Jeu de Rôle : Manuel de l’investigateur -L’appel de Cthulhu (Edge Studio).

Bonjour à tous !

Chers lecteurs, et lectrices*, me voici tant bien que mal comme chaque semaine avec mon petit article, et il n’est pas évident de respecter les délais de parution – vaste sujet dans le monde de l’édition, c’est ce que nous allons voir. En effet, la OnosCorp ®© est dans la tourmente depuis plusieurs mois suite à une rupture de convergence d’intérêts entre ses actionnaires et une délocalisation s’impose dans des conditions assez complexes. Néanmoins, malgré la Covid, malgré les aléas personnels, malgré Jean-Michel Blanquer (parce que !), je ferai tout ce que y est en mon pouvoir pour essayer de concrétiser tous ces beaux projets annoncés lors de mon article de bonne année.

* Désolé je ne maîtrise pas du tout l’écriture inclusive, peu de chance que vous en voyez ici !

Afin de continuer dans la lignée de la semaine dernière, je vais à nouveau vous présenter un jeu de Rôle inspiré de l’univers d’un auteur, L’Appel de Cthulhu, de Lovecraft, publié chez Chaosium en anglais et depuis peu repris par Edge pour la localisation et la distribution en France, après des licences détenues par Descartes, puis les éditions Sans détour, dont la fin fut tragique. Cette présentation concerne la nouvelle édition de chez Edge qui m’a énormément séduite et dont je viens d’acquérir le Manuel de l’Investigateur. Il s’agit de la 7e version (V7) du jeu, ce qui en dit long sur sa longévité ! À chaque fois que je ferai un comparatif dans cet article entre l’édition d’Edge et la précédente, celle de Sans Détour, il s’agira uniquement de la V7.

Le jeu permet d’incarner des personnages à multiples époques, mais essentiellement dans les années 20, qui vont conduire des investigations aux frontières du réel, les menant sur les traces des créatures et autres mythes chers au maitre de Providence. C’est un jeu où la narration et l’ambiance sont les pierres angulaires de la partie, ainsi que la perspicacité des joueurs s’ils veulent éviter la folie ou une mort certaine lors de leur immersion dans les horreurs et les secrets anciens de notre monde.

Le manuel de l’investigateur

Il s’agit d’un manuel dédié aux joueurs. D’un format agréable et d’une taille accessible aux poignets fragiles – on est loin des pavés de certaines gammes – l’ouvrage est très bien conçu avec ces 286 pages. Voici le chapitrage :

Le chapitrage est clair, bien ordonné, on peut voir, après une section sur ce qu’est le jeu de rôle, incluant un exemple rédigé de comment se déroule une partie – section quasi commune à tout manuel de JDR aujourd’hui, ce qui a sans doute conduite à son renouveau flamboyant depuis quelques années, que le confinement est venu confirmer et amplifier – une nouvelle de Lovecraft afin de présenter l’univers de l’auteur : L’abomination de Dunwitch. Ce n’est pas ma préférée bien qu’elle soit bien représentative de son univers et bien écrite – ce qui n’est pas le cas de tout chez lui. Mais malheureusement celles que j’adore, comme Les Montagnes Hallucinées, sont trop longues pour ce type d’ouvrage. Quoiqu’il en soit, bien que je trouve l’idée intéressante, je me pose la question de ce type de contenu dans un ouvrage JDR surtout pour quelque chose d’aussi long. On aurait très bien pu renvoyer aux textes de l’auteur en donnant quelques références et ainsi libérer de l’espace dans la pagination pour d’autres choses.

Le cœur du livre concerne la création des investigateurs, c’est-à-dire l’avatar que vous allez incarner au cours de la partie. Pour le coup je suis extrêmement ravi par le contenu ainsi que la mise en forme. Là où l’édition de Sans Détour était sur 3 colonnes, avec des photos dont les droits ont parfois été bafoués, et aux goûts discutables, et dont la compréhension était alourdie par une écriture assez petite – peut-être afin de créer une impression élitiste de jeu compliqué comme ce fut le cas aux débuts du JDR – Edge favorise les illustrations qui permettent à l’imagination de s’emballer plus à mon sens, et une mise en page aérée et ultra accessible. Si de grands empans de texte sont identiques, la typographie, les tableaux, la tonalité visuelle avec son papier légèrement beige suggérant la couleur du papier du XXe siècle ou encore ses lignes de séparation ou en liseré parsemées de tentacules, ni trop gros, ni trop petit, affirmant l’ambiance, sont une réussite. Le produit est super bien pensé afin de faciliter la compréhension et la prise en main rapide y compris pour le novice.

Les doubles pages de chapitrages sont l’occasion d’une magnifique illustrations et d’un passage de Lovecraft.

Après la nouvelle du chapitre 2, les chapitres 3,4 et 5 se concentrent sur l’aspect technique du personnage et sa création : ses caractéristiques, son occupation – en quelque sorte son métier – et ses compétences. On retrouve cet aspect dans quasi tous les jeux de rôle. C’est dans cette partie que l’on va découvrir le système basé en fait sur des jets de pourcentage : votre compétence à une valeur sur 100 après achat de points que vous répartissez et, lors de vos jets, vous devez faire un score inférieur à cette valeur. Il peut y avoir différents types de réussites déterminées par votre résultat, ainsi plus votre score est proche de 1, plus vous avez de chance de faire une réussite critique, voire extrême.

Enfin le 6e chapitre nous présente quelques organisations dont les joueurs peuvent vouloir faire partie, ainsi que des fiches de personnages pré-tirés de membres pour chacune d’elles.

Au rang des chapitres qui m’ont énormément plu, ce sont essentiellement les 3 derniers :

  • 7 – Le quotidien des investigateurs
  • 8 – Les années folles aux États-Unis
  • 9 – Conseils aux Joueurs

Ces chapitres sont une mine d’or d’immersion et permettent aux futurs investigateurs de pouvoir appréhender au mieux l’univers, l’ambiance et le déroulement d’une partie. Il y a plein de bons conseils dans le 9e chapitre, y compris pour des rôlistes aguerris.

Enfin la dernière section avant le traditionnel index – pas toujours pratique et complet dans certains cas, mais ici je ne me prononcerai pas par manque de navigation – consiste en un recueils d’annexes que je trouve très pratique. Un tableau chronologique du xxe siècle afin de pouvoir camper son histoire à n’importe quelle période, ou encore des tableaux de rapports de distances de moyens de locomotions, jusqu’aux produits disponibles dans les années 20 ainsi que leur prix, la traditionnelle armurerie avec les statistiques des armes, leurs particularités. Enfin un guide de conversion avec les anciennes éditions, peu utile dans mon cas puisque je n’y ai jamais joué avant, et des cartes ! Ahhh… mon péché mignon en tant que fan d’histoire-géo.

Évidemment en toute fin de manuel, il y a la fiche de personnage à photocopier, même si pour ma part je préfère toujours récupérer le document numérique proposé sur les sites des éditeurs afin de l’imprimer.

Conclusion :

Un ouvrage de haute qualité qui m’a ravi sur tous ses points et qui dépasse de loin son prédécesseur de chez Sans Détour. Il faut savoir que ce n’était pas forcément gagné avec cet éditeur qui a connu des années plutôt compliquées, notamment au niveau des délais de parution mais aussi sur la qualité de certains ouvrages. Je me rappelle d’un manuel du Livre des 5 anneaux de la précédente version (la V4) que j’ai reçu, dont la couverture était mal collée et où la tranche des différents livres de la gamme étaient de hauteurs différentes. Mais depuis le rachat par Asmodée et sa fusion avec FFG afin de former Edge studio, la qualité est vraiment au rendez-vous, que ce soit tant au niveau des ouvrages que du rythme de parution et du suivi de gamme. L’équipe semble disposer de nouveaux moyens lui permettant de mener à bien ses projets ambitieux. Je ne vous ai présenté ici que le manuel de l’investigateur nécessaire pour tous joueurs. Si l’on choisit de maîtriser il vous faudra également investir dans le manuel du gardien. Plusieurs suppléments sont déjà parus et d’autres sont en cours de production, dont un qui a été annoncé récemment lors d’un live sur Rôliste TV : l’équipe proposera un cadre de jeux autour de la ville de Marseille, après celui sorti présentant Berlin. Il s’agit donc d’une création purement française ! Une gamme donc qui a un bel avenir en français et qui ravira tous les fans de cet univers horrifique.

Vous pouvez retrouver le manuel sur le site de l’éditeur ici au prix assez intéressant de 39,95€, ainsi que le live de Rôliste TV .

Comme toujours merci de m’avoir lu, j’espère que cet article vous aura éclairé et plu, et que cela vous donnera envie d’incarner un des nombreux protagonistes chers à Lovecraft qui se retrouvent confrontés à l’indicible et à l’horreur cosmique. N’hésitez pas à m’en parler en commentaire.

Bonsai !