant cette histoire. Malheureusement pour eux, point d’horreur mêlée de fantastique ici. Et c’est probablement la force de ce récit : la réalité est parfois bien plus horrible. King par son talent narratif arrive une fois de plus à traiter de thèmes profonds en quelques pages et à nous montrer que le plus terrifiant réside dans ce quotidien voilé derrière chaque fenêtre. Il ouvre, comme souvent, une porte sur l’innocence perdue avec notre enfance, et cela restera le thème majeur de son oeuvre, selon moi. Sa capacité à se remémorer nos codes, nos comportements, nos croyances, lors de cette époque d’insouciance bénie est sans aucun doute unique. Un récit sur l’enfance donc, et ses drames invisibles, ses horreurs muettes. Un petit bijou en quelque sorte, malgré quelques pages qui auraient pu être coupées sans pour autant gâcher le récit. Mais on lui en voudra pas, on adore l’écouter raconter !

La Note : 7,5/10

Vous pouvez aussi retrouver les avis de : Tomabooks

Edition présentée : Albin Michel. Paru le : 2/10/2019 ISBN :2226445366 Traduction : Pierre Alien

Revue Littéraire : Wyld Tome 1 – La Mort ou la Gloire de Nicholas Eames

Bonjour ami Rôliste !

On se retrouve aujourd’hui avec ma Revue de Wyld de Nicholas Eames. Ça fait un moment que je veux en parler mais bizarrement alors que ça a été un vrai coup de cœur relayé par bons nombres de blogueurs, j’ai eu du mal à m’y mettre tant cette lecture fut très personnelle. J’ai lu ce livre au tout début du confinement et il faut bien le dire, il m’a beaucoup aidé à m’évader bien que j’ai la chance de vivre à la campagne et que je ne souffrais nullement de « l’emprisonnement urbain ». Sa tonalité joviale, son humour décapant, ses aventures dignes d’une partie de jeu de rôle – ce qui a fortement résonné en moi, étant rôliste – mais surtout le parti-pris assumé de présenter des clichés courants à tout univers Med-Fan sans pour autant tomber dans la redite ou le déjà-vu, avec en toile de fond le mode de vie d’un groupe de Rock, ont fait de ce moment de lecture un pur délice. Il est tant pour nous de nous diriger vers le Cœur du Wyld

Illustration par Pierre Santamaria Didier Graffet

Quatrième de couverture :

La dernière tournée

Clay Cooper et ses hommes étaient jadis les meilleurs des meilleurs, la bande de mercenaires la plus crainte et la plus renommée de ce côté-ci des Terres du Wyld – de véritables stars adulées de leurs fans. Pourtant leurs jours de gloire sont loin. Les redoutables guerriers se sont perdus de vue. Ils ont vieilli, se sont épaissis et ont abusé de la bouteille – pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs.

Mais un jour, un ancien compagnon se présente à la porte de Clay et le supplie de l’aider à sauver sa fille, prisonnière d’une cité assiégée par une horde de monstres sanguinaires. Même si cela revient à se lancer dans une mission que seuls les plus braves et les plus inconscients seraient capables d’accepter.

Le temps est venu de reformer le groupe… et de repartir en tournée.

Mon avis :

— Vous êtes une roquebande ? demanda Clay.

— Nous sommes des roquebandits, corrigea la jeune femme. Mais j’aime à penser qu’il nous reste un peu d’espoir.

« C’est l’histoire d’une bande de potes…» Ça pourrait presque se résumer à ça. Ce livre est un de mes nominés des Incontournables SFFF, et si je l’ai choisi, c’est parce que pour la première fois un livre reliait deux de mes passions, le jeu de rôle et le Rock au sens large (hard rock, metal, etc). Le jeu de rôle et la fantasy se sont nourris mutuellement pendant des décennies, l’un et l’autre amenant tout un tas de clichés, et ce livre ne les évite pas, bien au contraire ! Pourtant l’auteur a su éviter l’écueil de nous resservir un plat réchauffé, et à la place, nous a gratifié d’une Fantasy renouvelée et trépidante !

Mais prenons dans l’ordre. Tout d’abord l’auteur a mis à disposition sur son blog une petite playlist, elle m’a accompagné tout le long de ce récit – vous pouvez la retrouver juste là, enjoy mon son préféré ! – et tous mes classiques y passent ! De Neil Young à Lynyrd Skynyrd en passant par AC-DC, les Who, chaque chapitre a sa BO et je n’écouterai plus jamais ces chansons sans penser à Wyld. Cette approche est pour le moins rafraîchissante et nous plonge immédiatement dans l’ambiance : nous ne serons pas dans une aventure comme les autres. Le rock a cette image de liberté, de non-compromis, et c’est bien de cela qu’il s’agit à mon sens. La liberté de prendre un genre, avec ses clichés et d’en faire autre chose, comme on dépoussière une vieille guitare au fond du garage mais sur laquelle on innove. Nicholas Eames va renouveler le genre sans pour autant en faire trop comme d’autres. Et cela tient surtout à sa toile de fond (Fantasy teintée de Rock), mais aussi et surtout à ses personnages.

— Nous reformons le groupe ! s’exclama Moog. Tu comprends, Matty ? Ce sera comme au bon vieux temps ! Nous cinq en route pour le Cœur du Wyld !

Ils sont tous plus attachants les uns que les autres. Exit les héros jeunes et pleins de peps et de muscles ! Ici on a le droit à d’anciens aventuriers vieillissants et sur le retour mais qui vont devoir reformer le Roquebande – Rockband = groupe de rock, chapeau bas au passage à la traduction – et repartir sur les routes. Alors que chaque groupe a son manager – c’est bien connu – nos compagnons n’ont pas gardé de grande relation avec le leur, et là j’ai une pensée ému pour Nightwish et tant d’autres qui se sont séparés de membres du groupe ou de leur manager pour d’infâmes histoires de coucheries, ou de gloire qui monte à la tête. Nous avons le leader ou frontman, Gabe le Magnifique que l’on pourrait comparer au chanteur. Il y a aussi le bassiste ‑ oups pardon – disons le tank – encore pardon, déformation de langage ludique ! – enfin bref le bonhomme au bouclier, pilier du groupe sans qui ils seraient probablement déjà tous morts, Clay Cooper. Nous avons aussi Moog – le claviériste – , le magicien un peu excentrique qui apporte une très bonne dose d’humour et de tendresse, et enfin Mattrick – le batteur –, le voleur roublard, le roi de la dague, le virtuose du combat rapproché, le métronome implacable à la précision chirurgicale. Enfin tout groupe ne serait rien sans un bon découpeur, une machine de mort, parsemant le combat d’une foultitude de cadavres, Ganelon, le guerrier à la hache – le guitariste. Chacun joue sa partition à la perfection, la jeunesse en moins. Leur légende les précède. Comment se nomme-t-il ? Saga – tiens, tiens…. comme un groupe de rock progressif.

Les rencontres et aventures s’enchaînent, pleines d’actions, d’humour, vers un final impressionnant, un Woodstock incroyable, le tout parsemé de clins d’œil soit au monde du rock – dédicace à Freddy Mercury – soit à D&D. Certaines rencontres sont plus marquantes que d’autres comme toujours, par exemple cet Ettin – un ogre à deux têtes en quelque sortes – ou cette Harpie, enfin cette dive (Diva ?) qui m’ont apporté de très bons moments de lecture par leur personnalité et leur originalité. Il est à noter que bien qu’on soit dans de la Fantasy classique, les personnages ont une vraie psychologie, personnalité, et on est très loin du simplisme malgré la prise de position de l’auteur autour des clichés . Chacun est bien travaillé, avec son passé, ses ambitions, ses convictions et c’est toujours appréciable pour l’immersion. L’auteur sait également mettre en relief les différences entre générations en confrontant nos héros au regard de la vague montante. Là encore, Nicholas Eames dépeint avec justesse la trace du temps sur les membres de Saga alors que les jeunes qu’ils rencontrent oscillent entre respect, un peu comme Metallica tournant avec Ozzy Osbourne en 1986 ou avec Van Halen – RIP legend – en 1988, et esprit de compétition, voire carrément de mépris, symbolisant le choc générationnelle. Mais Legends never die !

Conclusion :

Si je devais retenir un seul mot pour qualifier ce livre je dirais : jouissif.

Le rythme, les personnages, la toile de fond, tout est bien trouvé et surtout bien mis en scène. L’auteur a su créer un environnement rafraîchissant à partir de clichés et surtout il a su rendre ça hyper divertissant et original par sa touche musicale ! Humour, castagne, aventures, décors grandioses, une lecture divertissante sans prise de tête. Just Have Fun. Si je devais retenir un seul mot pour qualifier ce livre je dirais : jouissif. Je reviendrai dans le Coeur de Wyld avec son deuxième tome, Rose de Sang très bientôt.

La Note : 8,5/10

Pour conclure, ce livre a remporté le prix Hellfest Inferno 2020, un magnifique festival de Metal, pas loin de chez moi, et ça c’est la classe ! Allez pour une fois pas de « bonsai » mais un bon vieux ..

Rock on!

Vous pouvez aussi lire les avis de Hildr, Apophis, L’Ours Inculte, Xapur, Symphonie

Edition présentée : Bragelonne grand Format. Date de parution: 16/10/2019 ISBN: 1028107668 traduction : Olivier Debernard

Revue littéraire : L’Outsider de Stephen King

Bonjour, ami du noir..

L’automne est là… Les feuilles commencent à tomber autour de chez moi sous l’impulsion des vents froids du Nord et de l’Est qui balayent la lande granitique dont la verdure se gorgeant de l’eau qui tombe en trombe, semble pulsée d’une aura radioactive. C’est bientôt Halloween et son cortège de fantômes, d’esprits maléfiques, c’est la saison de la peur, de l’horreur, la saison où tout semble pouvoir devenir réel. C’est l’automne du King… alors plutôt que de créer une Illusion en reprenant les codes littéraires et visuels du Maitre de Bangor afin de vous servir un plat réchauffé – dédicace en douceur aux sorties prévues cet automne – nous allons tout simplement éviter l’imitation et parler à la place de son avant dernier livre : L’Outsider. Il y a peu je vous ai présenté Élévation, un petit roman qui tient plus de la nouvelle, et j’expliquais à quel point Stephen King maîtrisait toutes les formes d’écriture, tous les formats. L’Outsider est un roman, avec tout ce que cela implique chez King. Il a des pages, beaucoup de pages, mais il sait nous entraîner avec lui pour un petit tour dont il a le secret et on ne voit pas le temps passer, il nous emmène, là-bas, au coin de la rue… dans le noir.

Quatrième de couverture :

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.

Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.

Et si c’était vrai ?

Mon avis :

L’année dernière, lors du précédent automne lancé par Tomabooks, j’avais lu Docteur Sleep, la suite de Shining, que j’avais énormément apprécié. Je trouvais que le King avait réussi à renouer avec sa narration fluide, bien à lui, tout en proposant du fantastique et de l’horreur de qualité comme lui seul sait le faire, avec cette capacité à fouiller les travers humains et leurs psychologies complexes. Ici, il a choisi pour cadre une petite ville typique américaine de l’Oklahoma. Depuis quelques années, ses histoires se situent de moins en moins dans le Maine. Duma Key, La trilogie Mercedes, Dôme, Stephen King voyage et nous en fait profiter par la même occasion, même s’il y a bien une chose qui ne change pas, c’est le moyen de transport. Avec naturel, il va nous lancer dans l’histoire, quasiment en plein dans l’action, sans avertissement. Il a toujours eu cette capacité à vous agripper et ne plus vous lâcher, mais dans ce début de livre c’est encore plus flagrant.

Ce livre démarre comme une enquête policière – au passage, il écrit beaucoup sur ce thème, le policier je veux dire, depuis quelques années – la particularité de cette affaire réside dans le meurtrier présumé, un homme respectable sous tout rapport. King va nous démontrer à quelle point la bienveillance et la présomption d’innocence s’envole très vite, y compris chez les enquêteurs, lorsqu’une petite communauté où tout le monde se connait, est touchée de plein fouet par le meurtre violent et horrible d’un enfant. Seulement voilà, Terry Maitland, le coupable présumé, proclame son innocence alors que les preuves sont accablantes. Toute la première partie du livre s’attache à creuser non seulement les différents éléments de l’enquête – scientifiques, emploi du temps etc – et ses incohérences, mais également les réactions et pensées de chacun des protagonistes qui ont des parcours bien différents suivant les liens affectifs, face à l’horreur qui frappe.

Et c’est là que ça devient du King pur et dur et qu’on peut constater que son talent reste intact. Cette sensation de descente, de voyage au fond de l’irréel, l’improbable, le paradoxal. Il faut noter au passage que dans cette seconde partie plus fantastique, certains personnages de ses livres précédents, mais néanmoins récents, entrent en jeu. Si vous n’avez pas lu les livres concernés, ce n’est pas pour autant pénalisant dans la compréhension globale. Au pire une autre histoire vous sera légèrement dévoilée. Les éléments de l’intrigue s’enchaînent, se recoupent, pour petit à petit nous amener à cette sensation de dédoublement. Nous sommes dans le livre et sur notre canapé… entre deux mondes. Le rythme, assez soutenu tout le long du livre, s’accélèrent vers un dénouement qui pour une fois fera probablement mentir les détracteurs du Roi que beaucoup accusent de ne pas savoir « finir » ses romans. Je ne partage pas ce point de vue – sauf peut-être pour une seule histoire rharrgg !! – et si vous lisez un jour Écriture : mémoire d’un métier, vous comprendrez son processus créatif et sa façon de travailler qui explique en partie le type de fin qu’il nous propose depuis plus de 40 ans ! Pour ma part, les fins des ses derniers romans m’ont plutôt bien accroché, et celle-ci particulièrement.

Conclusion :

Une très bonne cuvée du King, un pur moment de lecture, plein de frissons extatiques, encore plus que Docteur Sleep selon moi que j’avais pourtant adoré ! Malgré ses presque 800 pages, je l’ai dévoré en à peine 4 jours, c’est dire à quel point le rythme, la narration sont maîtrisés et l’histoire palpitante. Alors si vous croisez un type que vous connaissez, regardez-y à deux fois. Il pourrait s’agir d’un Outsider….

Notes : 10/10

Pour info comme le bandeau de mon édition livre de poche l’indique, une série diffusée par OCS est disponible. J’ai juste visionné le premier épisode, et bien que le casting me semblait attrayant, je n’ai pas été emballé par le rythme. Il faudra que je réessaye dans de meilleur condition peut-être. Parfois la persévérance a du bon.

Comme toujours, merci d’être passé ici. On se retrouve très vite avec une prochaine revue. En attendant prenez-soin de vous, gestes barrières et tout !
Bonsai !

Edition présentée : Livre de poche. Paru le : 19/02/2020 ISBN :2253260622 Traduction : Jean Esch

Vous pouvez aussi retrouver les avis de : Symphonie, Tomabooks, Hildr

Revue littéraire : La Maison des Chaînes de Steven Erikson

Bonjour !

Après les rivages étincelants du Lac Azur, le sable brûlant de Sept-Cités, et les projets glaçants du Domin de Panion, nous continuons notre magnifique voyage au cœur de cette grande saga. Un voyage concocté par Steven Erikson, avec les éditions Leha au commande pour la traduction française. Le livre des Martyrs ou Malazan Book of the Fallen dans son titre original, est une décalogie commencée il y a plus de vingt ans par son auteur mais qui a peiné à trouver sa place chez nous. Depuis 2018, Leha s’est lancé dans la traduction et l’édition de cette œuvre, après deux échecs de publication chez Buchet Chastel et Calmann Levy. À l’heure où j’écris ces lignes, je passe mes soirées en compagnie du sixième tome, Les Osseleurs (qui vient de sortir le 2 octobre dernier, alors foncez soutenir vos libraires !), alors que la relecture du tome 7, Le Souffle du Moissonneur, est en cours du côté des traducteurs, Nicolas Merrien et Emmanuel Chastellière. Leha va réussir son pari, j’en suis persuadé à présent, et je suis fier pour eux d’avoir déjoué tous les pronostics pessimistes et d’avoir prouvé que l’on peut traduire 10 tomes d’un cycle quand celui-ci à déjà rencontré, hors de nos frontières, son public et prouvé sa qualité. Bravo ! Pour ceux qui n’auraient pas entendu parler de la série, je vous renvoie à mes articles précédents : Les jardins de la Lune, Les Portes de la Maison des Morts (relayé par Steven Erikson Himself sur FB) et Les Souvenirs de la Glace.

Plus que 4 ! On tient le bon bout !

Alors, aujourd’hui nous attaquons la revue du quatrième tome. De mon côté, c’est une expérience à vivre. Probablement pas aussi intense et compliquée que la tâche à laquelle Leha s’est attelée, mais je me suis fixé pour objectif de faire la Revue de tous les tomes. De plus, je me suis donné pour objectif de rattraper la parution avec mes articles, avec celui-ci je suis à deux doigts du bonheur.

Je rappelle que mes articles sont garantis sans spoiler. Cet exercice, difficile s’il en est, ne m’empêche pas de vous parler des thèmes qui se dégagent et de vous partager les émotions (fortes!) ressenties lors de la lecture. Alors, venez avec moi, venez faire un petit tour dans l’univers incroyable et magique du Livre des Martyrs.

Encore une magnifique couverture signée Marc Simonetti.

Quatrième de couverture :

« Au nord de Genabackis, un groupe d’incursion mené par trois guerriers teblors descend de la montagne dans le but de ravager les plaines méridionales occupées par les basse-terriens qu’ils honnissent.

Pour le dénommé Karsa Orlong, ce raid marquera le début d’une extraordinaire destinée.

Quelques années plus tard, Tavore, la nouvelle Adjointe de l’Impératrice, débarque dans le dernier bastion de Sept-Cités encore aux mains des Malazéens après les événements dramatiques de la Chaîne des Chiens. Nouvelle à son poste de commandement, elle devra aguerrir douze mille soldats fraîchement recrutés pour la plupart — à l’exception d’une poignée de vétérans ayant survécu à la légendaire marche de Coltaine — afin de former une armée capable de renverser les hordes de l’Apocalypse qui se terrent au cœur du Saint-Désert.

Tandis que les Grands Prêtres et les généraux de Sha’ik se livrent à une lutte de pouvoir qui menace l’âme même de la Rébellion, d’obscures forces se rassemblent autour de Raraku et de son mystérieux Tourbillon. Dans le Naissant, Onrack, un T’lan Imass perdu, libère de ses fers le Tiste Edur Trull Sengar, abandonné et banni par ses semblables ; tous deux vont dès lors se lancer dans une longue odyssée pour rejoindre leur domaine d’origine. Sur Avalii la dérivante, une sanglante confrontation ravive les inimitiés qui règnent entre les trois garennes primordiales, forçant Ammanas et Cotillon à sortir de leur réserve. Et au cœur de Kurald Thyrllan, les Tistes Liosan sont aux abois : Osric, leur dieu, a disparu, et personne ne semble savoir où il est.

Un terreau propice à l’avènement de la Maison des Chaînes du Dieu Estropié qui, en secret, poursuit son inquiétant recrutement… »

Mon avis :

Comme toujours le livre s’ouvre sur des remerciements et de somptueuses cartes afin de nous aider à mieux localiser certains événements. Puis un prologue. Cette fois, celui-ci ne remonte pas la longue histoire de ce monde mais se situe beaucoup plus proche dans le temps et nous présente de nouveaux personnages qui ont leur importance. D’ailleurs toute la première partie du livre nous présente de nouveaux personnages. Et quels personnages ! Pour ma part aujourd’hui, à l’aune du sixième tome, deux d’entre-eux sont devenus cultes !

Sois témoin, Urugal !

Kharsa Orlong
Comme toujours, de belles cartes, immersives à souhait.

Si ce roman est plus linéaire que les autres dans sa montée dramatique, il n’en reste pas moins riche en émotions, notamment avec cette première partie où nous allons suivre un personnage détestable à souhait, un anti-héros : Kharsa Orlong. Il nous entraîne dans une escapade sanglante et meurtrière, nous interroge sur le concept de religion et du fanatisme qui parfois en découle. Sur un autre registre, on se demande où l’auteur veut en venir avec ce roadtrip qui nous semble peu en rapport avec les événements du début du cycle, et si vous semblez perdu, pas d’inquiétude, c’est un des procédés narratifs de l’auteur qui joue avec votre perception. Le jeu en vaut la chandelle : les émotions qui vous traversent lorsque les connexions apparaissent sont intenses. Kharsa va introduire un des thèmes centraux de ce tome : les chaînes. Celles-là même qui nous retiennent, guident nos actes, comme les rênes invisibles tirant sur la bride qui nous étreint. Chaque personnage va devoir faire face à ses responsabilités, certains suivant le chemin que le destin a décidé, avec ferveur ou non, répondant au poids de ses chaînes, d’autres relevant la tête et luttant contre son cours, défiant par là-même les règles imposées.

Qu’il était extraordinaire de constater comme de simples vies pouvaient se télescoper dans tout ce désordre, encore et encore, emportées dans la grande spirale.

Steven Erikson

Mais le cœur de l’intrigue se situe ailleurs. Nous retrouvons le cadre du deuxième tome et son magnifique décor des Sept-Cités pour un drame de haute intensité que tout annonce. Derrière le Tourbillon qui rugit au sein de Raraku, la rébellion est toujours debout tandis que l’empire envoie des renforts avec à sa tête Tavore Paran, la sœur de Ganoes. L’auteur va, encore une fois, nous surprendre et jouer avec notre perception alors que ce personnage semble central : Tavore n’a pas de point de vue personnel. Elle est narrée aux travers des yeux du Haut Poing Gamet, un personnage, que nous avons déjà croisé dans le premier tome et qui semblait mineur à l’époque. Ceci a son importance car nous ne connaîtrons jamais les pensées profondes de l’aînée des Paran, nouvellement Adjointe en remplacement de Lorn. Insondable, elle entraîne son armée, composée de jeunes recrues inexpérimentées mais au sein de laquelle de vieilles connaissances déguisées vont apporter leur savoir, à rebours, le long du chemin suivi par Coltaine, vers un destin qu’elle semble accepter.

Ce qui introduit un des autres thèmes chers à l’auteur, les apparences, que ce soit à grande échelle ou au niveau individuel. Le tourbillon symbolise bien évidemment la couverture dont on se drape pour masquer nos doutes, nos peurs, nos conflits internes. Ce jeu de dupe, l’auteur y convie le lecteur, soit en le trompant avant de lui révéler la supercherie, soit en le rendant complice, ce qui nous procure une certaine satisfaction pour une fois de ne pas être la victime. Il est quelque part complémentaire avec celui des chaînes. Les angoisses que cherchent à cacher certains protagonistes sont bien dues à ces chaînes qui les tirent dans une direction qu’ils ne souhaitent pas. Toute la force du récit réside dans l’impossibilité d’anticiper le sort de chaque personnage. Leurs motivations restent pour certains obscures ou trompeuses, y compris leur identité, parfois même pour le lecteur. C’est donc sur ce jeu de duperies et d’apparences, enchaînés par le destin ou le fruit de leur choix et leurs actions, que les protagonistes tentent de survivre et de poursuivre leurs buts plus ou moins ambitieux.

Sur un autre plan, L’immense mythologie de Steven Erikson s’étoffe encore et toujours, rajoutant des couches de détails dans un monde qui en fourmille déjà mais avec une cohérence peu égalée en littérature. Les garennes, les domaines des dieux, les enjeux à grande échelle continuent de livrer leurs secrets, ajoutant à la complexité déjà présente. Il subsiste de belles zones d’Ombre tout de même, car pour une réponse obtenue, dix questions apparaissent. Mais ne boudons pas notre plaisir, au contraire, pour une fois qu’on nous donne l’occasion de s’émerveiller tout en essayant (et j’insiste là-dessus !) de faire des théories.

Enfin, Steven Erikson a démontré une nouvelle fois son savoir-faire au niveau de l’intrigue, en liant plusieurs événements, a priori dissemblables, pour former une histoire complexe et riche qui s’étend sur l’ensemble du monde qu’il a créé et qui conclut cette fois définitivement l’histoire de la rébellion de Sha’ik.

Elbakin

Conclusion :


Il s’agit, d’une lecture exigeante, certes, mais dont l’intrigue est maîtrisée de main de maître par un auteur nous contant une histoire hors normes dans un monde immensément riche. Steven Erikson ne prend jamais son lecteur pour un imbécile, et offre à réfléchir sur plusieurs niveaux de lecture. Les promesses affichées dès le premier tome se concrétisent dans un des volumes les plus denses et matures de la saga bien que peut-être un cran en dessous au niveau épique. Une vitesse de croisière semble être atteinte dans le style (et peut-être aussi pour la traduction) et pourtant le lecteur arrive encore à être surpris bien qu’il doit s’y attendre. Il nous faudra attendre le sixième tome pour connaitre la suite du soulèvement de Sept-cités, puisque le cinquième tome, lui, racontera une histoire annexe aux événements déjà traités, et il me tarde déjà de connaitre le dénouement.

Encore un grand bravo Mr Erikson pour ce niveau d’écriture et de complexité. Et merci à Leha de tenir sa promesse d’un tome tous les six mois, malgré, et surtout, dans les conditions actuelles.

Note : 10/10

Un dernier mot pour dire que la revue du cinquième tome est dans les tuyaux, et qu’au jeu du classement qui peut se profiler à présent en raison du nombre de volumes déjà parus, il grimpe sur mon podium au côté du deuxième (première marche) et du troisième (seconde marche). Bien que La maison des Chaînes soit peut-être un poil en dessous en terme d’épique, je ne peux tout de même pas mettre moins que la note maximale au vu de sa qualité rédactionnelle et sa narration. Comme je vous l’ai dit, nous jouerons au jeu du classement global à la fin de la publication, quitte à réajuster les notes si le temps le fait sentir.

Comme toujours pour les anglophones, je vous donne le lien vers le podcast plébiscité par Steven Erikson lui-même puisqu’il y a donné déjà 3 interviews. Ici il s’agit du premier épisode sur le tome 4.

Rendez-vous pour le tome 5, quelque part au cœur de Lether et de son nid de vipères…

Bonsai !

Vous pouvez aller voir aussi les avis de Symphonie et du Chroniqueur

Toutes les images présentées dans cet article sont la propriété exclusive de leur auteur.

Revue littéraire : Mage de Bataille de Peter A Flannery

Bonjour !

Comme prévu on se retrouve avec une de mes lectures de fin d’été. Bon, on va annoncer la couleur tout de suite, cette revue ne vendra pas du rêve. Ce ne sera pas le monde des Bisounours bienveillant. Je me demande encore comment je peux être dans un tel décalage avec mes confrères blogueurs SFFF. J’ai abandonné ce livre au chapitre 30 sur les 52 qu’il en compte, avec un semblant de début de réponse sur ce qui ne fonctionnait pas pour moi, mais pas de réponse sur le fait que tout le monde (et j’ai parcouru pas mal d’avis avant, pendant et après ma lecture) semble avoir adoré ce livre, malgré quelques petits bémols pour certains. Alors il s’agit de quoi ? D’un roman d’un auteur écossais, Peter A. Flannery. Si on en croit sa fiche wiki, pas un clampin, pas un novice, un auteur reconnu… mais pas en littérature fantasy. C’est un dramaturge et scénariste anglais. Il est surtout connu pour son travail à la Royal Shakespeare Company à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Il a notamment écrit aussi des scénarios pour la TV et pour le jeu de rôle. Mes recherches ont été dures car il n’a pas non plus l’aura d’autres auteurs plus reconnus. Donc si j’ai bien compris, Mage de Bataille est son second roman après First and Only, un thriller parapsychologique qui apparemment à rencontrer un bon succès et a été adapté à l’écran, mais n’a pas été traduit (encore) chez nous. Ce roman était l’un des deux livres choisis pour lancer l’excellente gamme de chez Albin Michel Imaginaire en 2018, et heureusement ce choix plus que discutable à mon sens, ne remettra pas en cause mon intérêt pour cette collection, dont j’ai déjà lu quelques titres et que je trouve excellente.

Quatrième de couverture :

Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l’armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l’amener aux marges du désespoir : il va entrer à l’académie de la guerre, une école d excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine. Le monde brûle ; seul un mage de bataille pourra sauver ce qu’il en reste. Falco réussira-t-il à libérer son pouvoir, à invoquer un dragon à sa mesure ou succombera-t-il à la folie… comme son père ? 

Mon avis :

Il s’agit ici d’une construction classique en fantasy avec trois jeunes gens : deux garçon une fille : Harry, Ron et Hermione. Ah, non, ça c’est autre chose je crois… bref. Falco, notre héros, est comme beaucoup de héros : tempérament maladif, extraction noble et rejeté par les autres à cause de son père qui a sombré dans la folie à cause de son dragon, compagnon de tout mage de bataille, et qu’on a donc dû éliminer (classique on vous dit). Sous fond de guerre contre des forces démoniaques, notre jedi en herbe va devoir entreprendre un long chemin initiatique pour sauver le monde, déjouer les complots et surtout laver le nom de sa famille.

Bien que les scènes de batailles soit plutôt sympa et que le cœur de l’histoire semble tout à fait intéressant et trépidant, que quelques trouvailles comme l’armée démoniaque et les mages de bataille avec leur dragon sont plutôt bien pensés, je n’ai pas accroché pour plusieurs raisons. Tout d’abord, quand on choisit une construction classique d’histoire, il faut des personnages charismatiques, et pour qu’ils le soient il faut que la narration les mette en valeur. Relire la même histoire racontée différemment ne me dérange pas. Comment ne pas voir en Harry Potter un pastiche de Star Wars, lui-même inspiré d’autres histoires ? Je ne vais pas vous faire une translation détaillée, mais réfléchissez et remplacez Luke par Harry, Ron par Han Solo, Dumbledore par Obiwan etc. Pour comprendre pourquoi de telles histoires fonctionnent, je vous renvoie au livre de Joseph Campbell, L’homme aux mille visages. Ce genre d’histoire réveille en nous la notion de parcours initiatique et nous renvoie directement à notre enfance et notre parcours de vie. Donc ce qui va faire la différence n’est non pas la position des protagonistes ou leurs choix mais bien souvent le worldbuiding et la narration.

En ce qui concerne le worlbuiding, je n’ai pas de grands reproches à faire ici, il est cohérent et fourni, bien qu’encore une fois classique. Sauf que … Tomber nez à nez avec Sébastien Cabal et Dominic Ginola… ça fait tâche, et ça tue l’immersion. Pour une grande idée bien trouvée, comme l’armée démoniaque ou les mages et leur dragon, même le cercle des Thaumaturges (et les rôlistes doivent doucement sourire en voyant un tel nom), on a des créations dignes d’un Maitre du Jeu qui n’a pas préparé sa partie et qui balance des noms au hasard, suite aux actions de ses joueurs, en puisant dans sa mémoire et en modifiant une lettre du nom, technique bien connu de tous les MJ. Si elle marche autour d’une table de jeu de rôle, et encore, à condition que les références en question ne soient pas accessibles aux joueurs, il en va tout autrement dans un livre.

L’autre gros point noir à mon sens est le choix de narration. Prenons l’exemple du Trône de Fer dont je vous parlerai un jour, Martin multiplie les points de vues dans un but bien précis, pouvoir rentrer dans la tête de chaque protagoniste et nous livrer sa logique, ses pensées et surtout ses émotions. Ici, pas de psychologie de personnages, pas d’introspection, pas d’émotion, tout simplement parce qu’il n’y a pas de point de vue réel. La caméra est toujours placée de trois quart arrière à l’extérieur. C’est handicapant pour rentrer dans l’histoire. On passe d’un personnage à l’autre sans changement de chapitre, à peine sans changement de paragraphe, et le temps alloué aux « pensées » ou émotions de chacun est tellement bref, superficiel, qu’il semble juste là pour tenter d’esquisser l’explication de certaines réactions moteurs de l’histoire. Alors certes, ce qui compte c’est l’histoire, mais tout le monde sera d’accord sur le fait que la manière dont elle est racontée a une importance. Après il s’agit d’une traduction, mais mal traduit ou pas, la narration ne peut être modifiée. Je ne pense pas que le traducteur se serait amusé à décrire des dialogues qui ont été écrit (je déteste les dialogues décrits… show don’t tell). Une narration est propre à l’auteur, non au traducteur qui lui s’affaire plus sur le sens des mots choisis et l’agencement des phrases pour restituer l’effet de départ.

Conclusion :

Tout ça mis bout à bout, vous l’aurez compris, j’ai dû faire un choix, tiraillé entre mon envie de connaitre la suite de l’histoire qui semble somme toute intéressante avec quelques bonnes trouvailles, mais tellement gâchée par des choix grotesques par moment, voire carrément par la narration en elle-même, que je n’ai pu continué de m’infliger ça. Je suis peut-être exigeant, sélectif, par manque de temps et par le choix, aujourd’hui pléthorique, d’œuvres disponibles en SFFF, ou alors je n’ai pas su ressentir ce que mes camarades blogueurs ont décelé de génial dans ce livre, je ne sais pas, je n’ai pas la réponse. Je l’ai acheté en E-book, peu de temps après sa sortie officielle, lorsque j’ai acquis ma liseuse en décembre 2018, et les avis fleurissant sur la toile ainsi que la couverture, qui est somptueuse soit-dit au passage, formant avec le deuxième tome un panorama, m’avait laissé entrevoir un moment de lecture épique, à tel point que j’ai acheté le tome 2 en E-book aussi sans me poser de question avant même d’avoir lu le premier. Le problème du numérique c’est qu’on ne peut pas échanger, ou prêter, ou déposer dans une boite à livres, encore moins le revendre en occasion. Me voilà donc avec un livre pas fini et un autre que je ne lirai pas sur les bras. Ceci sera donc le premier avis en demi-teinte sur ce livre de toute la blogo. Gilles Dumay, Je suis désolé.

La Note : 4,5/10

Vétérans de la Fantasy donc s’abstenir. Ma note est pour vous. Pour tous les autres qui cherchez une entrée en High Fantasy, ce roman fera l’affaire et même plus par son côté manichéen et épique. Je vous retrouve très bientôt pour de nouvelles revues, si j’arrive à décoller mon nez du tout nouveau Steven Erikson qui vient juste de sortir chez Leha : Les Osseleurs !

Bonsai !

Edition présenté : Mage de Bataille Tome 1 chez Albin Michel Imaginaire. Traduction : Patrice Louinet. Illustration : Alain Brion. Paru le :26/09/18. ISBN : 2226435778

Revue Littéraire : Élévation de Stephen King

Bonjour !

Ce n’était pas prévu que je lise ce roman (qui tient plus de la nouvelle en fait) maintenant, ni que j’en fasse une revue, mais les hasards de la vie font parfois drôlement les choses et nous amènent à des découvertes inattendues. Alors que je suis dans les starting-blocks pour la sortie, le 2 octobre, de Les Osseleurs, le 6e tome du livre des Martyrs édité par Leha, je cherchais une lecture rapide. Je ne suis pas un aficionados des petits livres comme vous l’aurez peut-être remarqué, je ne sais pas pourquoi au fond, peut-être une question de plaisir, plus c’est gros plus la relation va durer, plus elle sera profonde, ce genre de chose. En tout cas, c’est un auteur en particulier qui m’a donné ce goût avec bien d’autres choses aussi et je me rappelle même de quand c’était. Je veux parler de Stephen King bien sûr, celui avec qui j’ai démarré ce blog et avec qui je le terminerai peut-être un jour. Je n’ai jamais développé plus que ça, ici, mon amour du King, ni ma connaissance de son oeuvre. Je ne sais pas si c’est le lieu ou l’endroit pour le faire mais après tout c’est ma taverne, alors laissez moi vous en parler un peu, histoire de donner un peu de contexte de lecture à cette revue.

Il fut mon premier grand amour. Je sortais d’une relation assez longue et scientifique, pleine de candeur et d’émerveillement, avec Jules Verne quand Steve sans crier gare m’attrapa par le revers de ma veste en jean au détour d’un tabac-journaux, alors que j’avais 16 ans, et m’emmena faire un tour avec lui. À bord de sa Plymouth Fury 1958, il m’emmena dans un cimetière, et là, tous ses personnages prirent vie, remplissant la mienne. Je dévorai en deux jours donc, mon tout premier King, Simetierre, dont la couverture m’avait happé. Je lisais partout : en cours, le livre caché sous la table à l’insu de mes profs, au self du lycée en mangeant, planqué dans les douches, plus tard le soir, pour avoir de la lumière alors que le dortoir scolaire était plongé dans le noir et que les murmures et les ronflements de cinquante de mes camarades peuplaient le silence nocturne. Je lisais dans le car qui me ramenait de ma semaine de classe, je lisais entre les morceaux de mes répétitions de musique le weekend, je lisais à table chez mes parents au grand dam de ma mère, je lisais aux toilettes. Si vous aviez demandé à mes camarades de l’époque où me trouver, ils vous auraient dit : « Assis sur les marches du bahut, il est avec son blouson jean, tu peux pas le louper avec ses patchs, ses badges et pin’s de Metallica, Iron Maiden, AC/DC, la tête enfouie sous ses grand tifs noirs dans un livre du King. Il aura ses écouteurs grésillant de metal sur les oreilles, un clope au bec et un café du distributeur à portée de main, tu t’inquiètes pas il tape des pieds aussi en rythme». Le Fléau, Christine, Ça, Shining, Le pistolero, Danse Macabre, tout y passait. Et sa prose comblait un vide essentiel en moi, il apportait des réponses à mes questions sur la nature humaine. Il me montra qu’il y aurait toujours des Henry Bowers ou des Greg Stillson, que notre nature profonde relevait souvent de notre enfance et de ce que nous y avons vécu. Que le mal est en chacun de nous. Il m’aida à mieux comprendre le monde qui m’entourait et à l’accepter tel quel. Car la teneur essentielle de son message, surtout, c’est que je ne pouvais rien y changer, tout juste à mon niveau essayer de vivre et de trouver une place qui me convienne. En trois ans, j’ai lu quasiment tout ce que le King avait écrit jusque là, y comprit les titres sous le pseudo de Richard Bachman et qui étaient dans un sens encore plus terrifiants et grinçants. Et puis au fur et à mesure j’ai commencé à suivre les sorties de ses livres, attendant avec plus d’impatience les tomes concernant La Tour Sombre. Nous nous quittâmes un été 2006 après la lecture du dernier tome. Je n’étais pas radieux de cette fin. Puis nous renouâmes en 2012 avec son chef d’oeuvre : 22/11/63. Depuis, je tente de rattraper le temps perdu et de lire les livres que j’ai en retard. Je me rends compte à quel point il m’a manqué, à quel point nous avons changé lui et moi, mais à quel point nous nous comprenons encore. Ces dernières années ont été en un sens productives, notamment grâce au challenge de l’Automne du King lancé à l’initiative de Tomabooks l’année dernière et qui revient cette année, pour un deuxième round. J’ai presque recollé au peloton, au point d’avoir même déjà lu L’Outsider. Il me reste encore quelques romans de la période post accident à lire, mais je commence à en voir le bout.

J’avais donc ce « petit » King dans ma bibliothèque qui traînait. Parfait pour une lecture rapide entre deux pavés comme je les aime. Parfait pour un tête à tête entre moi et le Roi.

Quatrième de couverture :

À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle. Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène. Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale. Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville. Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

Mon avis :

Stephen King, maîtrise aussi bien l’art du méga roman que celui de la nouvelle, ou de la petite histoire. Il vous sert ça généralement comme une petite sucrerie à déguster en douce, entre deux. Élévation n’échappe pas à la règle. La prose glisse, et nous entrons rapidement dans le vif de l’histoire, car le maitre sait qu’il n’y a pas besoin d’emphase à rallonge, que nous le connaissons depuis si longtemps, qu’il sait qu’on acceptera sans mal le côté fantastique aussi tôt dans le récit, comme un deal tacite. Allez, viens, c’est ce que tu veux de toute façon, c’est pour ça qu’on est là, alors pourquoi faire des manières, passer par des préliminaires ?

Le passé est de l’histoire le futur est un mystère

Stephen King

Il s’agit essentiellement d’un roman feel good à mon sens. Il célèbre la vie, mais celle qui se nourrit du partage, de l’entraide, de l’acceptation des différences. En vieillissant, je trouve que le King aborde les sujets sous un autre angle. S’il y a 30 ans, il aurait profiter de cette idée pour faire une exploration des délires psychotiques de certains habitants de Castle Rock à l’encontre de deux femmes lesbiennes et déchaîner les enfers, aujourd’hui il en profite pour tourner en ridicule ses anciennes muses et donner la belle part à un vrai gentil. Un vrai de vrai. Notre héros va s’élever spirituellement dans une métaphore induite par sa perte de poids, et découvrir après des années de déprime qu’il aime la vie, et qu’il veut faire quelque chose de bien avant de … Et bien.. il ne sait pas, même si nous, on a une petite idée assez rapidement. Nous sommes peu surpris par l’évolution de l’histoire, mais Steve sait quand même nous mettre en haleine avec sa verve habituelle et son sens inné de la narration. Il va surtout profiter du prétexte fantastique de son histoire pour aborder d’une manière tellement simple et naturelle, un peu comme ce tweet à l’adresse de JK Rowling, un thème polémique au sein de certaines communautés : l’homosexualité. Avec douceur et force, il transcende toutes formes d’objections et renvoie les réfractaires dans leur caverne, suggérant par là-même que si les médias relayaient certaines infos sous un meilleur angle, c’est à dire de façon naturelle et sans accentuer la différence dans la mise en scène, les gens de tout bord vivraient mieux. Un instant j’ai failli écrire, les minorités à la place de gens de tout bord, mais là encore, je me rends compte que c’est un élément de langage visant finalement à accentuer une différence, et le message de ce livre c’est clairement : quelle différence ? Vous et moi au bout du voyage finiront tous au même endroit, ce qui compte vraiment c’est ce que nous auront fait entre-temps.

Si c’est ce qu’on ressent quand on meurt, on devrait se réjouir de partir.

Stephen King

Conclusion :

Élévation est une bonne petite histoire, genre conte de noël, à savourer avec un bon café et un plaid, au chaud, alors que la tempête Alex ravage l’extérieur. Il y célèbre la vie, avec son bouquet final. Il y parle d’acceptation, d’amour de son prochain, le tout sous Fantastique 4000 le remède prescrit par votre pharmacien préféré qui réside à Bangor Maine USA, et qui permet de perdre du poids sans maigrir.

La note : 8/10


Ce livre a été lu dans le cadre du challenge de L’automne du King lancé par Tomabooks. #automneduking sur les réseaux sociaux.

À bientôt pour de nouvelles revues, d’ici là portez vous bien et lisez trop !

Bonsai !

Edition présenté : Livre de Poche paru le 03/04/2019 Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel. ISBN 2253820075