Les Ragots de la Taverne #6

Hello There !

Attendez, on va retirer le givre du clavier, ce sera plus pratique pour écrire. Chez vous aussi ça gèle ? Bon j’avoue que j’aurais préféré la neige qui est plus poétique à mon sens que les plaques de verglas luisantes et traitresses qui ne cessent d’apparaitre l’hiver chez moi. Sûrement un relent de mon enfance à la montagne où la neige était notre joie de l’hiver avec les jeux associés qui vont avec. Mais bref, pour l’heure il faut saler l’entrée de la Taverne si on ne veut pas glisser et mettre le client de mauvaise humeur à cause d’un derrière en compote. Ce client toujours prompt à vous incendier et vous tomber dessus alors que le bon sens aurait invité à la prudence. Eh oui, aujourd’hui il faut toujours bien préciser, rappeler, spécifier , justifier, parce que vous comprenez, faire fonctionner son cerveau, c’est compliqué, encore plus quand il s’agit de bon sens. À croire que les écrans ont tout simplement éradiqué notre faculté à réfléchir et analyser. Mais comment l’humanité peut-elle réussir à envoyer des téléscopes dans l’espace ?!

Les « Piliers de la création » photographiés par Hubble puis par James Webb. — Nasa/esa/UPI/SIPA

Il n’empêche, histoire de nous redonner la bonne humeur et la pêche, mon groupe préféré à sorti son deuxième single cette semaine, comme ça, bam! sans prévenir : Screaming Suicide.

Bon, ok, on repasse pour le côté joyeux, et je l’ai moins aimé que le premier single Lux Aeterna. Mais tout de même, 60 ans et toujours autant de rythme, de pêche, de tonicité dans l’exécution. Et un texte comme souvent très engagé. Mais là où il y a 20 ou 30 ans ils auraient juste balancé ça et débrouille toi pour en chercher le sens, gratte sous le vernis de la surface pour y révéler la vraie signification de notre chanson, désormais le clip s’accompagne d’un édito, une description afin de bien prévenir les gens : « attention on ne fait pas l’apologie du suicide, hin, au contraire, on veut aider ceux qui ne se sente pas bien ». Si dorénavant on est obligé de faire ça c’est bien parce que internet est accessible à tous, y compris et surtout aux enfants qui n’ont pas le bagage intellectuel suffisant pour comprendre et analyser la signification de tout ce qu’on y trouve. Alors plutôt que de mettre des avertissements sur les livres comme le souhaite Maxime Chattam – que j’aime beaucoup au passage – je préfererais qu’on trouve un moyen de faire comprendre aux parents qu’une tablette par enfant à la maison ce n’est pas une solution, ni leur rendre service.

La lecture est une question d’envie avant tout et peut permettre d’atteindre une certaine maturité. De toute façon il est plus facile de refermer un livre lorsqu’il devient dérangeant que d’arracher ses yeux d’une vidéo sur youtube lorsqu’un passage n’est pas approprié. Vaste débat je le sais, et c’est avec plaisir que Maxime Chattam peut venir à la Taverne boire un bon café pour en débattre.

Un autre débat a fait rage cette semaine, au delà de l’affaire D&D qui n’en finit pas de ne pas terminer, mais que par chez moi on boycotte plus que jamais, délaissant l’héroic fantasy pour des rivages plus horrifiques avec L’appel de Cthulhu, jeu pour lequel je compte continuer à présenter la gamme au travers de quelques articles et notamment sa version dérivée contemporaine, Delta Green, qui me hype de fou, ou encore Vampire du Monde des ténèbres dont j’ai déjà parlé également et qui mérite une exposition plus conséquente sur mon blog tant l’univers est unique. Non l’autre débat c’est cet article assez à charge du Figaro sur Levy et Musso, demandant lequel des deux est le plus nul. Pour info, je ne lis aucun des deux, et je ne pense pas que je les lirai un jour, pas du tout mon genre. Je ne me prononcerai pas sur leur qualité respective, mais que si l’article dérange, c’est probablement qu’il y a un malaise dans ce que l’édition propose aujourd’hui et comment elle le fait, et surtout dans ce que les gens consomment. Finalement le reflet de notre société pose question. Mais rassurez-vous, en leur temps des Huxley et Orwell ou encore plus tôt, des Flaubert et des Balzac, n’étaient pas très jouasses de ce qu’ils voyaient aussi, donc tout va bien, nous sommes toujours sur les même rails, le paysage et la destination n’ont pas changé !

Allez, bonsai !

Toutes les images présentées dans cet article sont la propriété exclusive de leurs auteurs.

3 réflexions sur “Les Ragots de la Taverne #6

  1. J’aime beaucoup ton billet, et je ne suis pas tellement d’accord avec des avertissement sur les livres. Il faut cesser de tout aseptiser et surtout d’infantiliser et déresponsabiliser à la moindre occasion. C’est aux parents de surveiller, d’expliquer et d’EDUQUER, pas à la société et certainement pas aux gouvernements ni aux écrivains.
    Le débat Musso, Levy souligne aussi ce que tu écrivais, il n’y a pas très longtemps, avec une abondance et consumérisme qui tue la qualité et rend bien moins exigeant, il suffit de lire quelques livres de fantasy pour se rendre compte que le style s’est largement appauvri, et que les rares qui ont un style relevé sont considérés comme pédants. Parfois, il y en a , parfois c’est un simplement un amour d’une belle langue.

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    • Je rejoins ton point de vue sur l’asspetisation ambiante du moment, tout comme l’inclusivité systématique mettant en avant la différence et les minorités. Je suis pour le respect de ces différences, m’étant senti moi-même plus d’une fois différent sur plein de points, pour autant on n’a pas besoin d’être brandi comme un étendard pour mettre en avant une entité qui finalement ne t’utilise bien souvent là encore que dans un but consumériste. Comme avait dit Freddy Mercury au sujet de sa maladie: « je ne dirai rien, je refuse d’être leur porte drapeau ou quoi que ce soit du genre». Visionnaire. Pour en revenir à l’éducation, et aux protections en tout genre, je doute que ça favorise un apprentissage efficace. L’adulte doit être là pour guider, suivre, surveiller, mais tu comprends, ça signifie ne faire que ça et ne pas pouvoir aller engloutir sa série Netflix en jouant à Candy Crush sur son téléphone… trop dur !

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    • Concernant Musso/Levy, au-delà des rentrées littéraires aux 1000 bouquins chaque année et de l’appauvrissement de la langue et du style, ce que j’ai vu dans article de Charles Edouard Henri pour le Figaro, c’est surtout le fait de cracher sa jalousie parce que ces deux là vendent des millions de bouquins, et du mépris pour tous les lecteurs qui les achètent. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, on vdait droit à des titres d’articles du genre « les français ne lisent plus ». Je ne prêche pas pour Musso et Levy, je ne les ai jamais lus, mais le ton de l’article, très à charge contre les deux, m’a quelque peu fait tiquer et en tant que lectrice d’auteurs populaires tel Stephen King, je me suis sentie concernée et jugée par un type qui pense pouvoir dire ce qui est bon à lire et ce qui ne l’est pas. Alors que la lecture, c’est aussi une histoire de goût 😉

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