Revue Littéraire : Nightflyers et autres récits de GRR Martin

Bonjour à tous !

Nous continuons le voyage des lectures non chroniquées. J’ai pris beaucoup de retard cette dernière année dans mes revues et je profite donc de l’été et du calme pour combler ça. J’en ai même quelques-unes qui datent de ma première année de blog, c’est dire ! Mais les compteurs seront bientôt remis à zéro. J’ai réussi à trouver mon rythme. Alors qu’avons nous au menu aujourd’hui ? Ah ? tiens ? Une lecture qui date de novembre 2019. De qui ? Martin ? « Dis donc Onos, on le voit souvent lui ! » Ben oui, je l’aime bien, surtout son univers du Trône de Fer, mais paradoxalement, je ne me suis intéressé à ses autres travaux que récemment. Wild Cards fut le premier de ceux-ci, mais j’avais stocké dans ma besace d’autres livres, dans le domaine de la SF, comme ce recueil de nouvelles édité par ActuSF en 2018. Cet auteur me fascine en effet. Il a un narration simple, mais d’une efficacité redoutable, les thèmes sont souvent pertinents et la critique sous-jacente. Allez c’est parti, décryptons ça.

Quatrième de couverture :

Depuis des temps immémoriaux, les volcryns traversent la galaxie. Personne ne sait d’où ils viennent, où ils se rendent… ni même ce qu’ils sont vraiment.
Karoly d’Branin est bien décidé à être celui qui percera ce mystère. Entouré de scientifiques de talent, il embarque sur l’Armageddon. Mais bien vite les tensions s’accumulent. Quelle est cette menace sourde qui effraie tant leur télépathe ? Et pourquoi le commandant du vaisseau refuse d’apparaître autrement que par hologramme ?
Karoly est certain d’une chose : ses volcryns sont tout proches. Pas question de faire demi-tour. Quel qu’en soit le prix

Mon avis :

Bien que le résumé s’attarde sur une seule histoire, le livre en compte six. Ce résumé a été rédigé pour être relié à la sortie de la série éponyme tirée de la première nouvelle : Le Volcryn. La série, elle, n’a pas eu le succès escompté, cette quatrième de couverture aurait peut-être gagné à présenter un peu les autres finalement, pour que le livre ait sa vie propre. Quoiqu’il en soit, qu’avons nous au menu de ce recueil ?

Le Volcryn
Pour une Poignée de volutoines
Week-end en zone de guerre
Sept fois, sept fois l’homme, jamais !
Ni les feux multicolores d’un anneau stellaire
Chanson pour Lya

Je ne vais pas détailler chaque nouvelle, à vous lecteur de découvrir leur contenu. Elles ont toutes un point commun qui crée une certaine cohérence à l’ensemble : elles se situent toutes dans l’univers des 1000 mondes, un univers SF inventé par Martin, bien avant que Westeros n’existe et lui donne la notoriété que l’on sait. Peu importe la toile de fond avec lui de toute façon, parce qu’elle n’est qu’un prétexte pour y exposer ses vues sur des thèmes qui lui tiennent à cœur. L’humain est au cœur de son œuvre. Sa critique n’est jamais explicite, elle se situe en dessous de la ligne de flottaison, pour qui sait la voir, et ce sont dans les nouvelles courtes, qui accompagnent les deux gros standards de l’auteur présents ici, Le Volcryn et Chanson pour Lya, que c’est le plus flagrant. Cette dernière reste mon grand plaisir de cette lecture. Somptueuse, d’une profondeur intense, hymne à l’amour et à l’union ou plutôt à la communion entre deux êtres, elle m’a profondément marqué. Que ce soit un récit anti-militariste, (Week-end en Zone de guerre), violent par contraste, une ode contre l’extermination de masse et le fanatisme religieux (Sept fois, sept fois l’homme, jamais ! ), dont le titre est inspiré du Livre de la jungle de Rudyard Kipling, la cupidité et les moyens de contrôle pour y arriver (Pour une poignée de volutoines), ou encore une réflexion philosophique sur la solitude et la peur du vide, du néant, (Ni les feux multicolores d’un anneaux stellaire), Martin fait mouche. Ce texte est d’ailleurs un inédit, bien qu’écrit en 1976. Il faut ce qu’il faut pour avoir le droit de rééditer des nouvelles déjà parues dans d’autres recueils précédemment. Avec son style parfois populaire, pas dans le sens vulgaire mais bien accessible et familier, Il sait, en peu de mots, vous faire passer son idée au travers de personnages très typés et dont les motivations sont fortes. Si l’on compare au Trône de fer, on se rend compte que c’est sa marque, au delà du worldbuilding, il sait rendre très humains ses protagonistes, avec tout ce que cela entraîne de paradoxes, d’interrogations, d’émotions. Les genres se mêlent, les cadres changent – horreur, zombies, aventure dans l’espace, histoire d’amour, jeux de guerre, religion, fanatisme – mais la volonté première reste là : nous divertir tout en grattant cette zone inconfortable juste à la limite de notre morale, qui bouscule notre conscience. Un point commun avec un autre auteur que j’aime beaucoup, le King. Ils sont de la même génération d’ailleurs, mais n’écrivent pas au même rythme, ni avec le même style !

Conclusion :

Bien que je lise GRR Martin depuis près de 10 ans, je ne me suis que récemment intéressé à ses autres écrits. L’univers des 1000 mondes est d’une richesse incroyable et méritait vraiment d’être découvert. Pour ceux qui comme moi manquent de temps, ce recueil est la parfaite entrée, compilant certains de ses meilleurs textes parmi les plus connus. Le format est parfait et le livre se lit vite. L’auteur maîtrise à merveille l’art de la nouvelle et ses chutes sont souvent abruptes. Je remercie ActuSF pour cette compilation qui, si elle est loin d’être exhaustive, a le mérite de donner un très bon panorama du reste de l’oeuvre de Martin et de son talent littéraire. Il n’y a pas que le Trône de Fer dans la vie. Enfin bon, juste comme ça quand même : « George ! Écris plus vite ! On attend le tome 6 ! ». Il ne m’en tiendra pas rigueur.

Du moins, J’espère.

À moins qu’il ne m’envoie La Montagne en représailles.

Ah, tiens, on a sonné.

La note : 9/10

À bientôt pour de nouvelles revues littéraire… ou pas !

Bonsai!

Nightflyers, recueil édité par ActuSF de 492 pages. ISBN : 2366299273

Revue Littéraire : La Fleur de Dieu de Jean Michel Ré

Bonjour à tous !

S’il y a bien une collection récente qui, visuellement et dans son contenu me plait, c’est bien celle d’Albin Michel Imaginaire. Créée à l’automne 2018, elle possède déjà un catalogue varié et de qualité. Ma lecture actuelle d’ailleurs, Mage de Bataille, un des livres qui a lancé la collection, a été mon tout premier achat sur ma Kobo (mais pourquoi attends-tu si longtemps pour lire tes livres ? … Bonne question^^). La Fleur de Dieu est un Space Opéra écrit par Jean Michel Ré, qui m’a tout de suite interpellé lors de sa publication. En début d’année, une promo sur le store de ma liseuse me permit enfin de me l’offrir, ainsi que Les Portes Célestes, le deuxième tome. Depuis, Cosmos Incarné est sorti également, complétant la trilogie, et pour une fois, j’ai pas attendu des plombes pour m’y plonger après l’achat, j’ai fini mon livre en cours et j’ai sauté de suite sur cette lecture. J’avais envie de SF, envie de vaste étendue intergalactique. Mais sommes nous proches d’un Star Wars ? Pas du tout. Mais alors, pas du tout ! Allez, on en parle.

Quatrième de couverture :

An 10996.

Dans les déserts suspendus de la planète sacrée Sor’Ivanyia, un des dix-huit mille mondes de l’Empire, pousse la Fleur de Dieu. Ce remède à de nombreux maux est aussi un vecteur privilégié pour accéder au divin. Grâce à la Fleur de Dieu, l’Homme sait désormais ce qui advient de la mémoire après la mort.

Alors qu’un impitoyable seigneur de la guerre fomente un coup d’état, la formule chimique de la Fleur de Dieu est dérobée par une organisation anarchiste paradoxalement très organisée. Au même moment, l’apparition sur Sor’Ivanyia d’un enfant aux pouvoirs extraordinaires bouleverse toutes les certitudes scientifiques et religieuses de l’Empire.

Qui est cet enfant ? Est-il seulement humain ? Est-il ce Messie que certaines religions ont cessé d’attendre ?

Mon avis :

La première caractéristique de ce roman est la présence d’un monumental glossaire. Plus de quarante pages ! Environ cent cinquante entrées, alors comment aborder la chose ? J’ai lu ici et là que certains lecteurs avaient choisi de lire d’abord le glossaire. Pour ma part, j’ai procédé autrement, préférant m’y référer en cours de lecture quitte à lire en même temps les entrées précédentes et suivantes. L’avantage de cette méthode étant une compréhension facilitée, puisque le terme est relié directement à son contexte. L’ inconvénient étant une lecture hachée dans les premiers temps.

Les chapitres sont courts et multiplient les points de vues, offrant un panorama complet des motivations de chacun. Ce qui retient mon attention, ce sont ces citations d’ouvrages historiques et d’essais fictifs en début de chapitre qui relatent et donnent une vision critique de l’Histoire de l’Humanité et nous permettent de retracer 80 siècles d’histoire. Leur décryptage est intéressant et révèle au compte-goutte les événements qui suivirent ce XXI siècle assez particulier. On y apprend que de grandes guerres interconfessionelles ont plongé le monde dans le chaos et la violence, ce qui entraîna la constitution du « Credo », une suite de « sourates » visant à unifier les différentes fois afin d’éviter les heurts entre les différentes communautés religieuses. Au milieu de tout ça, une nouvelle religion est apparue, le scientisme. Elle organise une foi et un culte autour de la science et des études scientifiques. Elle dispose d’une grande influence sur l’Empire et a accès à des technologies puissantes. C’est elle qui a le monopole de la formule de la « Fleur de Dieu » dont les propriétés permettent d’avoir un accès privilégié au divin au travers des visions qu’elle procure.

La religion et la science sont donc au cœur du roman. L’auteur y ajouté un troisième éléments, somme toute indissociable des sociétés humaines : la politique. L’Empire. Il s’étend sur plus de 18 000 planètes. Constitué en secteurs, l’empereur s’appuie sur des seigneurs de guerre, nouvelle noblesse militaire, afin d’administrer l’ensemble. Jean-Michel Ré nous le montre autoritaire, avec une surveillance accrue à travers le Rézo, sorte d’internet puissance mille, et l’influence de l’Ordo. Comme si les masses incommensurables ne semblaient pouvoir être régies que par un système de ce genre. Il y a tout de même des opposants. Tout d’abord Fawdha Anarchia, l’organisation anarchiste qui cherche à voler la formule de la Fleur de Dieu, ou encore la Diaspora, des personnes qui voyagent à travers l’espace sans autorisation pour s’éloigner de la société impériale, au delà des confins connus, afin de vivre en dehors du système et de son contrôle absolu. C’est au milieu de tout ces enjeux politiques, entre anarchistes, seigneurs de guerre rebelles, science et fois, qu’apparaissent deux personnages qui m’ont vraiment marqué, Maître Kobayashi, un shintoïste venu sur Sor’Ivanyia et embarqué malgré lui par les événements, et l’enfant. Lorsque je lis, il y a toujours un personnage auquel je m’attache plus, auquel je m’identifie. Maitre Kobayashi fut celui-là. C’est par ses yeux que j’ai préféré voir le récit. Le second personnage est Son Goku. Ah non Pardon ! L’enfant je voulais dire. Désolé. Mais une de ses premières apparitions m’a vraiment fait penser à ce héros de mon enfance. Être mystique, doté de pouvoirs étranges semblant lui venir de la Fleur de Dieu, nous le découvrons peu dans ce premier opus, mais son potentiel semble très intéressant pour la suite.

Conclusion :

Quand dans un champ social donné apparaît la peur d’une des autorités qui s’exerce dans ce même champ, le moment n’est pas loin où les personnages qui ont à subit cette autorité vont se positionner. Les cas individuels de subversion seront beaucoup plus rares que les cas de soumission, par peur de représailles. C’est pour cela que la peur d’une autorité arbitraire est un instrument de gouvernement qu’il faut savoir diligemment instiller pour limiter les cas d’insoumission et inciter à une obéissance résignée.

La Fleur de Dieu – Jean Michel Ré

Le roman de Jean-Michel Ré s’apparente donc au space-opera, mais il est finalement bien plus. Visionnaire et philosophique, l’auteur nous permet de réfléchir à notre futur, nous propose des évolutions technologiques crédibles, ainsi qu’un modèle de société cohérent où la science et la religion ne s’opposent plus mais coexistent dans un seul but finalement : le contrôle au travers des croyances. Il m’aura fallu plusieurs jours, que dis-je, plusieurs mois presque, pour digérer ma lecture et savoir si je l’avais vraiment appréciée. D’écrire cette chronique à froid, six mois après sa lecture, me donne envie de me replonger dans son univers, auquel je repense souvent. Je pense que la lourdeur du glossaire et cette exposition un peu longue ont quelque peu obscurci le plaisir qu’il y avait à retirer d’une telle oeuvre. Le roman monte en puissance tout du long, plaçant les éléments avant la grande déferlante et… paf ! le livre s’arrête net… Frustrant au possible ! Une lecture exigeante donc mais la persévérance me semble nécessaire, car les thèmes ne laissent pas insensible et nous invitent à réfléchir. Et vous commencez à le savoir, c’est ce que j’aime !

La Note : 7/10

La Fleur de Dieu aux éditions Albin Michel Imaginaire. Illustration de couverture : Pascal Casolari ISBN: 2226442367

Revue Littéraire : Trop Semblable à l’Éclair d’Ada Palmer

Bonjour à tous !

«Ada Rules … Ada Rules….» Ada quoi ? À dada? C’est quoi ce phénomène ? La twittosphère s’emballe, les blogueurs SFFF n’en peuvent plus. Allons bon, courons à l’espace culturel pour admirer l’objet, se faire une idée. Mince, il n’est pas en rayon. Ok, soit. Prenons l’édition numérique chez Le Bélial. Nous allons tester, et voir si ce livre est bien la révélation de science fiction de l’année.

Voilà ce que furent mes pensées en ce début d’année 2020 alors que je ne savais pas encore que l’humanité n’irait peut-être pas au-delà de 2021. Quoi ? Vous n’aimez pas mon humour ? N’empêche, alors que l’hiver s’était installé et que petit papa Noël était reparti dans sa multinationale Groenlandaise préparer sa prochaine cuvée spéciale masques – oups, pardon, plus fort que moi – J’ouvrais ma liseuse afin de découvrir le phénomène.

Quatrième de couverture :

Année 2454. Trois siècles après des évènements meurtriers ayant remodelé la société, les concepts d’État-nation et de religion organisée ont disparu. Dix milliards d’êtres humains se répartissent ainsi par affinités, au sein de sept Ruches aux ambitions distinctes. Paix, loisirs, prospérité et abondance définissent ce XXVe siècle radieux aux atours d’utopie. Qui repose toutefois sur un équilibre fragile. Et Mycroft Canner le sait mieux que personne… Coupable de crimes atroces, condamné à une servitude perpétuelle mais confident des puissants, il lui faut enquêter sur le vol d’un document crucial : la liste des dix principaux influenceurs mondiaux, dont la publication annuelle ajuste les rapports de force entre les Ruches. Surtout, Mycroft protège un secret propre à tout ébranler : un garçonnet aux pouvoirs uniques, quasi divins. Or, dans un monde ayant banni l’idée même de Dieu, comment accepter la survenue d’un miracle ?

Mon avis :

Nous avons ici un récit utopiste, ce qui nous change énormément des dystopies de ces 20 dernières années, dystopies qui soit dit au passage n’étaient pas à la hauteur de celles qu’on avait pu trouver dans les années 70-80. Un narrateur mystérieux, étrange, qui ment probablement parfois, par omission ou par intérêt, dresse un rapport écrit que nous parcourons. Son nom : Mycroft Canner. Son statut : esclave. Pas au sens où nous l’entendons. Car nous sommes dans une société nouvelle qui après une période de troubles et de conflits ayant presque éradiqué l’humanité, a opté pour un changement de paradigme. Les états-nations et les religions ont disparu et ont été remplacés par une oligarchie composée de sept Ruches qui dirigent le monde, et qui le modèlent selon les préceptes de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle. À la lueur de ce changement, des particularités de narration propre à l’époque où se passe l’histoire, apparaissent. Il s’agit d’un magnifique prétexte pour s’adresser à nous, « lecteurs du passé », et créer une ambiance particulière au livre puisque le narrateur utilise certains attributs du langage du 18e siècle. Afin d’enfoncer le clou, et d’instaurer un décalage de quatre siècles, Ada Palmer a recourt à un phénomène résolument moderne, la disparition des genres et la substitution du « on » ou « ons » à leurs places. Évidemment, ce procédé est déstabilisant et il faut un temps d’acclimatation. Cela rend la lecture exigeante, oui. Mais au bout de quelques pages, le style s’installe, les formules s’ancrent et deviennent naturelles. Ce n’est pas l’avis de tous, je le sais, mais en tout cas sur moi, ça a marché du tonnerre – ou de l’éclair ! Chapeau bas à Michelle Charrier, la traductrice.

J’avais conçu un monde multi-racial où évoluait une minorité de personnage blanc et où l’Amérique – qui domine de très loin l’essentiel de la SF – n’occupait pas le devant de la scène. L’union Européenne, la Chine, le Japon, l’Afrique du Nord, l’Inde et les peuples de langue espagnole y étaient plus important.

Ada palmer

Au delà de l’enquête, tortueuse, énigmatique, Ada Palmer nous présente un univers d’une richesse incroyable. Nous nous retrouvons au cœur d’une société dotée d’une politique complexe et obscure qui sous l’apparence d’un monde parfait et pacifique recèle encore et toujours les mêmes vices de pouvoir qu’à notre époque actuelle. La triple énigme qui constitue la trame du récit est captivante et chaque scène est prétexte pour découvrir un nouvel aspect de ce monde futuriste. Le livre s’emballe de plus en plus à la fin du premier tiers pour ne plus nous lâcher, allant de révélation en révélation, jusqu’à un final qui nous tient en haleine et nous invite à découvrir rapidement la suite : Sept Redditions.

Conclusion :

Une grande claque. Un bijou de la SF moderne. Trop Semblable à l’Éclair explose le genre et porte le débat sur un nouveau terrain, car au-delà de l’intrigue et de la narration atypique et immersive, c’est une véritable réflexion philosophique sur notre avenir qu’on nous propose, avec non plus un modèle de société dont la base serait constitué par l’identité génétique et physique – la famille actuel – mais bien sur les aptitudes et les aspirations de chacun. Ada palmer fait une entrée fracassante sur le devant de la scène et nous livre un monument incontournable qui, je l’espère, sera toujours lu au XXVe siècle. Merci Ada et merci Le Bélial.

La note : 10/10

Edition présentée : Trop Semblable à L’éclair aux éditions Le Bélial paru le 23 octobre 2019. ISBN 978-2-84344-958-1

Revue Littéraire : Wild Cards (Martin), tome 2 : Aces High

Bonjour à tous !

Il y a un peu plus d’un an, je découvrais la série Wild Cards, une anthologie dirigée par GRR Martin, dans un univers de super héros (les As) et de rebuts difformes (les Jokers), dont les pouvoirs, ou les déboires, proviennent d’un virus extraterrestre répandu sur la terre de manière spectaculaire en 1946. Fort de cette première expérience, j’avais décidé de continuer l’aventure dès que je le pourrais. C’est chose faite avec ce deuxième tome lu en début d’année, avant la fin du monde, le confinement. Bon, pas sûr de rattraper mon retard sur la série qui compte déjà 9 tomes en français et dont le 28e vient de sortir aux US, mais c’est un pas de plus en ce sens !

Quatrième de couverture :

Nous sommes en 1986. Depuis qu’il a frappé la Terre quarante ans plus tôt, le virus Wild Card n’a cessé de se répandre, tuant une grande partie de la population, produisant quelques aces, des êtres aux pouvoirs surnaturels, et beaucoup de jokers, des humains amoindris et difformes. Aujourd’hui confrontés à un ennemi venu des profondeurs de l’espace et à son alliée sur Terre, une secte maçonnique, les héros créés par George R.R. Martin et ses complices (Roger Zelazny, Walter Jon Williams, Pat Cadigan…) ne sont pas au bout de leurs surprises.

Pièces de sangLewis Shiner
Jube : unGeorge R. R. Martin
Jusqu’à la sixième génération : prologueWalter John Williams
Jube : deuxGeorge R. R. Martin
Et tu retourneras à la poussièreRoger Zelasny
Jusqu’à la sixième génération : 1ère partieWalter John Williams
Jusqu’à la sixième génération : 2ème partieWalter John Williams
Jube : troisGeorge R. R. Martin
Le Regard qui tueWalton Simons
Jube : quatreGeorge R. R. Martin
Jusqu’à la sixième génération : épilogueWalter John Williams
Un hiver bien longGeorge R. R. Martin
Jube : cinqGeorge R. R. Martin
Différends familiauxMelinda Snodgrass
Des amis bien utilesVictor Milán
Jube : sixGeorge R. R. Martin
Fausse RoutePat Cadigan
La Comète de monsieur KoyamaWalter John Williams
Le Seuil de la mortJohn J Miller
Jube : septGeorge R. R. Martin

Mon avis :

La première chose que j’ai remarquée à la lecture de la table des matières, c’est que beaucoup moins d’auteurs étaient impliqués. Ce tome repose essentiellement sur deux d’entre eux : Martin et Williams. Pour le coup, l’histoire globale est plus fluide. Il y a une vraie trame narrative avec plusieurs camps qui s’opposent. Les graines plantées en début d’anthologie par Pièce de Sang sont habilement exploitées. Finies les histoires sans liant où chacun présente son personnage issu des sessions de jeu de rôle, cette fois-ci chaque auteur utilise également les avatars des autres et les met en scène. Je ne sais comment cela s’est organisé en coulisse, mais ça crée un effet très sympa. Le style, parfois haché dans le premier tome dû à la diversité des participants, se trouve ici plus compact. Mais au delà de la narration partagée et du découpage en nouvelles, que dire du contenu ?

Le début fut poussif, et ce furent les retrouvailles avec les héros du premier tome qui me maintinrent dans l’histoire. Une fois l’envol pris, j’ai pris un réel plaisir à rencontrer l’Homme Modulaire, Water Lily, de nouveaux As, ou encore Trépas au pouvoir mortel,  à vivre une invasion façon Starcraft qui m’a rappelé ces films ou série B aux effets spéciaux kitsch de mon enfance. Certains personnages comme la grande et puissante Tortue sont un peu plus développés, on creuse leur psychologie, leurs problèmes, car être un super héros n’empêche pas qu’il y ait un revers de médaille. Moins novateur que le premier, il approfondit l’univers uchronique de Wild Cards et creuse les origines extraterrestres du Dr Tachyon que j’aime beaucoup. Très centré sur les As – d’où le titre – les jokers ne sont pas en reste mais n’ont que le second rôle ici. 

Conclusion :

Un avis positif, malgré la centaine de pages à avaler avant de vraiment rentrer dedans. Bien qu’il m’ait moins marqué que le premier qui fut une première entrée en SF – que je qualifierais de pulp – pour moi, j’ai passé un bon moment, la nouveauté et l’émerveillement en moins. Un scénario globalement solide mais un peu gâché par une fin un peu longuette à mon sens. Incontournable ? certainement pas, mais à mettre dans les mains de tous les fans de super héros qui sauvent le monde. Je me tourne à présent vers la suite, Joker’s Wild, qui devrait cette fois-ci inverser la tendance et donner la part belle aux parias du virus tachisien.

La note : 7/10

PS : Si vous voulez un résumé détaillé de chaque nouvelle, je vous renvoie à la page du wiki de la Garde de Nuit spécialisé dans les œuvres de GRR Martin : https://www.lagardedenuit.com/wiki/index.php?title=Wild_Cards_II_:_Aces_High

Edition présenté : Wild Cards II Aces High paru aux éditions Nouveaux Millénaires. traduction Henry-Luc Planchat et Philippe Richard ISBN : 9782290061084

Revue Littéraire : Océan de Rouille de Robert C. Cargill

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Bonne lecture.

Quatrième de couverture

Pendant des décennies ils ont effectué les tâches les plus ingrates, ont travaillé sur les chantiers les plus dangereux. Ils nous ont servi de partenaires sexuels, se sont occupés de nos malades et de nos proches en perte d’autonomie. Puis un jour, face à notre refus de les émanciper, certains d’entre eux ont commencé à nous exterminer.

Quinze ans après l’assassinat du dernier humain, les Intelligence-Mondes et leurs armées de facettes se livrent un combat sans merci pour la domination totale de la planète.

Toutefois, en marge de ce conflit, certains robots, en perpétuelle quête de pièces détachées, vivent en toute indépendance,le plus loin possible des Intelligence-mondes. Fragile est l’un d’eux. Elle écume l’océan de rouille à la recherche de composants à troquer et elle défendra sa liberté jusqu’à la dernière cartouche, si nécessaire

« Un océan de rouille n’est pas un roman, c’est un missile de croisière de quarante mégatonnes – il vous éblouira et vous brûlera jusqu’au cœur. C’est l’œuvre de science-fiction la plus viscérale, implacable et époustouflante depuis Mad Max : Fury Road. »

Joe Hill

Mon avis :

J’avais placé, dans mes prévisions, cette année de lecture sous le signe de la SF, genre que je voulais absolument approfondir. Plusieurs avis positifs glanés ici ou là m’ont guidé vers ce roman qui, d’après le bandeau commercial rédigé par Joe Hill, le fils de Stephen King himself ( ! ), était un vrai Page Turner. Comme je sortais d’un mois Lovecraftien et le style qui va avec, j’avais besoin de légèreté, de dynamisme, et d’action ça tombait bien !

Sur fond d’univers futuriste où les robots dominent la planète, les humains ont disparu depuis plusieurs années, victimes de leur arrogance et de la mauvaise gestion de leur propre création. Nous partageons le point de vue de Fragile, une héroïne attachante et à la fois antipathique à bien des égards, une unité de service. Elle déambule dans le Rusty Ocean (océan de rouille), autrefois la Rusty belt (la ceinture de rouille, nom donné à cette zone du midwest américain où l’industrie automobile était reine autrefois). Cette région devenue aride est une immense décharge robotique où les intelligences artificielles viennent mourir. Fragile se charge de récupérer, selon ses méthodes, des pièces nécessaires à la survie d’autres machines afin d’en faire commerce. Mais les UMI (unité Monde intelligente) livrent une guerre sans merci contre les dernières IA indépendantes comme Fragile. Qu’est-ce que les UMI ? Ce sont d’énormes ordinateurs ou IA contrôlant plein d’autres IA – des facettes – qui ont perdu leur autonomie au profit de ces gigantesques intelligences. Elles absorbent leurs données, effaçant leur personnalité et la remplace par une personnalité unique pour toutes : la leur. Leur but est de contrôler chacune le maximum d’IA pour être la plus grosse entité. Les UMI étaient nombreuses au départ mais il n’en reste plus que deux, qui se livrent une guerre sans merci.

C’est dans ce contexte de conflit des machines dans un monde post-humain que nous suivons les aventures de Fragile et de certains de ses compagnons. Si elle est nos yeux, je n’ai pas forcément aimé sa personnalité, du moins au début. Car malgré ses apparences de bonne conduite, elle est égoïste, arrogante et mortelle. La structure narrative choisie est simple mais efficace. Chaque chapitre est intitulé en code binaire renforçant l’ambiance numérique et l’impression de lire le journal de bord d’une machine. De manière cyclique et alternée, un chapitre narre le présent de l’action et le suivant nous raconte par flashback les événements passés et l’histoire de Fragile en particulier.

Avec un style très visuel et cinématographique – cela tient probablement au fait que l’auteur est avant tout un scénariste pour Hollywood – le lecteur est projeté à la vitesse de la fibre au cœur d’une trame qui démarre de manière conventionnelle mais dont les enjeux sont finalement plus subtils qu’ils n’y paraissent. La lecture est fluide et agréable sans pour autant être simpliste, et le terme Page Turner n’est pas usurpé. Le temps employé est peu commun puisqu’il s’agit du passé composé, mais c’est efficace, ça fonctionne très bien et donne du rythme !

Certaines thématiques sont intéressantes, comme le traitement de l’humanité ou encore l’évolution de la mentalité des machines, car nous retrouvons dans cette conscience qu’acquièrent les IA grâce aux années d’expérience et d’existence certains travers humain, sous-entendant que finalement ces dernières malgré des statistiques et des calculs élaborés et tombant toujours justes, reproduisent exactement les mêmes erreurs que leurs créateurs, dès que les ressentis et la conscience s’en mêlent.

Conclusion :

Avec une histoire à la compréhension aisée malgré le décor futuriste et le vocabulaire informatique, on tourne les pages à grande vitesse, au rythme de l’action quasi constante. Les thèmes restent centrés sur des problématiques somme toute humaines, et permettent au lecteur de se questionner sur notre futur et l’avènement des IA. Ce fut une lecture plaisir sans prise de tête et divertissante, hautement fluide que je recommande à tous ceux qui veulent de la SF naviguant à la limite de Mad Max fury Road et Terminator !

La note : 8/10

Edition présenté «Océan de Rouille» de chez Albin Michel Imaginaire ISBN: 978-2-226-44219-2

Revue Littéraire : Wild Cards, une anthologie présentée par G.R.R Martin.

Nous nous retrouvons enfin après une semaine de pause dans les chroniques. Il me fallait d’abord terminer le premier volume de l’anthologie Wild Cards dirigée par nul autre que le père de la série du Trône de fer ou plus exactement de A Song of Ice and Fire, G.R.R Martin, afin de vous en dresser la revue.

Des années après, quand j’ai vu Michael Rennie sortir de sa soucoupe volante dans Le jour où la terre s’arrêta, j’ai dit à ma femme assise dans le fauteuil voisin : « Voilà un émissaire extraterrestre qui se respecte. » J’ai toujours pensé que c’était l’arrivée de Tachyon qui leur avait donné l’idée du film.

Herbert L Cranston extrait de WILD TIMES: une histoire orale de l’après guerre.

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Quatrième de couverture :

1946. Un virus extraterrestre frappe le monde, tuant quatre-vingt-dix pour cent de ceux qu’il touche. L’immense majorité des survivants subit des mutations délétères, mais quelques élus y gagnent des pouvoirs surnaturels. Parmi ces surhommes, certains ont choisi de défendre ce qu’il reste de la race humaine, tandis que d’autres ont opté pour des voies plus tortueuses…

George R.R. Martin, l’auteur du « Trône de fer », a convoqué certaines des plus fines plumes de la science-fiction américaine (Roger ZelaznyWalter Jon WilliamsLewis Shiner…) pour bâtir un univers post-apocalyptique jouissif dans lequel il revisite l’histoire de la fin du XXe siècle.

Tout d’abord, il s’agit d’une anthologie, c’est à dire d’un ensemble de nouvelles qui ont un thème commun. Voyons en détails quelles sont les nouvelles qui composent ce recueil, puis nous plongeront dans la genèse de celui-ci et mon analyse.

Table des Matières

  • Prologue par George R. R. Martin
  • Trente minutes sur Broadway (Thirty Minutes Over Broadway!) par Howard Waldrop
  • Le Dormeur (The Sleeper) par Roger Zelazny
  • Le Témoin (Witness) par Walter Jon Williams
  • Rites de dégradation  (Degradation Rites) par Melinda Snodgrass
  • Premier Interlude (Interlude One) par George R. R. Martin
  • Capitaine Cathode et l’As clandestin (Captain Cathode and the Secret Ace) par Michael Cassutt
  • Powers (Powers) par David D. Levine
  • Partir à point (Shell Games) par George R. R. Martin
  • Deuxième Interlude (Interlude Two) par George R. R. Martin
  • La Sombre Nuit de Fortunato (The Long Dark Night of Fortunato) par Lewis Shiner
  • Transfigurations (Transfigurations) par Victor Milán
  • Troisième Interlude (Interlude Three) par George R. R. Martin
  • Au tréfonds (Down Deep) par Edward Bryant et Leanne C. Harper
  • Quatrième Interlude (Interlude Four) par George R. R. Martin
  • Ficelles (String) par Stephen Leigh
  • Cinquième Interlude (Interlude Five) par George R. R. Martin
  • La Fille fantôme à Manhattan (Ghost Girl Takes Manhattan) par Carrie Vaughn
  • La Venue du chasseur (Comes a Hunter) par John J. Miller
  • Épilogue : troisième génération (Epilogue: Third Generation) par Lewis Shiner
  • Science du xénovirus : extraits de la documentation (Appendix: The Science of the Wild Card Virus) par Victor Milán

La genèse : 

Wild Cards est donc le premier volume de la saga uchronique du même nom mettant en scène des super-héros dans un XXe siècle où, le , un virus extra-terrestre (mis au point par une faction aristocratique de la planète Takis, pour en éliminer une autre) capable de réécrire l’ADN humain, est libéré au-dessus de Manhattan et décime 90 % de la population qu’il touche. Certains survivants épargnés possèdent des super-pouvoirs, on les appelle « As », tandis que les autres sont victimes de difformités plus ou moins avancées, on les appelle « Joker ». Ce premier recueil est publié pour la première fois en 1987 aux USA. En 2010, une nouvelle édition y ajoutant trois nouvelles supplémentaires est publiée. La série compte à ce jour 27 tomes en version originale (anglais). La traduction française, quant à elle, attendra près de 30 ans! Elle est probablement dûe au succès planétaire de la série TV sur le Trône de Fer de HBO, adaptation de la grande saga littéraire de Martin, permettant ainsi une première mise en rayon en 2014. Mais comment est né ce projet?

Crève, Jetboy! Crève!

Dans les années 80, Martin se fait offrir par un ami le jeu de rôle SuperWorld (et le jeu de rôle c’est bien!). Avec son cercle d’amis écrivains d’Albuquerque au Nouveau Mexique commence une orgie frénétique de jeu qui va durer deux ans…mais qui ne paie pas le crédit de la maison. C’est au moment où George se dit qu’il y aurait peut être de l’argent à faire avec ça que la frénésie redescend. Il en parle à ses amis et leur explique qu’il serait intéressant de créer un univers partagé avec une narration participative, comme dans un jeu de rôle, et où chacun contribuerait à l’histoire en y intégrant son personnage-héros du jeu, via une nouvelle. Lui-seul définirait les règles de rédaction, pour maintenir la cohérence de l’ensemble, il endosse donc le rôle de l’anthologiste. Mais, là où Martin va se faire avoir (du moins au départ), c’est qu’il va confier la rédaction de la première nouvelle du livre à son ami Howard Waldrop, et ce dernier a une idée bien précise de ce qu’il compte faire : une histoire mettant en scène Jetboy, un héros de 19 ans précoce sur bien des aspects, qui vient de rentrer de la Seconde Guerre Mondiale. Attendez, la Seconde Guerre Mondiale? Mais le papa de Fire & Blood  pensait que l’histoire se passerait à notre époque, du moins à celle où il en a eu l’idée, en 1986 (où je n’étais encore qu’un tout petit enfant). Voilà donc 40 ans d’histoire américaine à revisiter! Une aubaine finalement, d’un point vue créatif, selon Martin, et je suis d’accord aussi.

Mon Avis : 

Premier voyage dans la science-fiction pour ma part, après des tentatives à l’adolescence avec 1984 de George Orwell ou La guerre des Mondes de H.G Wells, Wild Cards fut une lecture tantôt passionnante, tantôt ennuyeuse. La structure de l’œuvre elle-même induit ce sentiment, puisque nous passons d’une histoire à une autre, le tout sous la plume de différents auteurs. Alors bien-sûr je n’ai pas la prétention de connaitre ces écrivains puisque je m’intéresse à la SF que d’une manière relative, même s’il y a quand même des noms incontournables comme Herbert, Orwell, Wells, Asimov pour ne citer qu’eux, que je connais sans jamais les avoir lu vraiment. Apparemment, de ce que j’ai lu ici et là, Zelazny serait une pointure, mais une seule nouvelle ne pourrait permettre de juger de son travail.

La première nouvelle est un one-shot, on ne peut plus agréable, teintée d’un coté pulp à l’américaine, avec un héros très humain pour le coup, et un méchant dans la pure tradition des ennemis jurés, comme Moriarty, ou Blofeld dans Sherlock Holmes ou James Bond. Cette nouvelle pose le cadre des événements avec la libération du virus et permet donc la suite de l’histoire. Ici, pas de super pouvoir, pas encore, d’où le coté one-shot, et on peut supposer que Howard Waldrop, l’auteur, n’a pas participé aux séances de jeu puisqu’il ne met pas en scène un héros doté de pouvoir. En tout cas la force de cette nouvelle est qu’ à travers son style, Waldrop nous donne la sensation de lire une de ces histoires de gare des années 50. Je ne la classerai pas, car elle n’est que l’introduction mais c’est pour moi un must de cette anthologie. Les nouvelles suivantes vont s’échelonner de 1946 à 1986 permettant de revisiter l’histoire américaine au travers de la guerre de Corée (Le Témoin), la chasse aux sorcières du sénateur Mac Carthy (Le Témoin, Rites de Dégradations), La Guerre Froide (Powers) et les mouvements hippies et anti-guerre du Viet-Nam (Transfigurations et dans une moindre mesure Ficelles). Toutes les nouvelles citées m’ont plu, pour la bonne et simple raison que j’aime l’histoire (américaine en particulier) et que de pouvoir croiser Harry Truman, Eisenhower ou Allen Dulles au milieu de ces pages fut un vrai bonheur pour moi. Partir à Point de Martin permet de réhabiliter un personnage qui était mal parti, et pourtant se devait d’être un des maillons essentiels de l’histoire. Bien sûr, tous les interludes sous la plume de Martin sont succulents car leur forme change toujours : tantôt un article de presse, tantôt une petite histoire permettant la liaison, tantôt une revue dans un magazine.

Ma nouvelle préférée est sans doute Ficelles de Stephen Leigh, que je classe sur le podium, avec Le Témoin et La fille fantôme de Manhattan. Cette dernière nouvelle, écrite par une femme (Carrie Vaughn) fut une vraie bouffée de plaisir après un trou d’intérêt en deuxième partie de livre, Capitaine Cathode et l’As Clandestin ainsi que Tréfonds postulant au titre de Pires-histoires-ne-servant-à-rien du recueil. Bon je suis mauvaise langue car, semble-t-il, les personnages de Tréfonds font des apparitions dans d’autres histoires des volumes suivants, mais pour le coup cette introduction ne joue pas en leur faveur tant le style et le récit sont ennuyeux.

Parmi les histoires qui m’ont plu mais qui auraient pu mieux faire, on retrouve La Sombre Nuit de Fortunato, qui m’a clairement laissé un gout d’inachevé, l’histoire mêlant SF et fantastique mystique, Transfiguration et La Venue du Chasseur. Mais de ce que j’ai pu feuilleter du tome 2, Aces High, à ma librairie, on retrouve très vite Fortunato 😉 . La venue du Chasseur, dernière vraie nouvelle de l’anthologie, permet de mettre en place un humain sans pouvoir mais terriblement dangereux, dans une trame scénaristique qui va clairement s’exprimer sur plusieurs nouvelles, et pour le coup ça me donne très vite envie d’acheter la suite!

La Note :

7,5/10

L’ensemble est inégal, évidemment me direz-vous vu que c’est une anthologie, mais pose des bases sérieuses à un univers énormément plaisant et dont j’ai envie de découvrir l’évolution. Nul doute que prochainement vous découvrirez dans ces colonnes la revue de Aces High, le deuxième volume de la série. On peut donc penser que l’objectif de ce premier tome est atteint, et que je suis contaminé par le xénovirus 😉 !

Bonsai!

Edition présenté: J’ai Lu (2014) traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti et Henry-Luc Planchat ISBN:9782290068632