Revue Littéraire : Wild Cards, une anthologie présentée par G.R.R Martin.

Nous nous retrouvons enfin après une semaine de pause dans les chroniques. Il me fallait d’abord terminer le premier volume de l’anthologie Wild Cards dirigée par nul autre que le père de la série du Trône de fer ou plus exactement de A Song of Ice and Fire, G.R.R Martin, afin de vous en dresser la revue.

Des années après, quand j’ai vu Michael Rennie sortir de sa soucoupe volante dans Le jour où la terre s’arrêta, j’ai dit à ma femme assise dans le fauteuil voisin : « Voilà un émissaire extraterrestre qui se respecte. » J’ai toujours pensé que c’était l’arrivée de Tachyon qui leur avait donné l’idée du film.

Herbert L Cranston extrait de WILD TIMES: une histoire orale de l’après guerre.

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Quatrième de couverture :

1946. Un virus extraterrestre frappe le monde, tuant quatre-vingt-dix pour cent de ceux qu’il touche. L’immense majorité des survivants subit des mutations délétères, mais quelques élus y gagnent des pouvoirs surnaturels. Parmi ces surhommes, certains ont choisi de défendre ce qu’il reste de la race humaine, tandis que d’autres ont opté pour des voies plus tortueuses…

George R.R. Martin, l’auteur du « Trône de fer », a convoqué certaines des plus fines plumes de la science-fiction américaine (Roger ZelaznyWalter Jon WilliamsLewis Shiner…) pour bâtir un univers post-apocalyptique jouissif dans lequel il revisite l’histoire de la fin du XXe siècle.

Tout d’abord, il s’agit d’une anthologie, c’est à dire d’un ensemble de nouvelles qui ont un thème commun. Voyons en détails quelles sont les nouvelles qui composent ce recueil, puis nous plongeront dans la genèse de celui-ci et mon analyse.

Table des Matières

  • Prologue par George R. R. Martin
  • Trente minutes sur Broadway (Thirty Minutes Over Broadway!) par Howard Waldrop
  • Le Dormeur (The Sleeper) par Roger Zelazny
  • Le Témoin (Witness) par Walter Jon Williams
  • Rites de dégradation  (Degradation Rites) par Melinda Snodgrass
  • Premier Interlude (Interlude One) par George R. R. Martin
  • Capitaine Cathode et l’As clandestin (Captain Cathode and the Secret Ace) par Michael Cassutt
  • Powers (Powers) par David D. Levine
  • Partir à point (Shell Games) par George R. R. Martin
  • Deuxième Interlude (Interlude Two) par George R. R. Martin
  • La Sombre Nuit de Fortunato (The Long Dark Night of Fortunato) par Lewis Shiner
  • Transfigurations (Transfigurations) par Victor Milán
  • Troisième Interlude (Interlude Three) par George R. R. Martin
  • Au tréfonds (Down Deep) par Edward Bryant et Leanne C. Harper
  • Quatrième Interlude (Interlude Four) par George R. R. Martin
  • Ficelles (String) par Stephen Leigh
  • Cinquième Interlude (Interlude Five) par George R. R. Martin
  • La Fille fantôme à Manhattan (Ghost Girl Takes Manhattan) par Carrie Vaughn
  • La Venue du chasseur (Comes a Hunter) par John J. Miller
  • Épilogue : troisième génération (Epilogue: Third Generation) par Lewis Shiner
  • Science du xénovirus : extraits de la documentation (Appendix: The Science of the Wild Card Virus) par Victor Milán

La genèse : 

Wild Cards est donc le premier volume de la saga uchronique du même nom mettant en scène des super-héros dans un XXe siècle où, le , un virus extra-terrestre (mis au point par une faction aristocratique de la planète Takis, pour en éliminer une autre) capable de réécrire l’ADN humain, est libéré au-dessus de Manhattan et décime 90 % de la population qu’il touche. Certains survivants épargnés possèdent des super-pouvoirs, on les appelle « As », tandis que les autres sont victimes de difformités plus ou moins avancées, on les appelle « Joker ». Ce premier recueil est publié pour la première fois en 1987 aux USA. En 2010, une nouvelle édition y ajoutant trois nouvelles supplémentaires est publiée. La série compte à ce jour 27 tomes en version originale (anglais). La traduction française, quant à elle, attendra près de 30 ans! Elle est probablement dûe au succès planétaire de la série TV sur le Trône de Fer de HBO, adaptation de la grande saga littéraire de Martin, permettant ainsi une première mise en rayon en 2014. Mais comment est né ce projet?

Crève, Jetboy! Crève!

Dans les années 80, Martin se fait offrir par un ami le jeu de rôle SuperWorld (et le jeu de rôle c’est bien!). Avec son cercle d’amis écrivains d’Albuquerque au Nouveau Mexique commence une orgie frénétique de jeu qui va durer deux ans…mais qui ne paie pas le crédit de la maison. C’est au moment où George se dit qu’il y aurait peut être de l’argent à faire avec ça que la frénésie redescend. Il en parle à ses amis et leur explique qu’il serait intéressant de créer un univers partagé avec une narration participative, comme dans un jeu de rôle, et où chacun contribuerait à l’histoire en y intégrant son personnage-héros du jeu, via une nouvelle. Lui-seul définirait les règles de rédaction, pour maintenir la cohérence de l’ensemble, il endosse donc le rôle de l’anthologiste. Mais, là où Martin va se faire avoir (du moins au départ), c’est qu’il va confier la rédaction de la première nouvelle du livre à son ami Howard Waldrop, et ce dernier a une idée bien précise de ce qu’il compte faire : une histoire mettant en scène Jetboy, un héros de 19 ans précoce sur bien des aspects, qui vient de rentrer de la Seconde Guerre Mondiale. Attendez, la Seconde Guerre Mondiale? Mais le papa de Fire & Blood  pensait que l’histoire se passerait à notre époque, du moins à celle où il en a eu l’idée, en 1986 (où je n’étais encore qu’un tout petit enfant). Voilà donc 40 ans d’histoire américaine à revisiter! Une aubaine finalement, d’un point vue créatif, selon Martin, et je suis d’accord aussi.

Mon Avis : 

Premier voyage dans la science-fiction pour ma part, après des tentatives à l’adolescence avec 1984 de George Orwell ou La guerre des Mondes de H.G Wells, Wild Cards fut une lecture tantôt passionnante, tantôt ennuyeuse. La structure de l’œuvre elle-même induit ce sentiment, puisque nous passons d’une histoire à une autre, le tout sous la plume de différents auteurs. Alors bien-sûr je n’ai pas la prétention de connaitre ces écrivains puisque je m’intéresse à la SF que d’une manière relative, même s’il y a quand même des noms incontournables comme Herbert, Orwell, Wells, Asimov pour ne citer qu’eux, que je connais sans jamais les avoir lu vraiment. Apparemment, de ce que j’ai lu ici et là, Zelazny serait une pointure, mais une seule nouvelle ne pourrait permettre de juger de son travail.

La première nouvelle est un one-shot, on ne peut plus agréable, teintée d’un coté pulp à l’américaine, avec un héros très humain pour le coup, et un méchant dans la pure tradition des ennemis jurés, comme Moriarty, ou Blofeld dans Sherlock Holmes ou James Bond. Cette nouvelle pose le cadre des événements avec la libération du virus et permet donc la suite de l’histoire. Ici, pas de super pouvoir, pas encore, d’où le coté one-shot, et on peut supposer que Howard Waldrop, l’auteur, n’a pas participé aux séances de jeu puisqu’il ne met pas en scène un héros doté de pouvoir. En tout cas la force de cette nouvelle est qu’ à travers son style, Waldrop nous donne la sensation de lire une de ces histoires de gare des années 50. Je ne la classerai pas, car elle n’est que l’introduction mais c’est pour moi un must de cette anthologie. Les nouvelles suivantes vont s’échelonner de 1946 à 1986 permettant de revisiter l’histoire américaine au travers de la guerre de Corée (Le Témoin), la chasse aux sorcières du sénateur Mac Carthy (Le Témoin, Rites de Dégradations), La Guerre Froide (Powers) et les mouvements hippies et anti-guerre du Viet-Nam (Transfigurations et dans une moindre mesure Ficelles). Toutes les nouvelles citées m’ont plu, pour la bonne et simple raison que j’aime l’histoire (américaine en particulier) et que de pouvoir croiser Harry Truman, Eisenhower ou Allen Dulles au milieu de ces pages fut un vrai bonheur pour moi. Partir à Point de Martin permet de réhabiliter un personnage qui était mal parti, et pourtant se devait d’être un des maillons essentiels de l’histoire. Bien sûr, tous les interludes sous la plume de Martin sont succulents car leur forme change toujours : tantôt un article de presse, tantôt une petite histoire permettant la liaison, tantôt une revue dans un magazine.

Ma nouvelle préférée est sans doute Ficelles de Stephen Leigh, que je classe sur le podium, avec Le Témoin et La fille fantôme de Manhattan. Cette dernière nouvelle, écrite par une femme (Carrie Vaughn) fut une vraie bouffée de plaisir après un trou d’intérêt en deuxième partie de livre, Capitaine Cathode et l’As Clandestin ainsi que Tréfonds postulant au titre de Pires-histoires-ne-servant-à-rien du recueil. Bon je suis mauvaise langue car, semble-t-il, les personnages de Tréfonds font des apparitions dans d’autres histoires des volumes suivants, mais pour le coup cette introduction ne joue pas en leur faveur tant le style et le récit sont ennuyeux.

Parmi les histoires qui m’ont plu mais qui auraient pu mieux faire, on retrouve La Sombre Nuit de Fortunato, qui m’a clairement laissé un gout d’inachevé, l’histoire mêlant SF et fantastique mystique, Transfiguration et La Venue du Chasseur. Mais de ce que j’ai pu feuilleter du tome 2, Aces High, à ma librairie, on retrouve très vite Fortunato 😉 . La venue du Chasseur, dernière vraie nouvelle de l’anthologie, permet de mettre en place un humain sans pouvoir mais terriblement dangereux, dans une trame scénaristique qui va clairement s’exprimer sur plusieurs nouvelles, et pour le coup ça me donne très vite envie d’acheter la suite!

La Note :

7,5/10

L’ensemble est inégal, évidemment me direz-vous vu que c’est une anthologie, mais pose des bases sérieuses à un univers énormément plaisant et dont j’ai envie de découvrir l’évolution. Nul doute que prochainement vous découvrirez dans ces colonnes la revue de Aces High, le deuxième volume de la série. On peut donc penser que l’objectif de ce premier tome est atteint, et que je suis contaminé par le xénovirus 😉 !

Bonsai!

Edition présenté: J’ai Lu (2014) traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti et Henry-Luc Planchat ISBN:9782290068632

Revue Littéraire : Le Cinquième Règne de Maxime Chattam

Chose promise, chose dûe! Voici ma revue sur Le Cinquième Règne de Maxime Chattam.

J’ai découvert l’auteur au mois de mars alors que je cherchais à renouveler mes lectures. Plutôt attiré par les auteurs anglo-saxons qui traitent de fantastique et de fantasy, je me suis demandé si par hasard en France on ne pouvait pas trouver de bons auteurs dans les mêmes domaines. J’ai donc cherché et j’ai fini par entendre parler de la série Autre-Monde de Maxime Chattam. Histoire d’avoir un meilleur relief de l’auteur, avant de sortir de ma librairie, j’ai acheté un autre livre dont la quatrième de couverture m’attirait particulièrement et me promettait de m’emmener au coin de la rue, là-bas dans le noir…

Résumé (quatrième de couverture) :

Ils auraient dû se méfier.

Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre du jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Reposer ce vieux grimoire poussiéreux tant qu’il était encore temps.

Et surtout… ne pas en tourner les pages.
À présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu: à Edgecombe,
petite ville tranquille de Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition…

Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l’humanité ?

Mon avis :

« Ce livre ne recèle pas la foi. Il ne contient pas la connaissance universelle. Mais ce livre est dangereux ; dans ses pages se cachent le Savoir, la mort n’y est plus mystérieuse, et la vie le devient. Sache, ô lecteur, que ce livre t’est interdit. »

Au-dessous venait la signature : La Confrérie des Arcanes.

Maxime Chattam, le 5e Règne.

Il s’agit d’un premier roman et ça se sent. Maxime Chattam explique dans la préface que ce livre fut d’abord édité sous le pseudonyme de Maxime Williams car il avait peur que son public soit déstabilisé par un roman fantastique imaginaire alors que le précédent (L’âme du mal) était résolument ancré dans la réalité de notre monde. Quand je dis que l’on sent le premier roman, c’est avec beaucoup d’empathie et de bienveillance, car c’était exactement la tonalité qu’il fallait à cette histoire. L’auteur tente de réveiller en nous la magie, et on devine les inspirations, puissantes encore car récentes, dans les veines du jeune écrivain en herbe : Stephen King, Le film les Goonies, et peut-être d’autres références cinématographiques plus noires encore comme Evil Dead ou Les Griffes de la Nuit. Ce livre m’a replongé dans mon adolescence et sa lecture fut rafraîchissante. Je sortais d’Histoire de Lisey de Stephen King et j’avais besoin de moins de complexité. Attention, moins complexe ne veux pas dire moins bon, bien au contraire!

Maxime Chattam plante le décor d’une petite ville de Nouvelle Angleterre, Edgecombe, qui est le nom qu’il a donné à sa résidence actuelle en France, qui semble des plus calmes et banales, tout ça après un prologue se passant au Moyen Âge, un peu plus remuant et effrayant. Rien qu’avec ces ingrédients, j’étais déjà conquis, car je marchais en terre connue, en tant que grand fan du King avec ses romans dont l’action se situe souvent dans le Maine, et ma passion de l’Histoire. Très rapidement, on retrouve les ambiances de ses futurs romans, avec un tueur qui sévit, et des crimes atroces. Les adolescents sont ses cibles et nous rencontrons bientôt les héros de l’histoire :  SeanLewis, Zach, Meredith, Eveana, Gregor et Tom. Je ne vais pas m’attarder sur eux, car je me suis attaché à tous les personnages, chose que je n’ai pas réussi à faire lors de ma lecture de La conjuration Primitive. Mais ils ont chacun une personnalité bien à eux et sont remarquablement bien brossés.

À partir du moment où Sean et les autres découvrent le livre, tout démarre et l’histoire se transforme en un récit fantastique, où s’entremêlent FBI, shérif, puissances ésotériques, personnages adultes charismatiques, et un tueur fou, le tout pour mon plus grand bonheur! Au rang des scènes qui m’ont le plus impressionné, une chasse à l’homme dans les sous-sols d’une usine désaffectée, une séance de spiritisme qui m’a curieusement rappelé mon adolescence et un final haletant dans une maison qui ressemble à s’y méprendre à Marsten House (pour ceux qui la connaissent). J’ai beaucoup aimé la référence au Magicien d’Oz, avec cette histoire de château d’eau, qui revient comme un gimmick sur les lèvres de Lewis, et le personnage d’Aaron n’a pas été sans me rappeler un certain Henry Bowers de Ça. On peut aussi se demander si la présence des Druides n’est pas la réminiscence d’une lecture des Chroniques de Shannara de Terry Brooks . Il y a beaucoup de thèmes abordés et d’idées très intéressantes proposées dans ce livre, comme la notion de communion après la mort avec la vie qui emplit l’univers, mais ce n’est pas le but de ce récit, et l’auteur n’a pas trop voulu remanier son histoire lors de la nouvelle édition (sous son nom de plume cette fois), ce qui aurait conduit, peut-être, à mettre plus en valeur certains thèmes, occultant finalement le vrai message du livre, sa thématique principale.

Tirer un trait définitif sur ses jouets, c’était enterrer son enfance à jamais. C’était creuser ce fossé qui éloigne pour l’éternité les adultes du monde des féeries juvéniles, cela revenait à renoncer à la magie de l’enfance. Il aimait trop ce monde où l’on pouvait encore se donner l’illusion d’être vraiment quelqu’un d’autre.

Maxime Chattam, le 5e Règne.

Évidemment, les adultes sont présents, ce n’est pas qu’une histoire d’adolescent. Mais ils ne servent qu’à mettre en lumière l’ultime vérité de cette histoire, la thématique principale du livre : passer à l’âge adulte casse la magie de l’enfance et la force de CROIRE. De croire? Mais à quoi? Et bien aux dragons, au monde des esprits, au Mal absolu et au Bien immaculé (le blanc et le noir), au pays Imaginaire et à Peter Pan, au terrier d’Alice, aux Elfes, aux Nains et aux Hobbits. Et c’est bien le message délivré par ce livre écrit par un auteur en train de lui aussi passer à l’âge adulte, mais craignant de perdre cette magie. Celle de l’imagination. Qu’il soit rassuré, il ne l’a pas perdu.

Alors clairement, c’est dans ce style que je préfère Maxime Chattam. D’ailleurs le livre a reçu le prix du roman fantastique du festival Fantastic’Art de Gérardmer (ville des Vosges de mon enfance, ma double origine). Il prouve également qu’il n’est pas enfermé que dans un genre, celui du thriller policier, même s’il s’agit aussi ici d’un thriller, mais fantastique. Avec Autre-Monde dont je vous parlerai bientôt, il revisite la fantasy et là encore j’ai adoré.  Comme je suis un lecteur ouvert qui aime englober l’univers d’un auteur dans sa totalité, j’ai déjà d’autres thrillers policier de sa plume dans ma PAL, comme L’âme du Mal ou Que ta volonté soit faite, ce qui me permettra de savoir s’il peut me réconcilier avec le genre, même si je reste un rêveur comme Sean, avide de dragons, de magie, d’ésotérique et de surnaturel.

La note :

9/10

Il y a 15 jours je vous disais que j’attendais avec impatience de lire le nouveau Maxime ChattamLe signal, qui lui aussi est un thriller fantastique, mais en version poche pour raison de place, mais je ne suis pas sûr de tenir jusque là tant l’ouvrage semble somptueux, et je suis un amoureux de l’objet livre. Je ne pense pas qu’il m’en voudra de lui faire un peu de pub ici, alors :

En tout cas j’espère que cette revue vous a plu, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires et remarques, et attendant la prochaine je vous dis…

Bonsai!

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2006) (Format POCHE) ISBN: 9782266143776.

Revue Musicale : Dance of Death – Iron Maiden .

Est-il encore besoin de présenter Iron Maiden?

Pionnier parmi les pionniers de ce qui est appelé la New wave of British heavy metal, aux cotés de Saxon et Judas Priest entre autres, Iron Maiden représente l’un des plus grands succès commerciaux du heavy metal, ayant vendu près de 100 millions d’albums.

Ami du Rock Bonjour!

Est-il encore besoin de présenter Iron Maiden?

Pionnier parmi les pionniers de ce qui est appelé la New wave of British heavy metal, aux cotés de Saxon et Judas Priest entre autres, Iron Maiden représente l’un des plus grands succès commerciaux du heavy metal, ayant vendu près de 100 millions d’albums. Leur sens de la mélodie et une certaine complexité les rapprochent du metal progressif, bien que sur les deux premiers albums on aurait pu les cataloguer plus proches du style punk, en perte de vitesse au début des années 80, au moment où Maiden sort son tout premier album. D’ailleurs Paul Di’ Anno, leur premier chanteur, avait tout du frontman punk, et ce n’est sûrement pas anodin si Bruce Dickinson finira par le remplacer, permettant ainsi au groupe d’évoluer et de ne pas se laisser enfermer dans un genre assez confiné finalement.

Pour ceux qui ne le saurait pas encore, le nom du groupe se réfère à un instrument de torture médiéval : la vierge de fer. Leur mascotte, Eddie, sort de l’imagination du dessinateur Derek Riggs, qui  dessinera quasiment toutes les pochettes, du moins jusqu’en 1992.

Le groupe a fréquemment été accusé de satanisme, à cause notamment de l’imagerie fantastique véhiculée ou de leurs références aux écrits bibliques tels que l’Apocalypse ou encore aux écrits de Aleister Crowley, un écrivain occultiste du début du 20ème siècle. Le groupe a toujours démenti ces accusations.

Track List

No Titre Crédit(s) Durée
1. Wildest Dreams Harris, Smith 3:52
2. Rainmaker Harris, Dickinson, Murray 3:48
3. No More Lies Harris 7:22
4. Montsegur Harris, Dickinson, Gers 5:50
5. Dance of Death Harris, Gers 8:36
6. Gates of Tomorrow Harris, Dickinson, Gers 5:12
7. New Frontier Smith, Dickinson, McBrain 5:04
8. Paschendale Harris, Smith 8:28
9. Face in the Sand Harris, Dickinson, Smith 6:32
10. Age of Innocence Harris, Murray 6:10
11. Journeyman Harris, Dickinson, Smith, 7:03

Analyse des chansons:

Dance of Death est le second album avec Bruce Dickinson, après l’intermède Blaze Bayley. Pour tout fan de Maiden, le retour du grand Bruce après son exil en carrière solo avait été un grand moment. Je me rappelle encore mon cri dans ma maison de presse habituelle à Vittel à l’époque, quand sur la Une de Hard  Force magazine , il y avait ça :

Hard force.png
Le regretté Hard Force mon mag’ metal préféré à l’époque.

Il était donc revenu. Et après un premier album de reformation très bon et prometteur (Brave New World), le groupe nous livrait, 3 ans après, la suite avec ce nouveau Line-up à 3 guitares, puisqu’ Adrian Smith était lui aussi revenu en même temps que  Bruce, après une escapade de 10 ans (il a quitté le groupe juste après la tournée de Seventh Son of a Seventh Son en 1989). Alors quelle place pour ce Dance of death dans la discographie du groupe?

Le groupe décrit l’album comme épique car il aborde des thèmes complexes comme la place de l’Homme dans le monde (Gate of Tomorrow , Face in the Sand), Dieu (New Frontier). L’Histoire se taille une belle part avec l’enfer des tranchées de la Première Guerre Mondiale, dans le saillant d’Ypres à Paschendale, bataille opposant anglais et allemand, et les guerres religieuses, avec le titre Montsegur qui fait référence au célèbre château cathare. Pour la première fois, le batteur Nicko McBrain est crédité pour des paroles d’une chanson avec New Frontier.

Le titre phare fait référence à la danse macabre, un thème artistique chrétien du Moyen Âge sur la mort. Et pour basculer sur l’aspect musical, il s’agit bien ici d’une danse, d’un point de vue technique, avec sa mélodie enlevée et ses parties superposées de guitares. Maiden a cette capacité à créer des ambiances dans ses musiques, qui illustrent parfaitement les textes qui les accompagnent, depuis toujours. Le titre d’ouverture Wildest Dream, avec son refrain accrocheur, nous entraîne, et très vite on se retrouve avec le punchy Rainmaker et sa petite ligne de guitare entêtante. On est dans un titre bien heavy, pur tradition. No more Lies est un classique et rien qu’à la première écoute, on sait déjà que c’est Steve Harris le bassiste, fondateur du groupe, qui l’a composé. Les refrains répétitifs à souhait, et les pont mélodiques à 2 guitares en accord de quinte, sont sa marque de fabrique. Celui-ci pour le coup n’est pas très emballant contrairement à d’autre de la même veine et heureusement que Montségur arrive avec ses riffs en cavalcades, et son refrain hyper accrocheur. Pareil, rien de novateur, pour le coup, mais un morceau efficace! Après le titre éponyme, qui rappelle les grandes pièces instrumentales du groupe comme Phantom of the Opera ou Alexander the great, l’album est moins égal, moins pur Heavy metal comme Maiden nous y a habitués.

L’intro de  Gates of tomorrow nous rappelle le Lord of the flies de X factor (manque d’inspiration?), le refrain est un peu trop répété, mais ça reste encore un morceau très « maidenien ». New frontier me semble être le morceau que l’on trouve presque sur chaque album de la vierge, mais avec les accords qu’on aurait changé d’ordre. Jusque là pas de grande nouveauté, et finalement on commence un peu à s’ennuyer, car la sécurité c’est bien c’est rassurant, mais c’est comme le sexe avec maman tous les soirs, arrive un moment si tu pimentes pas ta relation tu vas vite t’ennuyer, surtout au bout de 23 ans! Et si Maiden a su durer si longtemps, c’est bien, parce qu’à chaque album, ils ont su se renouveler en partie. Et pour voir le renouveau, il fallait attendre la fin de l’album.

On se retrouve face à 4 pépites, pour lesquelles il faudra peut être plusieurs écoutes pour en absorber l’essence même. Face in the Sand et Age of Innocence ressemblant plus à du rock progressif, interpellent aux premiers abords, notamment avec leurs intros soft et mélodique, recouverte de clavier, et nous emmènent vers d’autres horizons. Pas de structure spécialement complexe ici comme Maiden sait le faire , mais des accords dissonants par moment dû à la présence d’Adrian Smith qui joue volontairement légèrement désaccordé sur certains morceaux pour créer ce nouveau relief. Age of Innoncence me fait énormément penser à ce que Bruce Dickinson pouvait faire en solo, alors qu’il n’est pas crédité pour la chanson. Paschendale (qu’un ami à moi appelait Pachyderme à juste titre!) est un morceau lourd, lent mais d’un épique mes amis! On a presque la sensation d’aller à la mort avec les boys, nous aussi (encore une fois les ambiances chères à Maiden). Attention, Iron Maiden est politiquement neutre dans ses chansons sur la guerre et ne traite bien souvent que du ressenti des êtres humains. On peu d’ailleurs voir cette chanson jouée à Dortmund, sur le live Death on the Road qui a suivi l’album, et les allemands y réagissent très bien. Nous finissons notre voyage sur des rivages inconnus pour le groupe anglais, avec Journeyman qui pour le coup porte bien son nom. Un titre qui en live passe super bien, pour l’avoir entendu. Il clôturait le concert et tout le monde le reprenait en cœur comme un chant d’espoir en l’avenir pour nous tous. Une toute première ballade en 20 ans d’existence…Je ne compte pas Wasting Love qui pourtant dans son registre était très bien, mais que je n’arrive pas à cataloguer.

Un petit mot sur la pochette comme toujours, elle représente Eddie en « La Mort » entouré d’étranges personnages dansant. Derrière ceux-ci se trouvent d’autres personnages munis de capes. Comme nous l’avons déjà évoqué, elle est inspirée de la danse macabre, populaire au moyen âge. Cette pochette est très souvent considérée comme la moins esthétique d’Iron Maiden. D’ailleurs, son illustrateur, David Patchett, n’est pas crédité.

ce qui nous donne pour les notes:

Notes titres
4/5 1.Wildest Dreams
5/5 2.Rainmaker
3.5/5 3.No More Lies
5/5 4.Montsegur
5/5 5.Dance of Death
3.5/5 6.Gates of Tomorrow
3/5 7.New Frontier
4/5 8.Paschendale
4/5 9.Face in the Sand
5/5 10.Age of Innocence
5/5 11.Journeyman

Moyenne de l’album : 

4.28/5

Voilà, un bon album de Maiden en somme, qui, après l’excellentissime Brave New World des retrouvailles, commence à trouver de nouvelles orientations, qui se confirmeront dans les prochains albums A  matter of life and death et Final Frontier. La grand force du groupe est quand même de nous proposer des choses nouvelles tout en gardant ce fond d’âme METAL qui a fait son succès. Respect.

Comme d’habitude, je vous laisse avec un extrait, le clip qui accompagnait la sortie de l’album à l’époque, Wildest Dream! À très bientôt pour de nouvelles chroniques!

Rock on!

Revue Littéraire : Les Annales du Disque-Monde – Le Huitième Sortilège (Tome 2) de Terry Pratchett

ENFIN! Je l’ai ENFIN fini!  …Alors que je l’ai commencé au mois de mai.

Que ce fut difficile à lire, malgré son petit nombre de pages (255). Pourtant le résumé, la couverture, une magnifique illustration de  Marc Simonetti qu’on ne présente plus (Game of Thrones,L’Assassin Royal etc.),  le tout couplé à mes premiers pas en avril dans le monde déjanté de Pratchett qui s’était soldé par un vrai bon moment de lecture, m’avaient fortement incité à lire le deuxième livre de la série. (Pour aller plus loin, je vous renvoie vers la chronique du premier tome : La Huitième Couleur de Terry Pratchett (Tome 1 des annales du Disque-Monde ). J’avais été surpris de voir de-ci de-là, que les premiers tomes n’étaient pas les meilleurs après cette Huitième Couleur plutôt sympathique. Il faut croire que finalement la réalité m’a rattrapé! Allez c’est parti, on va disséquer tout ça.

Résumé (Quatrième de couverture):

Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants?

Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux: dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège!

La suite de l’épopée la plus démente de la Fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse: le Bagage, l’In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, La Mort…

Mon avis:

Bizarre, il manque un truc….

Ce livre débute de la manière la plus classique qui soit : par un lever de soleil décrit façon Pratchett. Technique, et en même temps, absurde, burlesque. À l’instar du premier tome, l’auteur reprend ce qui a fait sa réussite mais sans pour autant m’interpeller comme lors de notre première rencontre. Puis, au bout de quelques pages, je me rends compte qu’il y a un truc qui manque. Je retourne en arrière, je feuillette, et l’évidence me saute au yeux : il n’y a pas de chapitre! Après avoir navigué dans le livre en long et en large, cela se confirme et pour le coup je suis surpris, voire contrarié. Je ne crois pas avoir lu beaucoup d’œuvres avec ce type de découpage, où juste un saut de ligne permet de changer de décor ou de situation. Cela ne facilite pas l’immersion je trouve, ni l’envie de tourner les pages. Des auteurs comme Stephen King, Robin Hobb, G.R.R Martin ou encore Maxime Chattam savent le faire avec une petite phrase accrocheuse en fin de chapitre, qui vous précipite en avant dans l’histoire.

Grâce à un formidable Deus ex machina, totalement plausible dans le monde de Pratchett, nous retrouvons donc Deuxfleurs, Rincevent, et le Bagage pour de nouvelles aventures. Un fil conducteur sur la fin du monde est censé nous tenir en haleine tout le long du récit, mais, dans mon cas, cela  s’est essoufflé vers la soixante-quinzième page lors de ma première lecture. Les sauts de situations géographico-temporelles un peu à l’arrache,  les changements de personnages, et le manque d’indice sur la situation initiale qui porte à croire que la fin du Disque-Monde est proche, ont eu raison de ma patience et de mon intérêt pour le livre.

J’ai pour habitude de toujours finir mes livres, il m’arrive parfois de les poser, de les mettre de coté et d’y revenir plus tard, mais rarement de ne plus les ouvrir. Ce fut le cas pour ce Huitième Sortilège : je l’ai posé, j’ai finis la saga Autre-Monde, j’ai lu encore un ou deux autres romans, puis je l’ai repris. Ce fut difficile tant la linéarité de la narration n’est pas dans les habitudes de l’auteur. Il digresse souvent, nous emmenant dans des considérations très éloignées de son sujet. Ce ressort narratif, très agréable au début, s’essouffle au fil de la lecture, car il le répète tellement souvent qu’on finit par deviner son propos, et il n’amuse plus du tout. Quoiqu’il en soit, en une après-midi, j’ai enfin terminé ce volume.

Nouveaux héros, plutôt attachants.

L’un des points sympas du livre, c’est que l’auteur nous présente de nouveaux personnages. Au rang de ceux-ci, Cohen le barbare et Bethan la vierge sacrificielle m’ont bien plu. Cohen est caricatural, certes, mais très attachant. Imaginer un barbare qui n’est plus dans la fleur de l’âge, je ne l’ai jamais vu autour d’une table de jeu de rôle! Et ça marche vraiment. Herrena la Harpie, avec sa description un peu foirée à mon sens, car on ne sait pas si c’est Sydney Fox l’aventurière, ou Germaine la bûcheronne du village, m’a laissé de marbre, et contribue peu à l’histoire. La preuve, je ne me rappelle même pas, à l’heure où j’écris ces lignes, ce qu’elle est devenue. Car si la force du premier livre était bien entendu sa succession d’aventures rocambolesques sans but précis si ce n’est de faire souffrir Rincevent, ou de mettre ses personnages en situations, ici la narration a un but, du moins c’est ce que laisse entendre le début du livre et je trouve que le style burlesque de Pratchett se prête mal finalement à ce genre de récit. Pendant 250 pages, on se demande quel va être le dénouement, sans avoir le moindre indice des raisons de l’importance du sort coincé dans la tête du mage et de son rapport  avec cette grosse étoile rouge qui m’a furieusement fait penser à L’Etoile Mystérieuse de Tintin. En fait l’auteur meuble son histoire avec le même type d’aventures que dans le premier volume, sans pour autant que ça marche, comme un Gendarme à Saint Tropez, où les acteurs seraient fatigués et en panne de gags vraiment marrants. Attention, il y a eu des moments où j’ai souri, mais ri? Je ne crois pas, du moins pas comme dans le premier.

De bons moments quand même..

Il y a pour moi deux moments réussis dans le livre : la rencontre avec La MORT, et le final. La MORT, ce personnage déjà présent dans le premier tome est vraiment bien fait, et cette rencontre vers le milieu de l’histoire est un peu différente des précédentes. Ce fut la première fois du livre où j’ai retrouvé avec joie le style de l’auteur, avec ses descriptions aux images très noires, aux expressions décalées et ses jeux de mots. Terry Pratchett s’amuse de tout et surtout de la mort.

L’autre bon passage du livre est le final. D’abord parce qu’il nous libère, enfin, de ce livre poussif. Ensuite, parce que tout y est pour une fin réussie, même si on est un auteur burlesque. Il garde certains codes de narration plus classique qu’il saupoudre d’humour et de satire, notamment sur la religion et la démocratie, d’une manière fort adroite, pour livrer une vraie conclusion à ces deux premiers tomes, puisque le premier n’en avait pas vraiment une. Quant à la nature du dénouement, j’aurais dû me douter qu’il allait présenter quelque chose, disons, de décalé, par rapport à l’idée que l’on s’en fait tout au long de la lecture. Quand on a enfin une vue d’ensemble sur le livre, on se dit que l’histoire n’est pas si mal, mais que l’auteur a pris beaucoup trop de détour pour y arriver, à mon sens. Si je ne devais retenir qu’une seule phrase du livre, et elle me servira de conclusion, ce serait celle-ci :

Dans chaque personne saine d’esprit il y a un fou qui cherche à sortir.

Le boutiquier, Le Huitième Sortilège.

Terry Pratchett

Ma note sera donc de :

4/10

Oui c’est bas, je sais. Au plaisir de découvrir les tome 3 et 4, La Huitième Fille et Mortimer, qui démarrent deux  nouveaux cycles, les sorcières et la mort. Je ne doute pas, les spécialistes ayant annoncé que le cycle sur La MORT étant excellent, que je passerai un bon moment pour le coup avec le quatrième tome.

Comme il s’agissait à la base d’une lecture commune mais que j’ai lâchement abandonné en cours de route, je vous transmet le lien vers la revue d’une animatrice de Vendredi Lecture qui a elle aussi lu le livre et partagé son avis sur son blog  au moi de mai , comme c’était prévu : Des livres, des fils et un peu de farine: Le Huitième Sortilège

Plan de lecture des Annales du Disque-Monde

Bonsai!

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2010) (FORMAT POCHE). TITRE ORIGINAL: THE LIGHT FANTASTIC. TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR PATRICK COUTON (1996). ISBN: 978-2266211826

Revue Musicale : Cheap Trick – Cheap Trick (1977)

Dédicace :
Il est parfois dans la vie des raisons qui vous poussent à réaliser ce que vous n’avez pas encore fait et que vous vous étiez juré de faire un jour. L’écoute de cette album en particulier et la découverte de Cheap Trick (1977, quelle belle année…) par Cheap Trick (un tour bon marché) d’une manière générale, en fait partie.

Dédicace :

Il est parfois dans la vie des raisons qui vous poussent à réaliser ce que vous n’avez pas encore fait et que vous vous étiez juré de faire un jour. L’écoute de cette album en particulier et la découverte de Cheap Trick (1977, quelle belle année…) par Cheap Trick (un tour bon marché) d’une manière générale, en fait partie.

Je dois une grand partie de ma culture musicale à un homme en particulier. J’avais de bonnes bases quand je l’ai connu, mais lui m’a éveillé à tout un tas de groupes dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence à l’époque. Il faut remettre ça dans son contexte : la France n’a jamais été une terre de Rock (malheureusement, bande d’incultes…) et internet n’existait pas. Quand j’allais chez lui, pour moi, c’était la caverne d’Ali Baba :33 tours, CD, cassettes audio, livres sur le Rock, etc. Il m’a appris à ouvrir mon horizon musical, moi qui ne connaissais que les groupes en vogue de ma jeunesse (Guns ‘n Roses, Metallica, Nirvana, AC/DC), ceux qui avaient réussi à se créer une notoriété par la radio, ou leur provocation.

Quand j’ai eu l’idée de ce blog, le but était double : me faire plaisir en partageant mon amour de la lecture et de la musique, et me booster à reprendre les chroniques musicales que l’on s’échangeait lui et moi, par courrier, au début de mon emménagement, ici en Bretagne. Nous avions, avec le temps, développé nos petits rituels musicaux, et cela en faisait partie. Il me faisait découvrir un album, puis nous le chroniquions avec chaque titre noté sur 5, puis établissions une moyenne. Avec ce système, nous pouvions être au centième près pour départager deux albums. Parce que parfois ça ne se joue à guère plus, la qualité. Évidemment, on peut toujours remettre en cause cette notation, les enseignants savent de quoi je parle! Le temps a passé, les chroniques se sont espacées, la vie a déroulé son tapis rouge sang, qui emmène au grand final, et dans ce concert, il n’y a pas de rappel, il faut en profiter, maintenant. Ne respectant pas ce grand précepte, malheureusement, j’ai traîné à poster ma première revue musicale, sur ce blog… et il n’aura donc pas eu la chance de voir ça. Il nous a quitté le 30 septembre à l’age de 48 ans. je lui réservais cette surprise, et attendais déjà avec impatience de lire ses réactions toujours pertinentes…

Son départ m’a fait réaliser tout ce que je n’avais pas encore accompli et tous les artistes que je m’étais promis d’écouter et de lui chroniquer… mais on remet toujours à demain. Demain, j’aurai le temps, demain ce sera plus facile, etc. Prenez-en de la graine mes petites graines de rockers : ne remettez jamais à demain quand il s’agit de faire plaisir à quelqu’un, faites-le maintenant.

J’espère que le Paradis du rock où l’attendent déjà tant d’artistes, qui finiront chroniqués ici, un jour ou l’autre, lui a ouvert grand ses portes, parce que le connaissant, l’éternité sans musique rock, ça va être long. Et puis, j’espère qu’ils ont internet et qu’il va trouver mon blog pour pouvoir enfin lire ces chroniques. Alors, pour toi mon Lolo, voici Cheap Trick, le premier album éponyme d’un de tes groupes préférés, dont tu m’as souvent parlé, fais écouter un ou deux titres en douce, mais que je n’avais jamais pris le temps de réellement découvrir. Le tort est réparé et le moins qu’on puisse dire, c’est que j’avais sacrément tort pour le coup, de ne pas avoir suivi tes conseils plus tôt!

Adieu Ma Trip’ .

Track List:

1. Hot Love 2:30
2. Speak Now or Forever Hold Your Peace 4:35
3. He’s a Whore 2:43
4. Mandocello 4:47
5. The Ballad of TV Violence (I’m Not the Only Boy) 5:15
6. Elo Kiddies 3:41
7. Daddy Should Have Stayed in High School 4:44
8. Taxman, Mr. Thief 4:16
9. Cry, Cry 4:22
10. Oh, Candy 3:07

Analyse des chansons :

Je ne sais pas si aujourd’hui des groupes sont encore capables de faire ça, mais quand même, cet album possède une énergie et des textes mes amis!! Cheap trick est un groupe que l’on pourrait qualifier de Beatles qui aurait enfin (!) trouvé le bouton de distorsion sur leurs amplis et monté le son (jusqu’à 11 évidemment 😀 ). Attention je n’ai rien contre les Scarabées, j’ai commencé la guitare sur leurs chansons (non! Je ne suis pas si vieux qu’eux!). Mais il faut bien le dire, ça manque de son quand même, c’est gentillet, c’est pour la fifille à sa maman, qui s’émoustille de voir quatre garçons avec (presque) des cheveux longs dans le vent. Nous, on veut du son qui arrache la peinture des murs et soulève les jupes! Notre Tour Bon Marché est donc rangé dans la catégorie Hard Rock et Power Pop. Pop, parce que beaucoup de leurs refrains peuvent se reprendre en cœur. Quant aux textes…Ben… Un peu moins « pop » pour le coup, puisqu’ils traitent tour à tour d’un serial killer (The Ballad of TV Violence), d’un père pédophile (Daddy Should Have Stayed in High School), d’un homme qui serait prêt à tout pour de l’argent, dont coucher avec n’importe qui (He’s a Whore), et du suicide (Oh, Candy). Des vrais textes quoi! Ici on ne parle pas de banalité. Attention, ils ne font pas l’apologie de ces thèmes, qu’on soit bien clair, le rock ce n’est pas le diable avec des cornes qui est derrière chaque guitariste (d’ailleurs, ceci n’est qu’une iconographie, rien de plus, du spectacle!). De plus Cheap Trick n’a rien d’un groupe sataniste, c’est juste un groupe de rock, mais cet album est un de leurs plus noirs, sans conteste, parce que sûrement qu’à cet âge, on doit tous être un peu dark, un peu blasé du monde qui s’offre à nous, comme si la promesse de vieillir ne nous réjouissait pas trop en fait… Non, restons jeunes, buvons des bières, draguons les filles qui n’ont pas encore de gosses (et nous non plus d’ailleurs!). Chantons! Faisons l’amour! jouons de la musique! Et emmerdons le pouvoir, qui ne sait plus ce que c’est d’être jeune! Soyons désinvolte, n’ayons l’air de… *tousse* Ah, non, ça c’est encore autre chose, un autre groupe.

Chaque membre du groupe est originaire de Rockford (yeah! rock!) dans l’Illinois et ont tous des origines scandinaves. Rick Nielsen, à la guitare solo et aux choeurs, fondateur du groupe, est reconnaissable à sa casquette sur scène, et à son style un peu fou. Au chant, avec sa voix polyvalente, nous retrouvons le charismatique Robin Zander qui assure également les parties de guitare rythmique. Tom Petersson à la basse et Bun E. Carlos à la batterie, complète le line-up du groupe en ce début de carrière. Le nom s’inspire d’une performance de Slade à laquelle le groupe a assisté, et où Petersson commentera que le groupe « utilisait de vieux tours » (every cheap trick in the book), c’est à dire des accords et des enchaînements, faciles, classiques, bref rien d’innovant.

Alors que dire? Comment faire le tri dans tout ce bon matos? Tout d’abord, on ouvre sur un bon titre, à la rythmique bien rock ‘n roll, Hot Love. La suite nous offre musicalement du très haut vol avec le quadruplé gagnant (non, pas celui de Mbappé contre Lyon), quatre titres qui s’enchaînent parfaitement, montrant toutes les qualités musicales du groupe. Ce que j’aime, c’est qu’on a l’impression que le groupe expérimente des sonorités, innove, notamment sur les distorsions de basses et de guitares. Des intros où Rick Nielsen accorde sa gratte, alors que ça enregistre (Speak Now or Forever Hold Your Peace ), ou avec des parties de basses psyché (Daddy Should Have Stayed in High School), en passant par le reposant Mandocello qui m’a conquis dès la première écoute (comme tous les titres avec la note 5), et où Rick Nielsen nous offre une partition de mandoline (mince on s’y attendait pas vu le titre! 😀 ), on passe d’une ambiance à une autre en dégustant les paroles qui racontent pour le coup des histoires, on n’est pas dans le  » oohooh! aahaah! yeah! Baby! » (encore bien-sûr, faut-il comprendre l’anglais, je vous l’accorde). Le seul point négatif à mon sens est ce Elo Kiddies, qui me fait furieusement penser à un autre titre, Schools’out de Alice Cooper, sorti 5 ans plus tôt. Dommage, parce qu’il est plutôt sympa, parfait pour la radio, mais je n’aime pas avoir la sensation d’un plagiat (bien que ce n’en soit pas vraiment un) mais je suis comme ça, na! tant pis pour la note. Cry, Cry est probablement le titre le plus faible de l’album à mon goût, trop binaire, stéréotypé.

Edit: 

la chanson Elo Kiddies que j’avais pas très bien notée lors de la première rédaction de cette chronique, m’a trottée dans la tête toute la soirée suivante, avec son petit phrasé entêtant, comme pour me dire: » Eh! Réécoutes-moi, tu verras! je vaux mieux que 3.5 /5! « Et elle avait raison. Note corrigée, donc.

ce qui nous donne pour les notes:

Notes titres
4/5 1. Hot Love 
5/5 2. Speak Now or Forever Hold Your Peace 
5/5 3. He’s a Whore 
5/5 4. Mandocello 
5/5 5. The Ballad of TV Violence (I’m Not the Only Boy) 
4/5 6. Elo Kiddies 
4/5 7. Daddy Should Have Stayed in High School 
5/5 8. Taxman, Mr. Thief 
3.5/5 9. Cry, Cry 
5/5 10. Oh, Candy

Moyenne de l’album :

4.55 / 5

Un très bon premier album en somme, qui augure que du bon pour la suite. Quand je découvre un groupe, très ancien, comme celui-ci, j’essaie d’écouter les albums dans leur ordre de sortie afin de suivre l’évolution du groupe à travers le temps. Connaissant aussi les différences de la production musicale, suivant les décennies, je suis également moins surpris de certaines mutations sonores en cours de route. Par exemple, ce qui est frappant dans les années 70, c’est le son de la basse. Aujourd’hui on n’a plus ça. La basse se fond dans le moule en suivant la ligne mélodique de la guitare rythmique et en devient inaudible, alors qu’à cette époque, elle avait sa propre partition, bien distincte. le seul groupe qui encore aujourd’hui arrive à ça, c’est Iron Maiden, probablement parce que le compositeur et leader du groupe est bassiste 😉 .Il faut savoir que Cheap Trick existe encore, et que le dernier album en date est de 2017 : We’re All Alright!

En tout cas ce premier opus est vraiment bon, probablement parce qu’il est paru en 1977 😉 .

Allez, merci d’avoir lu cette revue. J’espère que cela vous donnera envie d’écouter ce disque, je vous laisse en compagnie de ce très bon tour pour le coup , à très bientôt!

Rock on!

Revue Littéraire : La conjuration Primitive de Maxime Chattam

En attendant de vous présenter mes chroniques sur Le 5ème règne et Autre-Monde de Maxime Chattam , je profite d’être encore à chaud sur ce roman que je viens juste de terminer, pour en faire ma revue littéraire. Il y a des œuvres que l’on digère plus ou moins vite, pour diverses raisons (bonnes ou mauvaises). Celle-ci fait partie de la première catégorie.

Résumé (4ème de couverture) :

Et si seul le mal pouvait combattre le mal ?

Les enquêteurs les surnomment La Bête et Le Fantôme… Si les meurtres qu’ils commettent ne se ressemblent pas, leur sauvagerie est comparable. Et que penser de cette mystérieuse signature commune – *e – qui écarte la piste de serial killers isolés ? Les tueurs se connaissent-ils ?
Mais bientôt, La Bête et Le Fantôme ne sont plus seuls. Les crimes atroces se multiplient, d’abord en France, puis à travers l’Europe tout entière.
La prédation à l’état brut. Une compétition dans l’horreur…
Pour tenter d’enrayer cette épidémie, et essayer de comprendre : une brigade pas tout à fait comme les autres, épaulée par un célèbre profiler.

Mon avis :

Un bon livre, technique, bien construit, propre.

Maxime Chattam n’est plus un auteur en devenir, on ne le présente plus. Depuis maintenant 15 ans, il est un des auteurs préférés des français qui raffolent d’une manière générale des thrillers policiers. Pour ma part, je ne l’ai pas découvert avec ce type de récit, que je lis peu voire pas du tout, mais avec Autre-Monde, un livre de fantasy.

J’avoue me sentir proche de l’auteur d’une certaine manière, puisqu’il a environ mon âge, ce qui implique donc les mêmes références culturelles de jeunesse, il est rôliste tout comme moi, et aime les Giants de new-York… Bon, d’accord, moi je supporte les Raiders d’Oakland, mais ça reste du football américain. Il a également passé son adolescence à lire le maître : Stephen King. Et pour ce que j’en sais, musicalement, il aime les BO de films et le metal. Beaucoup de points communs pour le coup, et si nous étions amis, nous aurions sûrement de longues conversations le soir dans l’obscurité, au milieu des fantômes et autres terreurs nocturnes.

C’est donc au travers des pages de L‘Alliance Des Trois, le premier tome de sa saga Autre-Monde, que j’ai découvert la plume de cet auteur que j’apprécie particulièrement. Bien évidemment, le livre étant orienté ado, pas de cadavre en putréfaction ou de crime obscène. Mais je savais que quelque part sous les couvertures de ses autres livres, la mort se faisait sentir, violente, abjecte, dénuée d’humanisme.

Une amie m’a conseillé celui-ci en me disant d’un air extatique « oh mon dieu, La Conjuration Primitive, c’est un must! »

Ma femme l’a lu cette été avant moi et en est ressortie conquise aussi. Il était donc temps de s’y mettre.

Passées les premières pages où je n’ai pas lu plus vite que la moyenne habituelle, mais où j’ai pu apprécier la première description, pour ce qu’elle est, un chef d’oeuvre, très vite je me suis retrouvé comme les personnages, à courir en avant dans le livre pour découvrir la vérité. Mais quelle vérité?

La vérité en tout cas, c’est que l’auteur maîtrise parfaitement son style. Propre, efficace, des descriptions minutieuses, précises, et surtout très imagées. Son récit est très documenté, ça se sent, et à aucun moment on ne remet en cause les faits, les lieux ou les pratiques policières qu’il nous décrit. La structure est comme une course contre la montre entre la police et les tueurs et nous voyageons dans plein d’endroits différents, plus vivants que nature. Ça c’est pour la forme.

Pour le fond, l’histoire en elle même, au delà des considérations techniques inhérentes à une enquête policière, est très intéressante aussi. Maxime Chattam sait nous faire réfléchir. Il se pose des questions (souvent les mêmes que moi!) sur la nature humaine, notre évolution, et tente d’y apporter une réponse, ou du moins de mettre en lumière certains aspects de l’être humain que nous refoulons tous la plupart du temps, afin que nous prenions le temps d’y réfléchir… pour qui s’attarde trente secondes à réfléchir en lisant (oui c’est un autre débat je sais, mais il existe des gens qui lisent sans forcément que la lecture déclenche chez eux des questionnements…si si.). Bref, un livre qui a tout du livre parfait pour passer un bon moment, si on aime les thrillers et que c’est notre genre. De plus on y trouve des références historiques sur la seconde guerre mondiale, période de l’Histoire aux nombreuses controverses s’il en est, qui n’ont pas été pour me déplaire, moi qui aime cette période.

Et si on n’aime pas les thrillers? Ou que ce n’est pas forcément notre genre préféré? Et bien, vu que c’est mon cas, je vous propose qu’on approfondisse l’idée..

Mais…

Je ne suis pas un grand lecteur de thriller, ce qui signifie que bien souvent je ne les finis pas… ou pire! Je ne les achète pas. Moi, mon trip, ma came, c’est le fantastique l’horreur, la fantasy ou le récit historique. Alors pourquoi tenter l’aventure? Parce que j’aime beaucoup l’auteur, qu’il m’a déjà prouvé l’étendue de son talent aux travers de deux autres œuvres, et qu’on m’a vivement conseillé ce récit. Et je vais le dire avant d’aller plus loin, ce livre ne remet en aucun cas en cause mon attachement à l’auteur ni à son travail, parce que c’est un bon livre, dans l’ensemble, pour toutes les raisons citées précédemment. Seulement, je suis un lecteur qui a un besoin profond de s’attacher aux personnages et aux buts de l’histoire. Hors dans ce thriller, les personnages principaux, hormis un seul, sont sans saveur. Du moins, je ne m’y suis pas attaché. Je sais, il est facile de critiquer, (c’est vrai!) surtout quand on est assis derrière son écran, bien anonyme, et qu’on a parfois du mal à écrire soi-même trois lignes, mais ce qui m’a toujours porté dans une histoire, ce sont les personnages et mon attachement pour eux. Souvent on s’identifie à ces héros qui partagent notre vie le temps d’une lecture et même on apprécie de les retrouver, si l’auteur choisit de poursuivre l’aventure dans d’autres romans. On souffre avec eux, on rit avec eux. Le meilleur exemple, je trouve, est le personnage de Robin Hobb : Fitz. Elle a su nous le rendre attachant bien qu’il nous énerve parfois. Stephen King dit dans son livre Écriture qu’il ne bâtit jamais d’intrigue, qu’il met juste des personnages en situation. Parce que le lecteur s’intéresse bien plus aux personnages.

Dans La Conjuration Primitive je n’ai eu cette attachement que pour Richard Mikelis, le criminologue, car il a une vrai profondeur, il est noir par moment. Pour les flics de l’enquête, j’ai vu venir de loin la rupture du milieu du livre, et aucun ne m’a particulièrement ému. Ils sont bien campés pourtant, avec chacun leur distinction propre, mais il ne sont pas assez approfondi à mon sens, malheureusement. Ce qui explique peut être les suites que Maxime Chattam a écrit, il n’en avait sûrement pas fini avec ses personnages, il avait encore des choses à leurs faire vivre, à raconter sur eux.

Un autre personnage a attiré mon attention à la fin du livre, et bien qu’on ne le voit que pendant 2 pages, lui, en tout cas, dégageait quelque chose d’assez fort pour que je me décide à le retrouver très prochainement… Attention, j’essaie de livrer ici des revues sans spoiler, ce qui n’est pas simple, et de donner quelques indications à Monsieur Chattam s’il me lit (on ne sait jamais!) pour expliquer mon jugement, mais je ne préfère pas dire de qui il s’agit ici et laisser planer le mystère. À chacun de le rencontrer puis de savoir où le retrouver si vous en avez envie (j’aurais tendance à dire dans une ruelle sombre, le nez au dessus d’un cadavre…)

Et puis c’est mon ressenti, vous n’aurez probablement pas le même : la preuve, ma femme et mon amie l’ont adoré bien plus que moi, ce livre. Probablement parce qu’elles aiment la bidoche, les crimes pervers et les descriptions minutieuses des lésions corporelles d’un meurtre. Désolé, ce n’est pas ma came, comme je vous l’ai déjà dit. Moi ce que j’aime c’est le voyage et ceux qui le font, c’est la psychologie des personnages, leurs motivations, leurs buts, bref les Hommes dans toute leur complexité. Ce qui m’amène à parler du vrai personnage du livre à mon sens, le plus inquiétant, celui qui me pousse à admettre que l’histoire est réussie. C’est un personnage abstrait, mais omniprésent : La psychologie.

Le point fort du livre.

Et c’est bien là que réside le point fort du livre. Au delà de l’aspect technique du récit qui est maîtrisé, c’est la psychologie. Celle des tueurs, tout d’abord. Celle-ci est décortiquée par mon personnage préféré du livre, Richard Mikelis. Une plongée en apnée dans le cerveau malade de psychopathes, orchestrée par un criminologue que j’aurais voulu avec un passé un peu plus opaque, sulfureux, comme le Docteur Hannibal Lecter de Thomas Harris, mais qui m’a suffisamment accroché pour être le personnage phare de ma lecture.

La psychologie humaine de manière générale, ensuite. C’est vraiment sur ce point que Maxime Chattam nous accroche je trouve. Il nous ouvre des portes qu’on préférerait laisser fermer. Chacun pensera ce qu’il veut de la conclusion de son livre. Est-ce que des lieux comme le final de son récit existent? Devons-nous craindre d’être confrontés, un jour, à de telles violences? Des être humains peuvent-ils en arriver là? Voilà le genre de question que l’on peut se poser légitimement à la fin de cette Conjuration Primitive, et bien d’autres, plus personnelles. J’avoue que pour certaines j’ai déjà mes réponses, depuis longtemps… mais ce sera à vous de trouver les vôtres, en lisant ce livre.

D’ailleurs, je me demande si dans les thrillers, les crimes ne volent pas la vedette aux personnages en fait. En total contradiction, finalement, avec l’essence même d’une histoire, ou seul l’humain devrait primer, le voyage personnel et non le but, ou les moyens.  Comme le reflet d’une époque ou l’on préfère les faits divers à leurs acteurs, sans empathie pour ceux qui les vivent. On se revendique de tout, mais on ne retient rien. Maxime Chattam en tout cas maîtrise bien les ressorts du genre, et fait preuve d’empathie, ce qui le conduit à inclure une réflexion globale sur l’humanité, plutôt rare de nos jours.

Ma note sera donc de :

7/10

En tout cas j’espère que cette revue vous a plu, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires, remarques et même à me décapiter si vous la trouvez trop acide!

Ne vous inquiétez pas je suis paré! Et puis mes autres chroniques à venir sur le 5ème règne et Autre-monde (qui sont de deux styles différents encore, ce qui prouvent bien la richesse stylistique de l’auteur) seront bien mieux noté croyez moi! Sûrement parce que ces styles de livres m’accrochent plus. D’ailleurs j’attends impatiemment de lire le nouveau Maxime ChattamLe signal, qui lui est un thriller fantastique proche du 5ème règne son premier vrai roman. Mais j’attendrai la version Poche de chez Pocket…pour des raisons de place! allez…

Bonsai!

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2013) (Format POCHE) ISBN: 9782266207065.

Revue Musicale : Nightmare – Avenged Sevenfold .

Avenged Sevenfold est un groupe américain de Huntington Beach, Californie, créé en 1999. Cet album est sorti en 2010 et il semble bien être celui de la maturité. Pour beaucoup de groupe, c’est souvent le cas du quatrième ou cinquième opus…

Ami du Rock, bonjour!

Avenged Sevenfold est un groupe américain de Huntington Beach, Californie, créé en 1999. Il est composé de M Shadows (chant) Synyster Gates (guitare solo) Zacky Vengeance (guitare rythmique) Johnny Christ (basse) et Brooks Wackermann (batterie). Ils sont influencés par des groupes tels que Metallica, Iron Maiden, Megadeth, Slayer, Pantera, Guns’n Roses et j’en passe. En gros tout la scène Metal de mon adolescence (et non! On ne cherche pas mon âge!). Et il faut le reconnaître, ces influences s’en ressentent dans leur musique. Le but de cet article n’est pas de retracer la carrière du groupe, commencée avec leur premier album en 2001 mais de parler spécifiquement de l’album que je vous présente aujourd’hui. Tout d’abord pourquoi je vous présente celui-ci ? Tout simplement parce que c’est celui avec lequel j’ai découvert A7 X, comme on les surnomme.

Cet album est sorti en 2010 et il semble bien être celui de la maturité. Pour beaucoup de groupe, c’est souvent le cas du quatrième ou cinquième opus, car les musiciens se connaissent depuis un moment et ont intégré l’alchimie de la création et de la production. En effet pour avoir un bon album, il ne suffit pas d’avoir juste de bonnes compos, il faut aussi avoir une bonne production et un bon ingénieur du son. Fin 2009, deux ans après avoir sorti leur album éponyme, le groupe commence à travailler sur le suivant, leur « plus personnel et plus épique qui, certainement, vous emmènera dans un voyage très sombre » selon Zacky Vengeance. Malheureusement, alors qu’ils sont en pré-production le groupe subit une perte dramatique: son batteur Jimmy « the Rev » Sullivan. À 28 ans, le batteur emblématique du groupe, qui était devenu une référence dans le milieu du métal, meurt suite à une overdose. En même temps, c’est assez courant dans le milieu. On rappellera bien sûr les Jimi Hendrix, Jim Morrison et même Kurt Cobain, qui bien qu’il se soit tiré une balle, était quand même sous héroïne et acide lorsqu’il s’est flingué. Du coup, le groupe se retrouve orphelin d’un ami d’enfance, car ils se connaissent tous depuis le collège, et d’un musicien extrêmement talentueux qui faisait aussi la particularité de leur son. Seulement, la machine est en marche et quand un groupe a des engagements il doit s’y tenir. Les voici donc qui rentrent en studio en 2010 afin d’enregistrer leur cinquième album pour la première fois sans The Rev. Mike Portnoy, le batteur de Dream Theater, qui était une influence majeure de Jimmy Sullivan, accepte avec beaucoup d’humilité de prendre la relève. Comme il le dit dans une interview :  » j’ai essayé de reproduire à l’identique le travail que The Rev avait déjà effectué sur cet album afin de lui rendre le plus bel hommage possible. »

Et quand j’écoute aujourd’hui l’intégralité des albums d’Avenged Sevenfold, Nightmare est un de mes préféré, presque uniquement à cause des partition de batterie qui sont inimitable. Mike Portnoy apporte une sonorité, une rythmique, qui est bien au-delà du travail d’autres batteurs.

Zoomons un peu sur les titres de l’album.

Track List:

1. Nightmare 6:14
2. Welcome To The Family 4:06
3. Danger Line 5:28
4. Buried Alive 6:44
5. Natural Born Killer 5:15
6. So Far Away 5:27
7. God Hates Us 5:19
8. Victim 7:30
9. Tonight The World Dies 4:41
10. Fiction 5:13
11. Save Me 10:56
12. Lost It All (Bonus) 4:07

Analyse des chansons :

Le titre d’ouverture est une espèce de psychose bien orchestrée. On se fait happer par cet horrible cauchemar dans lequel le narrateur sombre à cause de médicaments qu’on lui donne, soi-disant, pour le soigner. Je ne vais pas rentrer dans le détail des 11 titres qui composent cet album, mais je veux en venir essentiellement à ceux qui m’ont le plus marqué. Après tout c’est une revue musicale et je suis là pour donner mon avis. Il n’y a pas vraiment de mauvais titre dans cet album, certains sont un peu en dessous (selon mes goûts toujours) mais dans l’ensemble, on est sur un très très bon album qui a d’ailleurs reçu plusieurs récompenses.

Pour ma part le titre d’ouverture Nightmare est mon préféré, je mettrai en deuxième Buried Alive qui est une chanson adressée à leur ami parti trop tôt, calquée sur le schéma de construction que Metallica utilise pour la plupart de ses balades. Cette chanson, douce à l’ouverture pour évoquer la tristesse d’avoir perdu leur ami, est violente sur la fin comme s’ils étaient en colère contre lui d’avoir commis cette erreur fatale. J’aime beaucoup aussi des titres comme welcome to the family, Danger Line, Natural Born Killers and God Hates Us. D’ailleurs, la plupart de ces titres sont tagués Explicit Content, compte tenu des textes et de la violence qu’ils dégagent. Quand je vois ce logo sur un CD, j’avoue ça me rappelle mon adolescence où je ne voulais acheter que des albums avec celui-ci ! On retrouve aussi sur cet album des chansons très différentes, inspirées d’autres genres comme fiction que j’aime beaucoup et qui me fait voyager grâce notamment à sa partie de piano très sympa. So Far Away est une balade pure et dure, encore une fois en hommage à Jimmy Sullivan. Mais ce n’est pas ma ballade préférée de l’album, je lui préfère Victim ou le très « Guns ‘N Roséen » Tonight the world Dies. Mais le titre sûrement le plus atypique de cet album restera Save me, le dernier morceau de l’album, un morceau de 11 minutes !

Bref, c’est donc un album bien compact avec une production excellente, un ingénieur du son au top, des parties de batterie sublimes qu’on ne retrouvera plus sur les albums suivants et une agressivité qui nous rappelle les premiers albums, l’époque où ils étaient catalogués encore Metalcore. Une pure merveille dans le monde du métal, que tout fan se devrait de posséder. Voici ma notation titre par titre (je n’ai pas noté le morceau bonus car pour ma part je n’ai pas cette édition) :

Notes titres
5/5 1.Nightmare 
5/5 2.Welcome To The Family 
5/5 3.Danger Line
5/5 4.Burried Alive
5/5 5.Natural Born Killer
3.5/5 6.So Far Away
4/5 7.God Hates Us
5/5 8.Victims
4/5 9.Tonight The World Dies
5/5 10.Fiction
5/5 11.save Me

Moyenne de l’album :

4.68 / 5

Car, mis à part un ou deux titres que je trouve en dessous (et que très légèrement il faut le dire), cet album est de très bonne facture, que ce soit au niveau musical, arrangements, et textes bien entendu. paradoxalement, le titre que j’aime le moins est le plus commercial de l’album puisqu’il s’agit du single diffusé sur les radios américaines (pas française, hin, faut pas déconné! 😀 ). Un album, c’est aussi la pochette et celle-ci a été designé par l’artiste attitré du groupe, Travis Smith, au même rang que Derek Riggs travaille avec Maiden. Cette pochette représente une petite fille terrorisée serrant sa peluche. La tombe derrière elle avec l’inscription forever est un hommage à The rev, le Deathbat (tête de mort avec des ailes de chauve-souris), qui pour une fois a pris corps, surplombe la gamine.

Merci d’avoir lu cette revue ! J’espère que cela vous donnera envie d’écouter cet album 😉 allez je vous laisse un extrait de la page Youtube officielle à savourer sans modération, à très bientôt!

Rock on!

Revue Littéraire : Les Annales du Disque-Monde – La Huitième Couleur (Tome 1) de Terry Pratchett

J’ai décidé (ENFIN!) de me lancer dans la lecture du joyau de Terry Pratchett. En grand fan de fantasy, il aurait été dommage de passer à côté d’une œuvre majeure du XXème siècle. J’ai donc commencé par le début bien que vous pouvez lire les tomes indépendamment, l’idéal étant de respecter l’ordre de publication pour chaque cycle constituant les annales mais nous y reviendrons. Allez c’est parti!

Résumé (Quatrième de couverture):

Dans une dimension lointaine et passablemement farfelue, un monde en forme de disque est juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d’une tortue.
A Ankh-Morpork, l’une des villes de ce Disque-Monde, les habitants croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur une myriade de petites jambes.
Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la guilde des voleurs et celle des assassins; mission périlleuse qui va les conduire loin : dans une caverne de dragons et peut-être jusqu’aux rebords du disque.
Car Deuxfleurs appartient à l’espèce la plus redoutable qui soit : celle des touristes.

Mon avis:

Moi j’aime la fantasy!

Tout fan de fantasy devrait lire cette saga, ne serait-ce que pour redescendre un peu et ne plus se prendre au sérieux quant à la cosmogonie des livres du genre. Pratchett nous livre ici un texte riche, tant en terme de vocabulaire avec des mot de son invention, ce qui demande parfois un peu de connaissance étymologique, que de style. Il s’amuse à réutiliser les codes du genre pour ensuite mieux les tourner en dérision. Mon plaisir n’aurait sans doute aucun lieu d’exister sans la formidable traduction de Patrick Couton (bon il manque des mots parfois, des verbes essentiellement mais ce sont des coquilles courantes dans le monde de l’édition). Mais au delà des mots et du style que dire de l’histoire?

« …cela prouve que la Mort aussi a le sens de l’humour » page 32

Je ne vais pas vous réexpliquer comment se présente ce monde puisque le 4ème de couverture le fait très bien. Nous avons donc ici un monde de type fantasy avec sa cosmogonie, ses héros, ses habitants, ses dieux et La Mort (oui oui! c’est un personnage à part entière! Et un des meilleurs!). La particularité de ce dernier est donc qu’il est plat (petit clin d’œil à tous les amoureux de la théorie de la terre plate, bise aux plateux…dont je ne fais pas partie). Ce qui entraîne fatalement que si vous arrivez au bord, ben… vous tombez!

Nous suivons donc les aventures de Rincevent, un mage (enfin façon de parler, puisqu’il ne connait qu’un sort) et de Deuxfleurs, un touriste, le premier de son espèce sur le Disque, à travers des paysages tous plus fascinant qu’incroyables tant ils enfreignent les lois de la physique. Deuxfleurs rêve d’aventures, de voir des héros. Il en connait quelques-uns de nom d’ailleurs et il aura l’occasion de les rencontrer mais pas forcément sous les meilleurs hospices. Rincevent, ce personnage lâche, égoïste, vénal et porte poisse par excellence, va se retrouver dans tout un tas de situations plus rocambolesques les unes que les autres sous l’impulsion de son nouvel employeur avide d’explorations et d’expériences. Son coté perdant et pessimiste crée le comique et là où dans un livre de fantasy classique nos héros sauveraient le monde, on se retrouve à réfléchir quelle tuile va bien pouvoir leur tomber sur la tête!

L’Octarine, la Huitième couleur, la couleur de la magie…

On va donc tour à tour faire la rencontre d’assassins, de voleurs, d’une guilde du commerce nouvellement créé grâce à ce premier touriste de l’histoire, d’entité maléfique, d’un barbare aussi fort que son intellect est faible (ami rôliste vous savez de quoi je parle!), d’épée magique, de Dragons, de VRAI magicien, d’astronome et j’en passe! Tout ça sous le regard impassible de La MORT qui attend de pouvoir emmener Rincevent. Comme les mages peuvent voir la fameuse Huitième couleur, celle de la magie, l’Octarine(!) et que La MORT se reflète dans cette dernière (euh..oui, c’est un peu compliqué faudra lire le livre pour comprendre), cela nous donne des joutes verbales désopilantes entre notre pseudo-mage et la Faucheuse. Il y a un vrai gimmick avec le chiffre 8 tout au long de l’histoire et tous les jeux de mots possibles qui vont avec, l’auteur a dû bien se faire plaisir (ou pas!) à écrire ce livre.

Tous les codes du genre sont brisés, les héros sont caricaturaux à souhait et martyrisés. Dès les premières pages le ton est donné et si vous n’adhérez pas à ce style rocambolesque, burlesque et satyrique, alors malgré le nombre de pages relativement faible (265) vous allez avoir du mal à le finir.

Je ne peux pas vous parler des protagonistes sans citer le coffre magique sur pattes. Il est un personnage à part entière de l’histoire, et permet pas mal de situations loufoques. Plus le livre avance et plus on arrive à lire entre les lignes et comprendre certains événements décrit à posteriori, soupçonnant certains personnages d’en être responsable. Pratchett nous présente parfois juste les conséquences et là encore le style de l’auteur fait mouche, on se délecte des ces séquences explications-descriptions ou il s’amuse aussi bien avec les mots, les expressions, que le comique de situation. L’intrigue en fait est quasiment inexistante, et cela rejoint ce que Stephen King dit dans son livre Écriture, à savoir que si les personnages sont bien plantés, les différentes situations auxquelles ils sont confrontés, suffisent à porter le lecteur de page en page.

Pour ma part, en tant que Rôliste ( qui joue à des jeux de rôles sur papier) depuis un certain nombre d’années, j’ai traîné dans pas mal d’univers médiévaux-fantastique et pour le coup, je m’en suis payé une bonne tranche! J’ai ri ou souri tout du long. Rincevent devient très vite attachant dans son genre. Grand fan de Tolkien, référence incontournable sur le sujet, de Robin Hobb ou encore GRR Martin, David Gemmell, ce livre est pour vous… à condition d’avoir de l’humour et d’accepter que vos jouets soit un tant soit peu tournés en dérision.

Ce livre n’a pas été sans me rappeler un autre monde : celui de Naheulbeuk créé il y a environ 20 ans par Pen of Chaos, un auteur bien français lui pour le coup, sous forme de fichier audio mp3 et qui aujourd’hui se décline en BD, roman, Jeu de rôle et bientôt dans une série animé (du moins on espère).

Ce fut donc une bonne lecture et un grand moment de détente, à tel point que j’ai déjà commencé le deuxième tome du même cycle. À ce sujet, comme promis plus haut voici un plan récapitulatif de toutes les Annales avec ses différents cycles :

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Il n’est donc pas nécessaire de lire chaque tome à la suite, vous pouvez parfaitement commencer par d’autres cycles, même s’il est conseillé de les lire suivant l’ordre de publication à l’intérieur de chacun, facilitant ainsi la compréhension et procurant un plaisir maximal.

Ma note sera donc pour celui-ci de :

8/10

Et pourtant il parait que les premiers tomes ne sont pas les meilleurs, j’ai hâte de découvrir la suite!

Bonsai!

Edition: L’Atalante

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2011) (Format POCHE). TITRE ORIGINAL: The Colour of Magic. TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR PATRICK COUTON (1996). ISBN: 9782266211819.

Pour aller plus loin et voir la suite de l’aventure c’est ici : Le Huitième sortilège de Terry Pratchett (Tome 2 des annales du Disque-Monde)

Revue littéraire: Histoire de Lisey de Stephen King

Histoire de Lisey, est un roman post-accident de King publié en 2006 au Etats- Unis. Je dis post-accident? Oui, en effet je n’ai pas encore eu le temps de vous parler de cette théorie qui m’est propre (puisque je n’ai pas encore publié les parties 2 et 3 de mon article sur La Tour Sombre, oh le flemmard!!), mais pour moi il y a un avant et un après 19 juin 1999, jour de son grave accident (pour plus d’info je vous renvoie ici).

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Résumé (Quatrième de couverture):

Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration.

À sa mort, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait…

Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l’amour.

Mon avis:

Il faut bien l’admettre comme beaucoup le disent, ce roman est vraiment à part dans son œuvre. Pourquoi? Et bien tout d’abord parce qu’il parle d’amour, de l’amour d’un couple, avec son langage propre, ses rites. L’amour est parfois abordé dans les romans de King, mais pas de manière si intime. Evidemment le fantastique s’en mêle (sinon ce ne serait pas du SK ah ah!) mais il est au service de l’histoire d’amour entre Scott Landon, un écrivain et sa femme Lisey, et en aucun cas l’inverse.

Dur de rentrer dans l’histoire…

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre, les premiers chapitres sont bourrés d’implicite et de sous-entendu comme si nous avions partagé leur vie, ce qui rend la lecture difficile, plusieurs fois je suis retourné en arrière vérifier si je n’avais pas loupé quelques choses . L’intention de Steve ne m’est finalement apparue qu’après lecture complète du livre: évidemment c’est pour mieux nous faire pénétré dans l’esprit de la bidide Lizzi (comprenez « petite Lisey », ceux qui ont lu le livre comprendront!). Nous sommes en elle et – comme elle – remontons laborieusement le long chemin du souvenir, celui d’une vie passée ensemble, étape par  étape (Les stations du chemin de Nard… ).

Alors au début de l’histoire, nous ne voyons pas vraiment l’intérêt de cette plongée mémorielle. Et c’est là que King est vraiment puissant car plus le livre avance et plus nous comprenons – et rechignons, tout comme l’héroïne – à faire ce voyage dans le passé, car ce qui ressemblait à une banale histoire d’amour interrompu par la mort précoce de l’écrivain, et la mise en ordre de ses affaires, se transforme en une chute vers les abysses et les peurs de l’auteur mort, là où il puisait son inspiration. Vient s’y mêler en parallèle, dès les premières pages une intrigue en rapport avec les sœurs de Lisey. Nous nous attachons en fin de compte très vite à l’héroïne malgré ce coté un peu « je vais bien tout va bien! » (faut le chanter pour que ça résonne dans vos tête!) ou « il faut que j’y pense pas » et également à sa grande sœur Amanda.

A l’arrivé, l’histoire s’accélère vers la moitié du roman quand enfin Lisey accepte cette remontée au source et choisit de suivre le long jeu de piste laissé par son mari à son intention. Et nous la suivons avec beaucoup d’entrain, au milieu du leg de Scott.

…Et alors, au final, c’est bien?

J’ai refermé ce livre avec beaucoup d’émotions différentes. L’amour tout d’abord, cette empreinte de la vie à deux se mêle à une sorte de mélancolie ou SK essaye de nous dire que le temps efface tout y compris les souvenirs et nous laisse seul face au vide de la mort. Vient donc ensuite la tristesse de la perte de ce temps passé et de leurs souvenirs. Je pense qu’une seule lecture ne suffit pas pour apprécier ce roman finalement méconnu du grand public. C’est avec plaisir que probablement je m’y replongerai dans quelques années. J’ai toujours aimé jouer au jeu des notes (même si ça ne reflète que mon avis personnel et certainement pas l’avis général), en prenant en compte l’histoire, le style – complexe pour le coup – et le temps que j’ai passé à le lire ( et oui, si je le dévore c’est qu’il est bon généralement!), cette fois-ci j’ai mis plus de temps à lire ses 750 pages que je n’en ai mis pour d’autres livres de la même taille et donc en conséquence je lui mettrai:

6,5/10

L’info en plus:

En 2003, alors que Stephen King sort de l’hôpital, où il est resté pendant un mois pour soigner une pneumonie, il découvre en rentrant son bureau repeint et rénové avec toutes ses affaires mise dans des cartons. Pensant que c’est à ça que la pièce ressemblera après sa mort, il commence alors à réfléchir à tout ce que son épouse, Tabitha (à qui il dédie ce livre) aura à gérer après sa disparition et ainsi naît l’idée du roman. Les sœurs de Lisey, font référence à celle de sa femme, dont il dit qu’elles ont « le truc des sœurs ». L’écrivain considère personnellement ce roman comme son meilleur livre. Histoire de Lisey a obtenu le prix Bram Stocker en 2007. Le roman à été traduit par Nadine Grassie et édité aux éditions Albin Michel en 2007, pour la France. 

Evidemment dans tout les romans de SK on retrouve des références à ses autres livres, c’est le cas avec le personnage de Jim Dooley qui n’est pas sans rappeler celui de John Shooter, du roman court Vue imprenable sur jardin secret (ou fenêtre secrète le téléfilm avec Johnny Depp pour les amateurs d’écran). D’autre part, l’action du roman se passe non loin de Castle Rock, ville fictive et récurrente dans l’œuvre de King et on y retrouve brièvement le personnage d’Andy Clutterbuck, qui était déjà apparu dans Bazaar. Le nom du romancier Michael Noonan, personnage principal de Sac d’os, est également évoqué plusieurs fois au fil des pages.

Voilà c’est tout pour cette revue! J’espère qu’elle vous aura éclairé sans trop vous dévoiler l’histoire, et peut-être donné envie de le lire! N’hésitez pas à laisser des commentaires j’y répondrai avec plaisir!

Bonsai!

Édition présentée: Albin Michel (2007). Titre original: Lisey’s Story. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nadine Gassie. ISBN/EAN13: 9782226179692. Disponible en format poche et en numérique.

Revue littéraire: Le cycle de La Tour Sombre par Stephen King (partie 1/3)

Pour ce premier article du blog, j’ai choisi de vous parler d’un cycle que l’auteur a mis 36 ans à écrire et que j’ai lu sur 12 ans. Enfin pas tout à fait, disons que quand je l’ai découvert il n’y avait que trois tomes déjà écrits et que je n’ai pu lire la fin que 12 ans plus tard quand les trois derniers tomes ont été écrits par le Roi (King= Roi    — Ah bon?     — oui oui…).

Once upon a time…

«Heureuse rencontre que la nôtre, si fait.» 

Roland Deschain, Magie et Cristal.

Bonjour!

Venez, entrez, asseyez-vous! Vous devriez pouvoir vous trouver une place, l’endroit est tout neuf. Vous ne sentez pas l’odeur de la peinture fraîche? Si hein? Moi aussi, d’ailleurs je ne sens pas que ça, je sens le trac aussi. La frousse, les chocottes, les miquettes!  Tu m’étonnes! Ce n’est pas facile de soumettre sa plume au regard des autres. Pourtant j’ai décidé de le faire. En fait, c’est surtout parce que je brûle de partager ces passions qui m’emportent depuis tout petit. Ces refuges de l’âme, des endroits créés par d’autres mais que l’on peut parcourir grâce à notre imagination. Et autant quand j’étais enfant il n’y avait pas d’autres choix que de rencontrer réellement des  gens pour échanger là-dessus, autant aujourd’hui on peut venir vers eux par écrit, sur un blog par exemple. Ce que je tente. J’espère que mes articles vous apporteront des renseignements ou des éclairages sur mes sujets de prédilections qui je pense sont les même que vous, sinon vous ne seriez pas ici. J’espère surtout qu’ils vous divertiront à défaut d’être suffisamment techniques.

Bien, vous êtes prêt? Allez, on y va…

«Il y aura de l’eau, si dieu le veut.»

Stephen King, La Tour Sombre.

Pour ce premier article du blog, j’ai choisi de vous parler d’un cycle que l’auteur a mis 36 ans à écrire et que j’ai lu sur 12 ans. Enfin pas tout à fait, disons que quand je l’ai découvert il n’y avait que trois tomes déjà écrits et que je n’ai pu lire la fin que 12 ans plus tard quand les trois derniers tomes ont été écrits par le Roi (King= Roi    — Ah bon?     — oui oui…).

Donc il y a six tomes me direz-vous. En fait, non il y en a sept, plus un huitième paru en 2012.

Ok, mais là on s’y perd, pourrait-on avoir un ordre chronologique, quelque chose qui nous éclaire sur comment aborder ce cycle long de plus de 5000 pages? Et puis ça parle de quoi d’abord? D’horreur, d’Aliens, de monstres? Stephen King est connu pour ça.

Bien, alors on va prendre dans l’ordre voulez-vous? On va d’abord parler de la chronologie des tomes dans ce premier article puis nous aborderons les  thèmes dans le suivant, ce qui me permettra de vous donner dans le dernier de cette revue en trois partie, mon analyse (et mon avis, promis!) sur ce cycle, le tout en faisant le parallèle avec la vie de l’auteur, parce que voyez-vous la vie d’un auteur n’est pas un long fleuve tranquille et forcément sa vie impacte son œuvre, et vice-versa.

La composition du cycle

La génèse

Comme je l’ai dit précédemment il est composé de sept tomes plus un huitième écrit presque 10 ans après la fin du cycle.

Tout commença en 1966 lorsque le jeune Steve alla au cinéma pour regarder Le Bon La Brute et le Truand  de Sergio Leone. Ce film, il faut bien le dire est un monument du Western (Comment ça j’adore ça? Ça se voit tant que ça? Ah bon? Ah ben oui  alors). Stephen King sera marqué par l’interprétation de Clint Easwood, par les décors, par la musique grandiose d’Ennio Morricone. Et du coup il rêve d’écrire sur ce sujet. Mais il se trouve qu’à l’époque ce qui se fait de mieux ce sont les Hobbits . Comme il nous l’explique dans la préface de la réédition du Pistolero (le premier tome de la saga) en 2003 qui s’intitule «on n’est pas sérieux quand on a 19 ans», il rêve également de suivre les traces de Tolkien mais il ne souhaite pas faire quelque chose qui ressemblerait à ce qu’il a écrit. Alors une idée germe dans le cerveau du futur auteur de best-seller : et si on combinait le genre de la fantasy et du western, ça donnerait quoi?

Il ne s’y attelle pas de suite, il a le temps, beaucoup de temps devant lui, il est jeune! Il n’a même pas publié son premier livre.

En 1970, Il a un job à la bibliothèque de l’université du Maine, en parallèle de ses études. Un lot de ramettes de couleurs dans des dimensions excentriques (17,5 X 25) et d’un grain proche de celui de la carte apparaît dans les stocks mais sans aucune trace sur les comptes. Ils décident donc de se la partager entre étudiants travaillant là : sa future femme (Tabitha) en prit une (la bleu œuf de merle), son petit copain de l’époque une autre (la jaune coucou) et la verte lui échut.

Ce papier agit comme un moteur, un élément déclencheur et c’est sur ce papier vert d’un format peu conventionnel, hérité d’un stock fantôme (probablement un papier magique comme il le dit lui-même dans la postface de la première édition du Pistolero, puisque les trois étudiants sont tous devenus auteurs) qu’une nuit de mars 70, il couche la première phrase de cette fresque romanesque, devenu légende depuis :

«L’homme en noir fuyait à travers le désert et le pistolero le suivait.»

Pour la petite histoire, lors de la première édition française il était écrit «L’homme en noir fuyait à travers le désert et le pistolero le poursuivait.» Cette traduction sera révisé en 2003 par Marie de Prémonville (qui a révisé, harmonisé l’ensemble du cycle et traduit les derniers tomes) mais nous en parlerons tout à l’heure.

Il mettra 11 ans pour rédiger le premier tome, narrant les aventures de Roland de Gilead dernier Pistolero de l’Entre-Deux Monde parti en quête de La Tour Sombre. Il sera composé de cinq parties «Le pistolero», «Le relais»,« L’oracle et les montagnes», Les lents mutants» et « Le pistolero et l’homme en noir», qui seront publiées indépendamment dans un magazine appelé  » The Magazine of Fantasy and Science Fiction » entre octobre 78 et novembre 81 (après la publication de ses premiers romans). En 1982 les cinq parties sont réunies en un unique volume intitulé Le pistolero édité à 10 000 exemplaires. Ils disparaîtront rapidement laissant les fans perplexes sur ce livre apparaissant dans sa bibliographie au début de ses romans, mais impossible à obtenir. Très vite une forte demande intervient auprès de son éditeur de l’époque (Doubleday) pour une réédition et une suite.

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Les tomes 2, 3 et 4: L’auteur célèbre est né.

En 1987, alors qu’entre temps le succès est arrivé, ce sera donc la suite tant attendu Les trois cartes. Il a déjà vendu plusieurs centaines de milliers de livres dont plusieurs best sellers adaptés au cinéma ou à la télévision comme Carrie, Shining, Salem, Le Fléau, et sa notoriété n’est plus à faire. Il est traduit dans plus de quarante langues et bien qu’il ne soit pas reconnu par les instances littéraires « sérieuses » son statut d’auteur populaire lui convient très bien. Ce tome poursuit les aventures de Roland qui va rencontrer de nouveaux compagnons de routes dans sa quête pour la Tour, alors qu’il était seul depuis bien longtemps.

En 1991, ce sera Terres Perdues publié au milieu d’autres livres (Stephen King est très prolifique) dont les genres commencent à différer de l’horreur fantastique dont il nous avait jusque là gratifié ( des livres comme Misery par exemple ou Jessie). Ce roman permet le vrai départ, celui de la direction véritable que nos héros doivent prendre pour atteindre leur but: La Tour (« ta foutue Tour » comme dirait Eddie au Pistolero). On l’imagine presque se profiler à l’horizon au fil des pages alors qu’en réalité elle est encore loin, bien loin.

Mais il écrit cette histoire relativement lentement par rapport à ses autres livres et cela le peine autant que ses lecteurs. D’après lui seul 50% de ses Fidèles Lecteurs (comme il les appelle) ont lu son cycle de La Tour Sombre, et cela s’explique peut-être parce qu’il s’agit de Fantasy, bien que l’on y retrouve beaucoup du style (et d’autres choses …) de ses autres livres à l’intérieur, mais tout le monde n’aime pas ce genre (les a priori ont la peau dure!). Le King sort quasiment un livre par an si ce n’est deux, mais il n’a jamais réussi à faire deux années de suite sur La Tour, il a besoin de  se ressourcer entre chaque tome, ou d’attendre que la suite lui vienne (il a une explication sur le sujet), et il a d’autres histoires à raconter, qui parfois, elles aussi, sont difficiles à écrire comme Insomnie sortie en 1995.

En 1997 arrive le quatrième tome Magie et Cristal (qui a dit que c’est mon préféré? J’entends quelqu’un qui le suggère là au fond, en chuchotant! Eh bien oui c’est vrai. Nous y reviendrons lors des prochains articles quand je parlerai des thèmes de l’œuvre et de mon avis dessus). Pour la première fois nous allons visiter le passé de notre héros, Roland, et obtenons des réponses sur ce qui n’avait été que suggéré dans les tomes précédents.

The Turning Point

Nous voici donc à la fin du XXème siècle, la fin du monde nous est promise par des rigolos de tout genre et on parle du Bug informatique géant qui doit survenir dans les horloges de tous les ordinateurs du monde lors du passage à l’an 2000. Cela fait bientôt 25 ans que le Roi nous divertit par ses romans et autres nouvelles (il a composé de nombreux recueils, plus intéressants les uns que les autres). Mais pour lui le bug informatique aura le goût de l’acier, et de la morphine.

Le 19 juin 1999 alors qu’il se promène, comme souvent près de chez lui l’après midi, un van bleu le percute sur le bord de la route. Il s’envole dans les airs, projeté à 3 mètres de hauteur puis retombe, la tête pas très loin d’une grosse pierre, brisé de partout. Il est gravement blessé et passe très près de la mort. Après de nombreux mois à l’hôpital et  de nombreuses opérations pour sauver sa jambe droite notamment, il peut enfin rentrer chez lui et se remettre tout doucement au travail. L’écriture comme il le dit, dans son cas, sera réparatrice. Et malgré la douleur de la position assise, il recommence à écrire.

Pourquoi je parle de ça me direz vous?

Parce qu’alors qu’il est en convalescence, la première chose à laquelle il pense c’est qu’il a bien failli mourir sans finir sa plus grande œuvre! Si fait! Il repense à ces lettres envoyées par des fans lui demandant de lui raconter la fin de cette histoire alors qu’ils sont sur le point de quitter notre monde (Stephen King nous parle dans son livre Ecriture : mémoire d’un métier de deux de ces lettres, je vous y renvoie si vous souhaitez en savoir plus)

Et, grand merci, Sai c’est alors qu’il se décide à terminer une bonne fois pour toute cette histoire qui n’a jamais cessé de le hanter. Il sent qu’il faut le faire et il en jurerait par sa montre et son billet.

Le grand Final (Tome 5,6,7)

«Monsieur, notre affaire à nous, c’est le plomb.»

Steeve Mac Queen, Les sept mercenaires.

Après avoir refait une courte incursion dans le monde du Pistolero en 2002 dans le recueil de nouvelles Tout est fatal avec « Les petites sœurs d’Elurie », l’auteur s’attaque enfin au gros morceau. Il publiera ces trois derniers tomes en l’espace de deux ans. Tout d’abord Les loups de la Calla en 2003, roman complètement inspiré du film Les sept mercenaires de John Sturges (à qui il rend hommage en nommant un des lieux de l’histoire « Calla Bryn Sturgis » ), lui-même inspiré du film Les sept samouraïs de Akira Kurosawa.

Puis viendra Le Chant de Susannah en 2004, roman centré sur le personnage éponyme et dans une structure plutôt différente des autres. Ce roman se lit plutôt vite comme si l’auteur avait réussi à calquer le rythme de l’histoire qui s’accélère pour ses personnages, le temps jouant contre eux, au sentiment qu’il doit se dépêcher, que finalement « le type au radar » comme il l’appelle est dans son quartier et qu’il va pas tarder à passer pour lui présenter la note de frais, le reléguant au même rang que Chaucer et Dickens et leurs œuvres inachevées.

Et puis fin 2004 l’auteur sort enfin le dernier opus intitulé sobrement La Tour Sombre, le plus gros volume de la série. Ça y est! Enfin! Roland approche du bout du chemin!

…Ou est-ce de « la clairière au bout du sentier », image représentative de la mort dans le cycle?

En tout cas, ce volume conclut enfin l’histoire de notre Pistolero et de sa quête de La Tour Sombre. Comme dira Stephen King dans la toute dernière Postface :

« On ne peut pas dire que je raffole de cette fin, pour vous dire la vérité, mais c’est la juste fin. La seule fin, en fait. »

La collection avec les textes révisés des premières éditions.

En 2012, le Maître reviendra une nouvelle fois vers le monde de Roland, le temps d’un court roman intitulé La clé des Vents. L’auteur n’a finalement pas tout dit sur le monde du Pistolero et il en trouve encore le chemin. « Pour les fidèles lecteurs, ce livre s’intercale entre Magie et Cristal et Les Loups de la Calla… ce qui fait de lui, je suppose, l’épisode 4,5. » dira l’auteur.

Il ne nous est d’ailleurs pas interdit d’imaginer que suite à l’adaptation cinématographique (dont je ne parlerai pas ici faute de l’avoir vu), King puisse trouver un regain d’intérêt à écrire sur cet univers.

Pour conclure sur la structure du cycle, je vais faire un petit aparté sur la traduction française. On traduira les romans de la Tour Sombre à partir de 1990, quand l’auteur commencera à vendre en France en fait, à raison d’un par an (il n’y en a que trois d’écrit à ce moment là). Magie et cristal paraîtra en français un an après sa parution américaine, soit en 1998. Il en sera de même pour les trois derniers tomes : 2004 pour le tome 5 et 2005 pour les tomes 6 et 7. La traduction sera d’abord assuré par Gérard Lebec  (tome 1 et 2), Jean-daniel Brecque (tome 3 et le tome 4.5) puis à partir de 2002 Marie de Prémonville (tome 5,6,7) qui assurera également l’harmonisation de la traduction pour tout le cycle.

Si vous voulez en savoir plus sur ce travail de l’ombre, je vous renvoie vers cet excellent article d’un site francophone unique sur La Tour Sombre:

http://www.latoursombre.fr/news-211–exclusif-interview-de-marie-de-premonville-traductrice-de-la-tour-sombre

Ce site est une encyclopédie, sur le riche univers de cette série sans égal dans l’œuvre du King. Leur travail est formidable, et je tenais à leur glisser un clin d’œil ici (entre fan on va dire!)

Je vous remercie beaucoup-beaucoup de m’avoir lu jusqu’ici. Dans la deuxième partie, je parlerai des thèmes de La Tour Sombre, en attendant:

«Que vos jours soient longs et vos nuits plaisantes.»

S.K.

Bonsai!

Edition présenté: PANINI COMICS (6 février 2008) ISBN-13: 9782356160041 Collection : BEST OF FUSION