Chronique Musicale : Kill ’em All de Metallica (1983)

Ami du rock bonjour!

Ça faisait longtemps que je voulais parler de mon groupe préféré. Mais par où commencer ? Après réflexion je me suis dis « par le commencement ». Pas celui par lequel je les ai découvert,non, ça c’était en 1993, au lycée, avec le Black Album, leur 5e album. Un ami m’a balancé la cassette (et là les jeunes doivent regarder l’écran en se demandant c’est quoi une cassette ?? ) en me disant  » tiens gamin ! Ecoute ça, c’est beaucoup mieux qu’Iron Maiden, la soupe dont tu abreuves tes oreilles ! » (et que j’adore toujours soit dit au passage cher Bart, que cela te plaise ou non où que tu sois !) Le dit ami avait mon âge, je précise vu la teneur de son langage, mais pourtant c’est bien ainsi qu’il m’a parlé. Je vous épargne les invectives homophobes en rapport avec le piège à souris et autre métaphore empirique sur la tonalité vocale de Bruce Dickinson, le chanteur de Maiden, le monde du rock/métal a besoin de cette pseudo réputation de virilité, et entre nous quand on a 15 ans on est pas sérieux.
Très vite, j’ai accroché au son, aux rythmiques, aux paroles de ce groupe qui à l’époque commençait à avoir énormément de succès. Et j’ai donc remonté le temps, en me procurant les albums un à un, ( – regarde les jeunes – en cassette, oui), jusqu’à découvrir ce Kill ’em All, leur tout premier album et qui reste aujourd’hui mon album préféré avec Master of Puppets et Ride The Lightning.
Donc nous commencerons non pas par mon histoire commune avec Metallica depuis 25 ans, mais bien par le commencement de leur histoire, quelque part là-bas au bord du Pacifique, dans la banlieue de San Francisco. Alors, vous avez sorti vos boules quiès ? Parce que je vous préviens ça envoie du lourd, du metal…up your Ass. Allez c’est parti !

Le Groupe

Difficile de retracer toute l’histoire du groupe sans y passer des plombes. Pour autant, il faut qu’on en parle un minimum en nous concentrant sur ce qui nous intéresse, histoire de restituer le contexte. Lars Ulrich, le batteur, est de nationalité danoise. Venu s’installer en Californie, à San Francisco, pour perfectionner son tennis afin de devenir pro comme son père, il publie une annonce pour trouver des musiciens. Car il est fan de rock, plus particulièrement de la NWOBHM (new wave of british heavy metal) constituée de groupes émergeant comme Judas Priest, Iron Maiden et d’autres déjà plus ancrés dans le paysage du rock tel que Black Sabbath, Deep Purple, Motörhead, Diamond Head, tous des groupes européens très en vogue de notre côté de l’atlantique. Sa première Batterie lui est offert en 1977 par sa grand-mère et il préfère taper des fûts que de taper une balle jaune. Ces groupes, dont il a amené les disques avec lui, auront un impact non négligeable sur la musique de Metallica. Un gars va répondre à l’annonce, un guitariste fan également de groupe européens comme Thin Lizzy, Motörhead, mais aussi de Blue Öyster Cult, un groupe New Yorkais : James Hetfield.

James, Kirk, Lars et Cliff en 1983

Ils décident de participer à une compil Metal regroupant plusieurs groupes de Los Angeles qu’un ami de Lars, Brian Slagel, tente de produire et ils montent un line-up à l’arrache avec le voisin de chambre de James , Ron Mc Govney. Il assurera la basse tandis que Hetfield s’occupe des parties de guitare solo et rythmique avant qu’ils recrutent Dave Mustaine, pour venir le suppléer. Après le départ de Ron Mc Govney, Cliff Burton, transfuge de Trauma, un groupe en vogue de la Bay Area de San Francisco, rejoint le groupe. Alors que Brian Slagel cherche un nom pour sa compil’, Lars en profite pour lui piquer une de ses idées et se mettre bien au chaud le nom de Metallica qui sonne bien à ses oreilles, lui disant de garder Metal Massacre. James desinnera le fameux Logo au M et A crochu : le groupe est né.

Ce premier line-up du groupe va enregistrer une démo intitulé « No life ’till Leather« , littéralement: « pas de vie sans cuir », qui va très vite faire le tour de la baie et permettre au groupe d’obtenir une petite notoriété locale qui va l’amener à décrocher son premier contrat avec un label et une session studio pour enregistrer un album.
La petite histoire veut qu’ils achetèrent un van avec leurs économies pour se rendre dans l’état de New York, donc traverser un continent, rien que ça. Mais Dave Mustaine avait des problèmes d’alcool et de drogues, ce qui le rendait plutôt violent et peu fiable (mais quels problèmes d’alcool ? il n’y en a pas dans le monde du rock, on ne boit que de l’eau.. enfin presque… pour ma part je suis caféïnomane, juré, craché !). Il provoqua un accident, ruinant le véhicule et obligeant le groupe à se séparer de lui pour ces excès récurrents. Il fut remplacé au pied levé par Kirk Hammett, soliste chez Exodus l’après midi même. L’ancien élève de Joe Satriani dû apprendre tous les solos en quelques jours afin d’être prêt pour la session d’enregistrement. Ce Premier album, synonyme du début de la conquête du monde, allait être la naissance d’un genre tout nouveau : le Trash metal. Caractérisé par une musique beaucoup plus rapide et beaucoup plus forte que les autres, ils ouvraient la porte à d’autres groupes tel que Slayer ou encore Megadeth fondé plus tard par un Dave Mustaine revanchard.

Le groupe souhaitait au départ appeler son album Metal Up Your Ass (du métal plein ton c..). La pochette représentait une main tenant fermement une dague sortant d’une cuvette de toilette, mais la société chargée de distribuer l’album s’y opposa. Ils choisirent alors de changer le titre en Kill ‘Em All (« tuez-les tous ») sur une idée de Cliff Burton en référence aux distributeurs trop frileux à ses yeux. La nouvelle pochette projetant l’ombre d’une main au-dessus d’un marteau ensanglanté fait son apparition dans les bacs des disquaires le 25 juillet 1983.

Track list

1.Hit the Lights4:17
2.The Four Horsemen7:13
3.Motorbreath3:08
4.Jump Into The Fire4:42
5.(Anesthesia)Pulling Teeth instrumental4:15
6.Whiplash4:10
7.Phantom Lord5:02
8.No Remorse6:26
9.Seek And Destroy6:55
10.Metal Militia5:09

Analyse des chansons

L’album commence sur un murmure lointain qui se rapproche tel un rugissement provenant d’une tempête qui s’amplifie pour venir nous fracasser les tympans, dans une introduction très Rock’n Roll, la basse voltigeant ses arpèges alors que Lars martèle ses cymbales comme un malade avant de faire une descente de toms rebondissant, puis ralentissant jusqu’à ce que James entame un riff endiablé qui emmène tout le monde à sa suite. Hit The Lights est l’essence même de ce son nouveau, avec une voix criarde et pleine d’écho (merci la prod’), un refrain accrocheur que le public peut chanter et des paroles à faire pâlir n’importe quel américain moyen de l’époque. Le solo final hurle encore, lancinant et percutant, que déjà les tignasses s’activent et enchaîne avec un des mes titres préférés de cet album : The Four Horsemen. C’est une compo ultra travaillée, avec un texte qui parle des 4 cavaliers de l’apocalypse, ce qui donnera d’ailleurs son surnom au quatre membres du groupe, tant la chanson est devenue un classique. À l’origine, la chanson devait s’appeler The Mechanix, mais suite au départ de Mustaine, l’un de ses compositeurs qui la reprendra sur l’album de Megadeth Killing is my business and my business is good, James la réécrit en partie et modifie les paroles. Perso je préfère largement la version des Mets, mais suis-je objectif ? Je dirais que oui car j’adore aussi Megadeth.

Vient ensuite deux bons titres mais que j’aime un peu moins. Le premier est un hommage à Motörhead et son style de vie Rock ‘n roll (Motorbreath), le second nous donne le point de vue du diable qui regarde les humains s’autodétruire et se jeter dans le feu (Jump Into The Fire). Arrive la fin de cette face A comme il y en avait encore à l’époque des 33 tours, et apparaît LA pépite composée par Cliff Burton, un solo de basse somptueux rejoint par la batterie sur la fin de la prise. L’ouverte de Pulling Teeth nous permet d’entendre la voix du défunt Cliff nous annoncer « Bass Solo take one « . Le morceau est suivi immédiatement sans blanc par le brulant Whiplash (coup de fouet !) qui nous cingle le derrière par sa violence et sa non soumission. Le groupe est connu pour son refus de compromis et entend bien nous le faire comprendre à coup de décibels ravageuses et fulgurantes.

La face B s’ouvre sur un titre qui aurait pu être le nom du groupe Phantom Lord et sous lequel d’ailleurs ils donnèrent quelques concerts cachés au milieu des années 80 histoire de goûter à nouveau aux ambiances underground de leur début. Une intro avec une basse à la distorsion extrême et un pont mélodique au milieu de la chanson, entêtant et délicieux, montrent toutes les qualités musicales du groupe et les possibilités qu’ils ne tarderont à prouver dans un avenir proche.

No remorse avec ses riffs encore une fois parfaits, que ce soit dans le couplet ou dans le refrain avec ses notes cristallines intercalées entre deux notes lourdes, nous montre que le groupe sait s’engager dans ses textes en dénonçant la guerre. Bien que les titres peuvent prêter à confusion, laissant penser à force de clichés que le monde du metal est composé de groupes satanistes adeptes de la violence (ce que je ne suis pas soyons clair), le vocabulaire guerrier et violent utilisé ici n’est fait que pour souligner le coté sans compromis du groupe qui compte bien conquérir le monde du metal de force s’il le faut, par sa fougue et sa violence musicale uniquement. Il faut remettre dans le contexte que ces chansons ont été pour la plupart écrites alors que ces membres avaient entre 17 et 20 ans.

Arrive le summum de cette face avec un titre aujourd’hui devenu un classique au même rang que The Four Horsemen et joué automatiquement à chaque fin de concert, Seek and Destroy. Son riff mid-tempo constellé de down picking en Mi n’est pas difficile à reproduire en soit à la différence d’autres compos du groupe, mais est d’une efficacité rare sur nos neurones. Le refrain ultra fédérateur sera d’ailleurs rallongé à n’en plus finir sur la tournée Live Shit Binge & Purge alors que James parcourt la foule afin de faire gueuler dans son micro « Seeek annnd Deestrrroy » à un public en transe. Metal Militia vient clôturer cette album à coup de bruit de bottes. Ici encore une fois aucun rapport avec le 3e reich, mais bien les cohortes musicales du metal qui sont en marche afin de conquérir le monde et de répandre la bonne parole du metal à travers la planète.
Alors, voyons mes notes pour ce premier et excellent album, qui ne fut reconnu à sa juste valeur que quelques années plus tard, bien après que les Four Horsemen, à force de concerts et d’albums, s’ancrèrent dans le paysage metal mondial. J’apprécie particulièrement l’exercice, car il me permet à moi aussi de découvrir quelle est la moyenne et d’établir un classement personnel.

Les notes :

1.Hit the Lights5/5
2.The Four Horsemen5/5
3.Motorbreath4/5
4.Jump Into The Fire3,5/5
5.Pulling Teeth (Anesthesia)5/5
6.Whiplash5/5
7.Phantom Lord5/5
8.No Remorse4,5/5
9.Seek And Destroy5/5
10.Metal Militia4/5

Moyenne de l’album :

4,6/5

Une très très bonne note pour un premier album, tout le monde ne peut pas en dire autant. Metallica était en marche pour devenir un très grand et très prochainement nous étudierons l’album qui sortit l’année suivante (1984) et qui fut composé en quasi simultané avec celui-ci : Ride The Lightening.


Rédiger cette article fut pour moi spécial, car il ne s’agit pas d’un groupe parmi d’autres à mes yeux, il me colle à la peau et leur musique est bien plus qu’une vibration sur mes tympans. Ils sont la bande originale du film de ma vie, et même encore aujourd’hui il ne se passe pas une journée sans que je me fasse un petit titre, notamment sur leur chaine Youtube qui régulièrement poste des morceaux live de leur tournée en cours.
J’espère vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir cet album et comme d’habitude je vous laisse avec un petite vidéo, live cette fois-ci, car c’est l’essence même du groupe. J’ai longtemps hésité entre The Four Horsemen et Seek And Destroy… le verdict… plus bas.

Rock on!

Revue Littéraire : Chronique du Chevalier Errant de George R.R. Martin

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un univers qui a fait couler beaucoup d’encre cette année à cause d’une saison qui était très attendue, et qui en fera couler beaucoup encore pendant un moment, du moins jusqu’à ce que George termine sa série et publie déjà pour commencer le fameux The Winds Of Winter, je veux bien sûr parler du Trône de Fer. Pour ma part, j’ai découvert cet univers en 2012 alors que j’étais en convalescence. Un ami m’avait prêté les saisons 1 et 2 de GoT (surnom officiel pour Game of Thrones), la saison 3 était encore à venir. Après les avoir visionnées assez rapidement, je me mis en quête des livres que je m’empressai de lire en version intégrale, plus proche de l’édition Originale U.S Le revers de la médaille, c’est que je suis obligé d’attendre que tout « le découpage » soit publié avant de pouvoir en profiter ; je l’ai vécu avec l’intégrale 5 et c’était pas drôle! Mais bref revenons à nos moutons. J’ai donc rapidement lu les différents tomes déjà parus en français et en Intégrale J’ai Lu (oui je suis sélectif sur mes éditions en plus !) dépassant rapidement la série TV. Puis la série TV a de nouveaux dépassé les livres, avant de s’offrir une année de pause.
Début 2019, comme j’étais en manque de Westeros, et que la saison 8 semblait encore lointaine, je m’étais réservé un petit shoot que j’avais bien planqué entre les coussins du canapé pour pas qu’on me le pique : Les Chroniques du chevalier Errant. Je connaissais l’existence de cette série qui ressemble plus à de longues nouvelles qu’à des romans, mais je préférais attendre d’en avoir fini avec la saga principale avant de le lire. De plus, le temps que j’en finisse et que je me penche également sur Game of Thrones Origine de la Saga, le magnifique ouvrage présenté comme une Histoire complète des Sept Couronnes (et vous ai-je déjà dis que j’aimais l’histoire?), George Martin s’était décidé à publier une aventure supplémentaire, L’Oeuf de Dragon.

Le fameux livre d’histoire de westeros

En arpentant le Store de ma Kobo toute neuve, cadeau de la mère Noël, parce que je suis un petit garçon très sage qui lit tout plein, je repérai une édition qui regroupait les trois nouvelles de cette série plus connu sous le nom des Aventures de Dunk et l’Oeuf. L’occasion rêvée de lire tout ce que Martin avait déjà écrit sur ces Héros!

Quatrième de couverture :

Qu’il joute ou qu’il guerroie, le chevalier errant n’a d’autre code que celui de l’honneur. Il loue ses services aux causes les plus nobles et prend la défense des opprimés. Ser Arlan suit cette ligne de conduite et l’inculque à son écuyer Dunk. La rencontre de ce dernier avec un étrange garçon qui se fait appeler Oeuf va changer à jamais son destin.

Mon avis:

Le livre se découpe donc en trois parties, trois histoires. Elles sont présentées dans l’ordre de parution qui se trouve être également leur ordre chronologique mais elles sont totalement indépendantes les unes des autres.
Le recueil débute par Le chevalier Errant, une nouvelle originellement écrite pour l’anthologie Légendes (1998). Dunk, est un jeune homme d’environ dix-sept ans mais déjà fort grand et vigoureux. Écuyer de Ser Arlan de l’Arbre-Sous, il va reprendre le flambeau de celui-ci, mort d’un refroidissement et se rendre au grand tournoi de Cendregué pour y participer sous le nom de Ser Duncan le Grand. En chemin, il va rencontrer l’Oeuf, un enfant au crâne chauve qui veut absolument être son écuyer.
Ces joutes seraient des plus classiques si la famille royale n’y était mêlée. Comme l’histoire se situe 90 ans avant les événements de la saga principale, en 209 selon le comput des Sept Couronnes, ce sont encore les Targaryens qui sont au pouvoir. A l’époque de la parution de la nouvelle en 1998, Feu et Sang, le tout dernier roman de l’auteur, racontant l’histoire de cette lignée légendaire n’était pas encore paru, c’est donc la première fois que nous rencontrons réellement ces êtres chevaucheurs de dragons, avec leurs longs cheveux blonds et leurs yeux aux couleurs étranges, dans leur fonction de Haut-seigneur et dirigeant. Martin va donc nous entraîner à travers ces réjouissances d’une autre époque et nous présenter aussi bien les Seigneurs avec leurs suites, chevalier à l’héraldique complexe à mémoriser, que le petit peuple composé d’artisans ou de saltimbanques, jouant sur les thèmes et les codes chers à la chevalerie : l’honneur, la justice et la défense des opprimés. Ce que j’aime avec les textes de Martin, c’est que malgré le contexte historique, il y aborde des thèmes sociaux qui sont toujours d’actualité.


Nous poursuivons notre lecture avec L’Épée Lige publié à l’origine dans l’anthologie legend of fantasy (1999). Deux ans ont passés depuis Cendregué, Ser Duncan le Grand et son écuyer l’Oeuf, sont entrés au service de Ser Eustace Osgris, un chevalier fieffé peu riche. Alors que la sécheresse sévit, et apporte souffrance et misère à une bonne partie du royaume, ils vont devoir régler un différend de voisinage, où les fantômes du passé vont resurgir, mêlant allégeance, romance et mystère. Les rébellions d’hier nourrissent les rancœurs d’aujourd’hui et encore une fois les codes et les rites de l’époque médiévale sont passés en revue pour nous offrir un récit très vivant, qui permet de mettre en relief l’Histoire des Sept Couronnes, aussi complexe et conflictuelle que notre propre Moyen-âge, pour au final, nous offrir une bonne histoire, très plaisante à lire.


La dernière nouvelle, l’Oeuf de Dragon a été écrite pour figurer dans l’anthologie Warriors co-éditée avec son partenaire de Wild Card, Gardner Dozois (2010). Nous sommes quelques mois plus tard dans la chronologie, mais pas dans la vie de l’auteur (!). Nos deux compères ont décidé de monter vers le Nord afin de se mettre au service des Stark de Winterfell pour y combattre les Fers-nés et pourquoi pas voir le Mur. Chemin faisant, ils vont tomber sur un cortège de chevaliers se rendant à Mur-Blanc afin d’assister à un mariage et participer au tournoi donné en son honneur. La récompense du vainqueur ne serait rien de moins qu’un Oeuf de Dragon. Cherchant à remplir sa bourse trop légère à son goût, Ser Duncan décide de s’y rendre. Il ne sait pas qu’il va entraîner l’Oeuf au milieu d’un nid de vipères où Martin va prendre un malin plaisir à jouer avec notre perception, présentant dans toute sa finesse le jeu des trônes : prophétie, duperie, mensonge, faux-semblant, dans un huis-clos (en pierre blanche !) stressant. L’histoire nous montre une nouvelle facette de Westeros ainsi que la complexité de sa société et l’auteur réussit avec brio à nous tenir en haleine jusqu’à la toute dernière page.

Conclusion:

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce recueil des aventures de Dunk et L’Oeuf, la longueur est très abordable contrairement à la saga principale et chaque nouvelle a surtout le mérite de pouvoir se lire indépendamment. Elles sont toutes trois pleines de rebondissements et il est toujours difficile de deviner comment elles vont se terminer même si on connait l’univers et l’écriture de Martin. Malgré la rencontre de personnages parfois peu recommandables, de complots divers, l’ambiance de l’histoire reste bon enfant puisque elle est essentiellement axée sur la relation bienveillante entre Dunk et l’Oeuf. Le chevalier d’ailleurs n’arrête pas de promettre des «taloches à l’oreille» à son écuyer, très vif d’esprit et de tempérament contrairement à lui plus long à la détente, sans jamais passer à l’acte. Le style est on ne peut plus accessible et assez fluide malgré trois traductions différentes assurées respectivement par Paul Benita, Jean Sola et Patrick Marcel. C’est une véritable lecture plaisir et j’attends impatiemment la suite, George R.R. Martin ayant prévu d’écrire plusieurs nouvelles racontant toute l’histoire de nos deux compères depuis leur rencontre jusqu’aux tragiques événements de Lestival. Espérons qu’il tienne parole !

La note:

8/10

N’hésitez pas à me laisser en commentaire, votre avis! Vous êtes nombreux maintenant à passer par ici , et j’aimerais beaucoup connaitre vos ressentis sur les livres abordés. Pensez à vous abonner également afin de ne rien rater des prochains articles à venir, et à cliquer sur le bouton j’aime ci-dessous si vous avez apprécié la chronique!

Bonsai!

L’édition présenté: « Les chroniques du Chevalier Errant » de chez Pygmalion. Parution le 04/03/2015 ISBN : 2756411159.

Chronique Musicale : Bad Magic de Motörhead (2015)

Ami du Rock, Bonjour!

Aujourd’hui nous allons parler du dernier, oui, tout dernier album de Motörhead, Bad Magic, et croyez moi ou pas ça fait un moment que je veux la publier cette chronique. Sortie en 2015 (mon dieu que ça passe!) il est l’album testamentaire de Lemmy Kilmister, légende du rock. Il est mort comme il a vécu : sans concession ni compromis. Parti à 70 ans d’un cancer sois-disant foudroyant, après une vie bien remplie de sexe, de drogue et Rock’n Roll, il s’en est allé, nous laissant tous orphelins du son de sa basse à la distorsion si caractéristique et de sa voix éraillée par le tabac et l’alcool. Lemmy qui fut un modèle et une inspiration pour beaucoup de groupes, notamment Metallica qui n’a jamais caché son amour pour le bonhomme, avait une apparence à provoquer une crise cardiaque à une petite vieille attendant pour traverser sur le bord de la route, alors que notre rocker avait en fait un si grand cœur qu’il l’aurait probablement aidée à traverser, quitte à botter quelques culs de jeunots qui n’auraient pas voulu se pousser.

Mikee Dee, Lemmy Kilmister et Phill Campbell

Le groupe

Je ne vais pas faire l’historique du groupe ce serait trop long, il faut surtout retenir que Motörhead, qui est le nom d’une drogue que Lemmy affectionnait particulièrement au même rang que le Jack Daniel’s et les femmes, est le reflet de son âme, de sa vision du rock, et que Metallica ou même le Heavy metal n’aurait probablement pas vu le jour sans lui. Musicalement c’est du rock très classique comme Buddy Holly, Jerry Lee Lewis ou Chuck Berry mais avec du gros son, les amplis poussés jusqu’à 11, (le maximum sur un ampli, pour ceux qui ne connaîtraient pas est de 10 😉 ). Les accords utilisés ainsi que les rythmiques sont empruntés à ce Rock naissant des années 60. Lemmy disait souvent : « je suis plus vieux que le Rock lui-même. » Et c’était vrai! Il est né en 1945, il a donc vu le rock venir au monde, notamment au travers des Beatles qu’il affectionnait particulièrement. Il sera même Roadies de Jimmy Hendrix lors de l’exil de ce dernier en Europe, dans les années 60. Car oui, bien que Lemmy vivait à Los Angeles, il était anglais (personne n’est parfait!). Une des particularités de Lemmy consistait à chanter avec le micro anormalement haut, ce qui l’empêchait de voir à quel point les spectateurs étaient peu nombreux à leur début. Passionné du 3e reich sans être pour autant Nazi, « Ne me dis pas que je suis un nazi, lance-t-il au GuardianEn 1967, j’ai eu ma première petite amie noire et un paquet d’autres depuis. Je ne comprends juste pas le racisme, j’ai jamais pensé que c’était une option. », il avait choisi le rock comme manière de vivre. Tu vas nous manquer l’artiste mais au moins il nous reste ta musique et ce fabuleux documentaire, Lemmy que Arte avait diffusé au lendemain de sa mort. Pas sûr que Black M ait le droit au même !

Track List

1.Victory or Die3:09
2.Thunder & Lightning3:06
3.Fire Storm Hotel3:35
4.Shoot Out All of Your Lights 3:15
5.The Devil2:54
6Electricity2:17
7.Evil Eye2:20
8.Teach Them How to Bleed 3:13
9.Till the End4:05
10.Tell Me Who to Kill2:57
11.Choking on Your Screams 3:33
13.When the Sky Comes Looking for You2:58
14.Sympathy for the Devil (reprise des Rolling Stones) 5:35

Analyse des chansons

L’album s’ouvre sur Victory or Die et nous entraîne direct avec le son caractéristique de Motörhead sur une rythmique soutenue typique du groupe. Il faut dire qu’ils font partie de ces groupes dont on n’attend pas autre chose, et c’est même pour ça qu’on les écoute. Thunder and Lightning, Fire Storm Hotel, Shoot out all of your lights, les titres s’enchaînent de manière percutante et effrénée, dans la lignée des bons titres du groupe. Seul The Devil me laisse un peu de marbre dans ce déluge de décibels au contraire des excellents Teach them how to bleed, Tell me who to kill ou encore Evil Eye, et Choking on your Scream. La surprise qu’on n’attendait pas provient de Till the end, une power-ballade, un genre de morceau inexistant sur toute leur discographie. Une vraie bonne surprise d’autant plus que dans son genre celle-ci est plutôt réussie, lancinante et flippante à souhait, sans pour autant voir la distorsion de la basse descendre en dessous de 10 sur le Murder One*, hey faut pas déconner! Pour le coup, on regrette presque qu’il n’en ait pas fait d’autres comme celle-là auparavant. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans cet album puisque nous avons une reprise aussi surprenante que de qualité des Rolling Stones : Sympathy for the devil. la voix de Lemmy paraît tout à fait adaptée à ce titre et le solo de guitare est plutôt réussi. L’arrangement est moins subtil que celui des Stones (Louder than everyone Else oblige Baby), c’est clair, mais on ne peut s’empêcher de sourire en l’écoutant, se disant qu’il n’y a peut-être pas d’autre titre qui colle mieux à Lemmy que celui-ci. Et puis entendre Phill Campbell et Mikkey Dee faire des Oo Oo derrière en backing Vocals, ça n’a pas de prix 😀

Les notes :

1.Victory or Die5/5
2.Thunder & Lightning5/5
3.Fire Storm Hotel3,5/5
4.Shoot Out All of Your Lights 5/5
5.The Devil3/5
6Electricity3,5/5
7.Evil Eye5/5
8.Teach Them How to Bleed 5/5
9.Till the End4/5
10.Tell Me Who to Kill5/5
11.Choking on Your Screams 5/5
13.When the Sky Comes Looking for You4/5
14.Sympathy for the Devil (reprise des Rolling Stones) 5/5

Moyenne de l’album :

4,14/5

Conclusion :

Un très bon album, qui se classe parmi leurs meilleurs! On notera l’excellent Power- Ballade Till The End donc, ainsi que la reprise des Stones dans les agréables surprises. Beaucoup de riffs ressemblent à d’autres déjà entendus dans d’autres compos du groupe, mais cela n’enlève rien à la qualité de l’album, au contraire. Pour ma part si je devais choisir un morceau ce serait Victory or Die, classique s’il en est, ou encore l’excellentissime Choking on your Scream. Merci Lemmy pour cet adieu, tu laisses une empreinte immense dans le paysage Rock qui sera difficile à égaler pour les futures générations.

On se quitte comme toujours avec un extrait de l’album, j’ai choisi, et c’était pas simple, Choking on your Scream

Rock on!

Revue Littéraire : les Tommyknockers de Stephen King

Toc toc .

Qui c’est?

C’EST NOUS!

LES TOMMYKNOCKERS !

Je ne pense pas qu’il soit utile de présenter Stephen King. Nous en avons déjà parlé sur ce blog. À bientôt 72 ans il n’a plus rien à prouver. Il est connu dans le monde entier, et si ce n’est pas votre cas alors vous avez vécu dans une grotte ces 40 dernières années. Cette réflexion m’amène à me poser la question : comment faites-vous pour lire mon article alors…? depuis votre grotte.

Je m’amuse depuis quelques années à relire les premiers romans du Maître, ceux d’avant l’accident de 1999, de la première période beaucoup plus horrifique, ceux de mes premiers plaisirs de lectures, assis sur les marches des escaliers de la cours du lycée, mon walkman hurlant Enter Sandman dans mes oreilles, un café dans un gobelet plastique de la machine à portée de main et une Camel pendant mollement à mes lèvres. Les Tommyknockers que je vous présente aujourd’hui avait cette particularité que je ne le possédais pas. Lors de ma première lecture, au lycée, un ami m’avait prêté son édition France Loisirs. Du coup je ne l’avais jamais re-feuilleté comme je le fais avec la plupart des livres que j’ai, ne serait-ce que pour m’imprégner à nouveau de l’ambiance ou relire une passage que j’ai aimé. L’attraction pour ce titre fut donc décupler par mon désir de le posséder et de redécouvrir l’histoire dont seuls quelques filaments verdâtres traînaient encore pendouillant mollement à mes souvenirs de jeunesse.

C’est donc avec impatience et plaisir que je m’immergeai dans ce livre écrit au milieu des années 80, qui est probablement le dernier qu’il ait écrit sous l’emprise de certains produits stupéfiants et de l’alcool. Mais je reviendrai plus tard sur l’implication de son état physique lors de l’écriture. Tout d’abord découvrons le résumé.

Quatrième de couverture:

Tard, la nuit dernière et celle d’avant Toc! Toc! à la porte – les Tommyknockers Les Tommyknockers, les esprits frappeurs… Je voudrais sortir, mais je n’ose pas Parce que j’ai trop peur du Tommyknocker.

Tout commence par les rythmes apaisants d’une berceuse ; et pourtant, sous la plume de Stephen King, les vers anodins se muent en une inoubliable parabole de l’épouvante, qui entraîne les habitants pourtant bien sages et terre à terre d’un paisible village dans un enfer plus horrible que leurs plus abominables cauchemars… ou que les vôtres.

Une histoire fascinante et démoniaque que seul Stephen King pouvait écrire. Et lorsqu’on frappera à votre porte, par prudence, mettez la chaîne, si tant est qu’une chaîne suffise…

Mon avis :

Première partie ou présentation des protagonistes.

Ce livre se découpe en 3 parties. La première présente les deux personnages principaux. Tout d’abord son héroïne, Roberta Anderson, romancière de western qui vit seule avec son chien, un Beagle nommé Peter, dans la petite ville de Haven dans l’état du Maine. Elle découvre par hasard en trébuchant dessus un morceau de métal qui dépasse du sol dans le bois derrière chez elle et il va très vite devenir une obsession. Les obsessions sont une idées récurrentes chez King. Creuser…creuser..mais pour déterrer quoi? Quelque chose qui va changer la vie des habitants de Haven. Une invasion sous forme d’évolution, d’amélioration.

Puis nous faisons la connaissance de Jim Gardener, Gard comme elle le surnomme, son meilleur ami qui fut un temps son amant. C’est un professeur d’université qui a deux passions dans la vie : la première c’est l’alcool, la seconde combattre le nucléaire. Quand je dis deux passions c’est un euphémisme, ce sont bien sûr plutôt des obsessions.

Notre bon vieux Jim nous offrira certaines des scènes les plus éloquentes de cette première partie en terme d’humour et de réflexion sur notre espèce, car bien sûr Stephen King ne se contente pas de raconter une histoire, chaque mot, chaque phrase, est calculé pour nous faire réfléchir. Ses personnages, toujours aussi bien construit et qui paraissent tellement réels grâce à son phrasé unique et leurs travers, leurs faiblesses, très proches des nôtres, nous interrogent sur notre monde.

Un des bons vieux arguments de Gard contre le nucléaire est l’exemple de la catastrophe de Tchernobyl. Car l’histoire se passe en 1988 et je rappelle pour tous les petits jeunes qui me lisent et ceux qui ont passé les quarante dernières années dans leur grotte que le 12 avril 1986 la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine vit son réacteur entrer en fusion, suite à des défauts de conception et surtout aussi à pas mal d’erreurs humaines, et exploser provoquant ainsi un nuage radioactif qui recouvrit une bonne partie de l’Europe et votre serviteur par la même occasion alors qu’à l’époque j’habitais dans l’Est de la France. On peut supposer que King a rajouté ces éléments en cours d’écriture car les dates à la fin du livre indique qu’il a commencé la rédaction de cette histoire en 1982. Or, à cette époque, à part quelques incidents survenus sur des centrales aux États-Unis tel que Three miles Island, Il n’y avait rien eu de tel ailleurs. D’ailleurs je crois que c’est la première fois qu’écrire un livre lui a prit aussi longtemps, d’après les dates données par l’auteur, il a passé 5 ans sur cette histoire.

Est-ce que M. Kilowatt était un Ami de la Poésie? Presque autant, se dit Gard, que lui-même était un Ami de la Bombe à Neutrons.

S.K

Nous voici donc avec deux protagonistes bien différents et qui pourtant nous ont déjà accrochés par leur côté obsessionnel à tous les deux. Ils vont bien sûr être réunis pour le meilleur et pour le pire.

Deuxième partie ou quand le King écrit beaucoup….

La deuxième partie du récit s’attache à nous présenter la ville où se situe l’histoire. Et bien que boulimique de lecture et grand fan de son style, j’avoue que par moment il y eut certaines longueurs. Evidemment tout arrive à qui sait attendre et l’on découvre toujours au bout d’un moment à quoi nous sert la présentation de certains personnages, mais il faut être honnête, beaucoup ne servent à rien si ce n’est agrémenter le décor, et montrer de quelle manière l’excavation en cours chez l’héroïne influe sur le comportement des habitants de la ville. L’auteur se fait plaisir avant tout, après tout il a le droit, et certaines de ses petites histoires sont sympa, mais dispensables pour la plupart.

Troisième partie ou quand l’histoire monte en puissance.

C’est dans la troisième partie que tout s’accélère enfin et que les choses se décantent pour nous emmener vers un final, plutôt indécis jusque dans les dernières pages. Pour ceux qui disent que le Roi ne sait pas terminer ses livres, ici je ne suis pas d’accord. Le final me semble juste et sans ambiguïté. Et le maître mot qui me vient à l’idée c’est Rédemption. La rédemption d’un alcoolique qui avec ses maigres moyens tente de sauver le monde (rien que ça!). De quelle menace et y parvient-il? je vous laisse le découvrir. Cette réflexion est presque anecdotique car le plus important, c’est que ce livre a sans doute aidé son auteur à se sauver lui-même. Comment ne pas voir le parallèle entre ses propres problèmes de drogues et d’alcool et l’obsession, thème majeur du livre, dont font preuve les protagonistes, obsessions qui les tuent petit à petit, consciemment même par moment, tout comme lui se détruisait aussi à cette période de sa vie de la même manière.

Stephen King nous dit dans Ecriture, mémoires d’un métier :

Attention il spoile un peu l’histoire, vous êtes prévenus!


« Au cours du printemps et de l’été 1986, j’ai écrit Les Tommyknockers, travaillant souvent jusqu’à minuit passé, le cœur battant à cent trente, des boulettes de coton enfoncées dans les narines pour étancher les saignements provoqués par la coke.

Les Tommyknockers est un récit de science-fiction dans le style des années quarante, dans lequel l’héroïne, un écrivain, découvre un vaisseau extraterrestre enfouis dans le sol. L’équipage est toujours à son bord, vivant, mais en état d’hibernation. Ces créatures envahissent votre cerveau et se mettent simplement… à vous tommyknocker. Vous bénéficiez d’une certaine énergie et d’une forme superficielle d’intelligence, en échange vous donnez votre âme. Telle fut la meilleure métaphore pour les drogues et l’alcool que put trouver mon esprit fatigué et en surtension. »

SK

Conclusion:

Lovrecraft n’est jamais bien loin chez le Roi, et ce récit de science-fiction semble très inspiré par l’auteur de Providence. Malgré quelques longueurs dans la deuxième partie du livre, j’ai passé un excellent moment à le relire. Son style inimitable et sa narration m’ont porté tout du long. J’ai lu la dernière partie du livre sans m’arrêter, engloutissant les 300 dernières pages et finissant très tard au cœur de la nuit, encore émerveillé par la dernière vision de Gard notre poète anti-nucléaire. Comme d’habitude le temps de lecture y est pour beaucoup dans ma note, car il reflète mon attrait pour le livre, et quand vous lisez un livre de près 1000 pages en version poche en seulement quelques jours vous ne pouvez nier avoir pris du plaisir!
Je recommande ce livre à tous les fans de la première période du King, et tous ceux qui aiment la SF. Evidemment l’avancée technologique dont nous sommes témoins rend obsolète certaines des prouesses des habitants de Haven, mais il faut savoir remettre les choses dans leur contexte : disons-nous que Jules Vernes n’est pas attrayant car la technologie qu’il décrit est dépassée?
Pour ce bon moment, Monsieur King je vous mets la note de :

8/1O

Bonsai!

Edition présenté : Livre de Poche traduit de l’américain par Dominique Dill. 960 pages. Date de parution: 07/01/2004 – EAN : 9782253151463 – Editeur d’origine: Albin Michel

Revue Littéraire : Les Jardins de la Lune de Steven Erikson

Et bien… ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de rédiger une revue littéraire. En même temps, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu le temps de le faire, trop occupé à lire. Beaucoup même. J’ai englouti des centaines de pages ces deux derniers mois. Car mon grand coup de cœur de cette année 2019, je le tiens, depuis juin. Il faisait partie de ma PAL sans être une priorité, et puis une promo sur le Kobo-store m’a décidé à acheter le premier volume de cette série qui en possède 10. Après plusieurs tentatives de traduction, chez Buchet/Chastel notamment (pour le premier volume seulement), puis chez Calmann-Lévy (qui lui s’est arrêté au second volume, qu’il avait d’ailleurs découpé en deux parties), nous avons enfin une édition de qualité grâce aux éditions Leha et à deux traducteurs ambitieux mais surtout fans de l’œuvre : Emmanuel de la Chastellière et Nicolas Merrien. C’est avec une avidité non contenue que je me suis donc plongé dans The Malazan Book of the Fallen (titre original de la série) et ÉPIQUE est le mots qui convient!

Pour le moment trois tomes sont déjà parus. Ils suivent un rythme de parution régulier d’après un planning établi à l’avance et respecté (si si!) et le prochain, à l’heure où j’écris ces lignes, sera pour le mois d’octobre 2019 et s’intitulera La Maison des Chaines. Je viens de terminer le tome 3 , Les Souvenirs de la Glace, et je serai donc fin prêt pour octobre, mais ne brûlons pas les étapes, parlons d’abord de ce premier volume, Les jardins de la Lune de Steven Erikson donc, clé d’entrée dans la série.

Il ne sert à rien de commencer quelque chose sans nourrir une certaine ambition.

Steven Erikson

La genèse

À l’origine, Les Jardins de la Lune se déroulait dans un univers créé pour le jeu de rôle. Steven Erikson et son ami Ian C. Esslemont se retrouvaient régulièrement pour jouer au cours de longues soirées, vous savez c’est le truc auquel les jeunes jouent dans Stranger Things. Et NON, ce n’est pas qu’une activité d’ados, vous devriez essayer. Bref, c’est donc dans cette optique de jeu que nos deux jeunes auteurs en herbe vont façonner un univers ni tout blanc ni tout noir, un peu à l’image de La Compagnie Noire de Glenn Cook, que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas encore lu, c’est un indispensable pour tout fan de fantasy qui se respecte.

À partir de leur session de jeu ils vont écrire un scénario de cinéma que les deux doctorants en archéologie et anthropologie vont proposer à plusieurs sociétés de production : « Nous avions avec Ian C. Esslemont (le cocréateur) une histoire énorme, se remémore Steven Erikson, de la matière première pour vingt romans, deux fois plus de films. » Malheureusement, leurs recherches de producteurs puis d’éditeurs s’avéreront vaines. Chacun va repartir vers ses occupations, mais l’auteur canadien ne s’avoue pas vaincu, il retravaille son premier jet, organise un peu mieux l’histoire en l’englobant dans tout le background créé pour le jeu, donnant ainsi de la profondeur à son univers, de la crédibilité et des buts réalistes à divers personnages au sein d’organisations plus vénales et despotiques les unes que les autres.

L’histoire des Jardins de la Lune avec son final grandiose devient la première partie de quelque chose de plus profond avec des connexions à de multiples autres pans d’histoires mais dont les enjeux, les finalités et les mystères ne sont pas révélés au lecteur. Ce qui va entraîner un effet secondaire…

En effet, la plupart des maisons d’éditions américaines vont refuser le manuscrit, sensiblement toutes sous le même prétexte : trop complexe! Lecture trop compliquée ! « vous ne vous rendez pas compte, vous demandez au lecteur de faire fonctionner le truc entre ses oreilles! La Fontaine demande la même exigence quelque part, oui c’est vrai, mais notre monde a beaucoup changé, aujourd’hui c’est l’hyper consommation, on est là pour rigoler pas pour se casser la tête! Ce qui est facile et rapide se consomme vite et c’est tout ce que veut un lecteur lambda. Ah! »

Merci Morpheus pour ce moment-vérité sur nos vies.

Bon je m’égare quelque peu sur les propos tenus mais vous comprenez l’idée, et heureusement que ces gens là n’ont pas raison. Il existe encore une part de lecteurs qui aiment se creuser les méninges, avoir de la matière à réflexion que ce soit sur l’univers du livre ou sur les personnages, ou même sur la portée philosophique de certains thèmes ou certaines situations, des lecteurs qui aiment réfléchir. Et c’est sur cette base, qu’une maison d’édition anglaise va donner sa chance à Steven Erikson alors qu’il vient de déménager en Angleterre. Elle part du principe justement que les lecteurs de fantasy sont exigeants et que les trames et les personnages complexes ne les repoussent pas, au contraire. D’ailleurs Le Trône de fer de Martin (qui n’a pas encore le succès dû à la série) se vend pas trop mal, le 2e tome ayant même atteint la liste très fermée du NY Times Best seller, et, bien que la syntaxe et le vocabulaire soient abordables, l’intrigue et la densité des personnages en font une oeuvre qui nécessite un investissement du lecteur, mais qui n’empêche aucunement la vente apparemment.

En 1999 le premier tome sort donc, suivi des autres au rythme d’un par an. Très vite, des traductions vont fleurir en plusieurs langues, mais il faudra attendre 2018 pour avoir quelque chose de sérieux en France, avec cette édition ambitieuse et alléchante proposée par les Editions Leha. Pour la petite histoire, j’ai acheté mon livre en format numérique et pour une fois (même si ça arrive de plus en plus souvent maintenant) la différence de prix entre le papier et l’e-book est conséquente et appréciable. Cela ne m’empêchera pas de l’acheter tôt ou tard en version papier tant l’objet livre est somptueux.

La couverture de Marc Simonetti est magnifique et les tranches les unes contre les autres formeront une fresque à terme.

Une histoire épique…

Quatrième de couverture du roman :

« Saigné à blanc par des luttes intestines, d’interminables guerres et plusieurs confrontations sanglantes avec le Seigneur Anomander Rake et ses Tistes Andii, le tentaculaire Empire Malazéen frémit de mécontentement.

Les légions impériales elles-mêmes aspirent à un peu de répit. Pour le sergent Mésangeai et ses Brûleurs de Ponts, ainsi que pour Loquevoile, seule sorcière survivante de la 2e Légion, les contrecoups du siège de Pale auraient dû représenter un temps de deuil. Mais Darujhistan, la dernière des Cités Libres de Genabackis, tient encore et toujours bon et l’ambition de l’Impératrice Laseen ne connaît aucune limite.

Cependant, il semble que l’Empire ne soit pas la seule puissance impliquée. De sinistres forces sont à l’oeuvre dans l’ombre, tandis que les dieux eux-mêmes se préparent à abattre leurs cartes… »

Pas d’histoire sans univers.

Je crois que la force d’une histoire de Fantasy, au-delà de ses intrigues et de ses personnages, tient à son univers. Quand on lit pour la première fois Le Seigneur des Anneaux, on est frappé dès les premières pages par la beauté, l’immensité, l’histoire de la Terre du Milieu. Les personnages évoluent dans un environnement qui a sa propre vie, né des actions des êtres vivants le parcourant, depuis des millénaires pour certains, et c’est ce qui fait de la terre du milieu un personnage à part entière de l’histoire. Et bien l’effet est le même ici. On ressent au fur et à mesure du récit l’immensité de ce monde et la profondeur du passé des différentes races qui le parcourent. Exit ici les nains, les elfes et les orques, même si on peut très bien associer certaines ethnies à ces dernières. Il s’agit plutôt de déclinaisons de l’espèce humaine mais ayant chacune des particularités physiques différentes, des origines différentes et des magies différentes (Je rappelle que l’auteur est Anthropologue 😉 ). J’avoue que j’ai trouvé ça rafraîchissant et innovant. Pour la première fois, j’ai rencontré des races dont l’histoire, l’apparence, les us et coutumes m’ont vraiment captivé. Bien souvent (mis à part Tolkien ou Martin dans leurs œuvres respectives), l’origine ou la description de ces ethnies sont d’un rébarbatif et me laisse souvent froid tant les clichés et le manque d’originalité sont de mise. Ici, l’auteur dévoile les pans de son univers au compte-gouttes, et c’est ce qui donne envie de lire encore plus vite conjointement à l’avancement de l’histoire. Que va-t-on découvrir sous le prochain cailloux que l’on va soulever?

Les races et leurs tailles approximatives

L’autre point fort de l’univers est son système de magie. Sans tout vous dévoiler, la magie provient de Garenne, lieu ou dimension parallèle que les magiciens ouvrent afin d’y puiser leur pouvoir, et dans lequel ils peuvent se déplacer afin de parcourir de longues distances en beaucoup moins de temps. Ces lieux sont bien souvent l’antre de divinités qui participent plus ou moins activement à l’histoire, et c’est là où ça devient captivant. Car cette histoire ne concerne pas que les races parcourant la surface du monde mais également les dieux qui pour tuer l’ennui ou par intérêt se mêlent des affaires des mortels.
Petit clin d’œil à Goule, Dieu emblématique du champ de bataille et donc omniprésent dans l’histoire, notamment au travers des événements et surtout des expressions orales de la plupart des personnages qui jurent en son nom!

Par le souffle de Goule! Ce n’est pas passé loin…

Soldat Malazéen

L’oeuvre est agrémentée de carte ce qui permet une représentation des lieux et distance. Ici les cartes sont très lisible et invite notre imaginaire au voyage au travers des différents contrées présentées.

Genabackis, le continent où se déroule les événements des Jardins de la Lune.

Des personnages et des organisations hauts en couleur.

Au travers de l’histoire, on suit plusieurs groupes de personnes qui poursuivent chacun leurs propres buts, et même si par moment on est dépassé par les choix ou les réflexions de certains personnages, tout finit par trouver un sens à un moment ou à un autre. Chaque tome possède sa propre intrigue et son dénouement à la fin de chaque livre.
Je ne vous détaillerai pas ici les factions qu’on trouve tout au long du roman car le but de mon article n’est pas de spoiler l’histoire, de plus le sujet est bien trop vaste, le nombre de personnages étant trop important à la façon d’un Trône de Fer. Notons quand même que le cœur de l’histoire tourne autour d’une unité militaire, les Brûleurs de Pont, sorte d’unité d’élite qui m’a fait énormément penser à La Compagnie Noire de Glen Cook d’où peut-être mon attachement à leur égard. Au sein de cette unité, on trouve divers personnages tel que Mésangeai leur sergent, Kalam un assassin ancien membre de la griffe (une organisation impériale de surveillance et d’assassinat), Ben le vif un magicien bien particulier et mystérieux, Violain un sapeur, Maillet soigneur qui utilise la garenne du Haut Denul permettant de soigner et guérir les blessures et Mes Regrets. Ce dernier personnage est bien particulier, bien construit et flippant à souhait et je vous laisse le découvrir.

Deux autres personnages m’ont plutôt marqué, il s’agit du capitaine Paran et de Loquevoile Cadre-Mage de la 2e armée Malazéenne. Paran travaille directement sous les ordres de l’adjointe de l’impératrice, et mène une enquête depuis 2 ans qui le mènera à croiser les routes des Brûleurs de Ponts et de la magicienne Loquevoile. Une chose est sûr, prévoir à l’avance le destin de chacun est compliqué tant l’auteur brouille les cartes… du Jeux du Dragons (référence à un jeu divinatoire propre à l’histoire).

les différents groupes s’articulent essentiellement autour des différentes ethnies, et bien que des alliances existent entre certaines d’entre elles, elles ont chacune des buts, ce qui crée forcément de la duplicité entre certains protagonistes. Toutes ne sont pas militaires loin s’en faut, mais pour les habitués de jeu de rôle vous reconnaîtrez sans aucun doute en quoi l’oeuvre est reliée à la pratique rôliste au travers des différentes guildes et autres groupes d’individus inhérent à la vie d’une ville médiévale-Fantastique que vous croiserez. A ce sujet la ville de Darujhistan, cadre d’une bonne partie du livre est somptueuse, bien créée, et permet une immersion assez intense. J’y ai retrouvé l’ambiance un peu florentine d’Assassin’s Creed 2 pour les connaisseurs, bien que l’architecture y soit totalement différente.

Comme pour l’univers qui possède ses cartes géographiques en début de livre, nous avons le droit à un index des personnages ainsi qu’un glossaire en fin de volume qui nous permettent de mieux nous y retrouver au milieu de tous ces personnages et les différentes organisations. On peut donc saluer le travail de l’éditeur qui ne sacrifie pas la rentabilité au confort de ses lecteurs. Un mot comme toujours aussi sur la sublime couverture qui est signée Marc Simonetti, il a entre autre illustré le Trône de Fer, ainsi que des auteurs tels que Robin Hobb, nous n’avons plus besoin de le présenter tant il est une fierté nationale. Cette dernière est somptueuse dans des teintes jaune poussière, rappelant l’âpreté des combats. Je ne vous dévoilerai pas de quelle scène il s’agit car si vous êtes comme moi, vous aimerez découvrir lors de votre lecture le moment où l’illustration rencontre les mots.

Conclusion

Ce premier tome qui est en même temps le plus petit paru à ce jour en français (640 pages) est une entrée en matière dynamique et très visuelle. Conçu à la base pour le cinéma, plusieurs séquences raviront les amateurs d’effets spéciaux et explosions en tout genre. Son début in media res plonge le lecteur au cœur de l’action dès l’ouverture, ce qui peut sembler complexe pour certains car les informations, le contexte ne se mettront en place qu’au fur et à mesure de l’histoire. Mais c’est bien cette narration, combinée à la richesse du canevas tissé en arrière plan et dont la compréhension parcellaire amplifie la magie de la découverte et du voyage, qui crée un ensemble grandiose, épique, dans le sens le plus noble du mot, et dont nous attendons avec impatience que la suite se dévoile sous nos yeux ébahis.

La Note:

10/10

J’espère que mon article vous aura donné envie de faire un bout de chemin avec les brûleurs de ponts Malazéens, et que vous avez pu ressentir mon émerveillement et la passion qui m’ont transporté tout au long de cette lecture. Cet univers m’a tellement subjugué que j’ai lu les 3 tomes déjà parus à la suite. Je vous souhaite de connaitre le même plaisir que moi si d’aventure vous vous engagiez sur les routes de Genabackis et je remercie encore les protagonistes de la version française pour le dévouement dont ils font preuve dans la promotion de cet oeuvre magistrale.

Pour les intéressés: https://editions-leha.com/catalogue-details/martyrs-t1-les-jardins-de-la-lune/

Vous pouvez aller lire aussi les avis de Symphonie Les Chroniques du Chroniqueur Apophis Xapur L’ours Inculte Albédo Hildr

Bonsai!

Toutes les images présentées dans cet article sont la propriété exclusive de leur auteur.

Revue littéraire (Audio) : Légende de David Gemmell

Je suis Druss! Druss la légende!

Et nom de dieu! Je vais tous vous écarteler!

Si je suis toujours en vie c’est parce que tous ceux qui ont voulu ma mort n’ont pas réussi !

Oups!

Pardon, excusez-moi, je m’égare. C’est peut-être parce que je suis encore trop imprégné de cette lecture et que je sens mon côté Viking sortir par tous les pores de ma peau.

Quelle lecture! quel livre! Pour un premier roman, David Gemmell a fait fort.

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Résumé (quatrième de couverture) :

Ces exploits sont connus de tous.

Surnommé le Capitaine à la Hache lors de ses plus grandes batailles, il aurait pu devenir riche en tant que mercenaire… Au contraire, fuyant la célébrité, il a choisi de vivre retiré loin des hommes, perché au sommet d’une montagne glacée.

Il a remisé son arme, vivant reclus, se contentant de la compagnie de quelques léopards des neiges. Il attend patiemment son ennemie de toujours: la Mort. Dros Delnoch est une forteresse imprenable.

Passage indispensable à la frontière de deux mondes, c’est l’ultime limite qu’une armée doit impérativement franchir si elle veut envahir l’Empire drenaï.

Protégée par six remparts, elle est la place forte mythique. C’est aussi le dernier foyer d’une résistance désespérée, car tous sont déjà tombés devant l’envahisseur nadir.

Il lui faudrait un atout déterminant, un chef charismatique : Druss, le vieux guerrier. Quand Conan rejoint Fort Alamo, un demi-million d’envahisseurs barbares face à huit mille guerriers barricadés…

Druss pourra-t-il faire la différence ? Deux mains ancrées à une hache pour empêcher une tragédie…

Mon avis :

C’est alors qu’il attendait les résultats d’un test permettant de savoir s’il était atteint d’un cancer ou non que David Gemmell décide de commencer la rédaction de ce roman sur les conseils de sa femme, histoire de passer le temps. Ayant déjà pas mal bourlingué dans sa vie il avait fini par devenir journaliste free-lance. Et je suppose que cette activité, couplée à sa grande gouaille, lui ont permis d’avoir le bon style, les bonnes techniques d’écriture pour faire de ce roman un succès, car c’en est un à n’en pas douter.

Quand Conan rencontre Fort Alamo…

Il y a tous les éléments d’un bon film pour tenir le lecteur en haleine, les personnages sont attachants, même si parfois un peu caricaturaux, et l’action est très bien amenée.

Le style est simple, efficace, épuré, on va droit à l’essentiel, pas de longues descriptions inutiles, juste ce qu’il nous faut pour se représenter le décor et ensuite les personnages, qui eux sont très vivants, évoluent au cours d’une histoire où la tension est maintenue jusqu’au tout dernier chapitre.

– Vous ne l’aimez pas, monsieur ?
– L’aimer ? Bien sûr que je l’aime ! gronda le chirurgien. Il tue les gens d’un coup, mon garçon. Ça m’évite du travail.

Deux personnages ressortent à mon sens: bien évidemment il y a le guerrier, Druss, Druss la légende. À maintenant 60 ans, le vieux guerrier à la hache doit faire un choix : va-t-il mourir comme un vieux dans ses collines ou finira-t-il héroïquement sur un champ de bataille, à affronter sa vieille ennemie, la Mort ?

le second c’est la forteresse en elle-même, car elle possède 6 murs de forme concentrique avec chacun un nom. Elle est montée comme un cône sur le flanc de la montagne, chaque rempart étant de diamètre plus petit que le précédent au fur et à mesure que l’on monte vers le donjon. Ce qui signifie évidemment que plus vous vous rapprochez du cœur plus la défense devient efficace.

Il y a un demi-million de guerriers nadirs. Un chiffre gigantesque. Suffisamment pour obscurcir le cerveau. Mais les murs ne sont pas extensibles. Les ennemis ne pourront pas tous se présenter en même temps. Nous les tuerons au fur et à mesure, et nous en tuerons des centaines de plus lorsqu’ils escaladeront les remparts. Et jour après jour, nous les épuiserons.

Druss

Comme vous le voyez, tous les éléments sont réunis dans ce livre pour un combat titanesque et des actes héroïques. Je suis passionné de fantasy, je pense que vous commencez à le savoir, et j’aime les héros hauts en couleur. J’ai été aspiré par cette histoire, en grande partie grâce à la voix de Nicolas Planchais qui encore une fois m’a subjugué. L’action est à son comble quasiment tout du long. Et, bien que l’auteur sache faire traîner l’arrivée de l’armée Nadir et le début du siège, afin de faire monter l’angoisse étreignante de l’attente, nous ne sommes pas en reste avec les différents protagonistes qui se débattent pour trouver des solutions afin de remporter la victoire, là où personne n’a encore réussi face à Ulric, le chef Nadir.

En conclusion?

David Gemmell, pour un premier roman, a campé un monde simple, efficace, très inspirée du nôtre finalement. En effet comment ne pas voir dans le roi des Nadirs un Gengis Khan ou Attila le hun ? Comment ne pas penser à la bataille des Thermopyles ou à d’autres batailles de notre histoire qui se sont déroulées dans les mêmes conditions, à 1 contre 100 ?

Ce fut un vrai bon moment de lecture finalement (audio, certes 😉 ), un des meilleurs de 2018, avec un livre d’une taille tout à fait acceptable d’environ 400 pages. Si l’auteur ne s’attarde pas à nous parler plus que ça de son monde, l’arrière plan fonctionne, et nous savons déjà que nous pourrons y retourner quand nous le souhaitons puisque il existe d’autres livres qui se passent au même endroit. le cycle Drenaï compte plusieurs tomes dont la légende du marche mort et Druss la légende, pour ne citer que ces deux-là. Une chose est sûre, je retournerai avec plaisir vers les livres de David Gemmell, je regrette même de ne pas les avoir connus plus tôt car c’est typiquement le genre de livre pour lequel j’aurais pu me passionner quand j’avais 15 ans.

La note :

9,5/10

L’info en plus:

 David Gemmell a toujours revendiqué son goût pour l’histoire et la littérature historique. Les liens entre son œuvre de fantasy et l’histoire comme je vous l’ai dit plus haut sont évidents et récurrents.

Le personnage de Regnak, est basé sur la personnalité de l’auteur.

Le personnage de Druss est basé sur le beau-père de l’auteur

Le personnage de Virae est inspirée de la première femme de l’auteur : Val Gemmell.

Alerte Spoiler!!

Dans Légende, l’auteur s’inspire directement et ouvertement du siège de Fort Alamo, événement célèbre de l’histoire des États-Unis au xixe siècle. La citadelle de Dros Delnoch peut être considérée comme une réplique « fantasy » du Fort Alamo. La différence essentielle entre Légende et la vraie histoire d’Alamo, est que la forteresse de Dros Delnoch résiste finalement à l’envahisseur. En effet, ayant étudié l’histoire de Fort Alamo, David Gemmell a conclu que sa perte fut la conséquence de mauvais choix et d’une accumulation d’inepties. Ce qu’il souhaitait alors retranscrire dans Légende c’est « L’esprit d’Alamo – ou ce qu’il aurait dû être ».

Alerte fin Spoiler!!

En tout cas j’espère que cette revue vous a plu, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires et remarques, et attendant la prochaine je vous dis…

Retrouvez les avis de : Hildr

Bonsai!

Edition présentée Format Audio de chez Hardigan lu par Nicolas Planchais.

Prévision 2019 : Quoi de beau au programme?

J’ai décidé pour la première fois de dresser une liste des livres que j’ai déjà en stock et que j’aimerais lire pour 2019.

Alors quel est le programme?

Aces High (WC tome 2)anthologie  par George R.R. Martin
Joker’s Wild (WC tome 3)anthologie par George R.R. Martin
Aces Abroad (WC tome 4)anthologie par George R.R. Martin
Down and Dirty (WC tome 5)anthologie par George R.R. Martin
Ace in the Hole (WC tome 6)anthologie par George R.R. Martin
Dead Man’s Hand (WC tome 7)anthologie par George R.R. Martin
Les tommyknockersStephen King
Nightflyersrecueil de nouvelles G.R.R. Martin
Gagner la guerreJean-Philippe Jaworsky
Le Sommeil des géantsSylvain Nevel
Elric intégrale 3Michael Moorcock
La Horde du ContreventAlain Damasio
Trône de fer intégrale 1George R.R. Martin
Trône de fer intégrale 2George R.R. Martin
Trône de fer intégrale 3George R.R. Martin
Trône de fer intégrale 4George R.R. Martin
Trône de fer intégrale 5George R.R. Martin
Cycle la Roue du Temps (8 Tomes)Robert Jordan
Servir froidJoe Abercrombie
Double tranchantJoe Abercrombie
Le signalMaxime Chattam
L’âme du malMaxime Chattam
Dangerous women volume 1George R.R. Martin et Gardner Dozois
Dangerous women volume 2George R.R. Martin et Gardner Dozois
RêverFranck Thilliez
Trilogie la Mer éclatéeJoe Abercrombie
Chronique Du Chevalier ErrantGeorge R.R. Martin
les Hérosjoe Abercrombie
La clé des ventsStephen King
Skin TradeGeorge R.R. Martin
Chanson pour LyaGeorge R.R. Martin
VauriensGeorge R.R. Martin et Gardner Dozois
Au revoir là-hautPierre Lemaître
Les Lames du CardinalPierre Pevel
La Huitième FilleTerry Pratchett
MortimerTerry Pratchett
La cité des Anciens intégrale 1Robin Hobb

Beaucoup de fantasy, de SF et de fantastique au menu. Ce sont mes goûts, inutile de se cacher, mais il m’arrive aussi de lire des récits historiques ou des biographies pour nourrir ma passion de l’histoire, seulement je n’en ai pas sous la main pour cette année. Peut-être en trouverais-je au cours de 2019 qui viendront grossir ma PAL.

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Cette année sera très Martin. Ça tombe bien! Ce sera le grand final audiovisuel à partir du 24 avril (sur la chaîne OCS en France) de la série Game of Thrones, je me suis donc dit que c’était l’occasion de relire enfin toute la série. Ça faisait longtemps que j’en avais envie. C’est une oeuvre conçue comme un canevas scintillant aux détails complexes et merveilleux, qui mérite largement une deuxième lecture. L’année dernière, j’avais choisi de relire La Tour Sombre de King, j’essaie tous les ans de choisir une histoire à relire. Au-delà de GoT, j’ai choisi de continuer la série Wild Cards entamée en 2018 et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici, et plusieurs autres recueils SF et fantasy ainsi que des anthologies du même auteur, qui vont me permettre de terminer la lecture complète des nouvelles liées au Trône de Fer. À l’heure où je vous parle, j’ai déjà terminé les Chroniques du Chevalier Errant, composé des trois premières nouvelles concernant l’oeuf et Ser Duncan Le grand et se situant 90 avant l’histoire principale de la série (ma liseuse Kobo c’est le mal, une vile tentatrice! J’ai l’impression de lire encore plus!)

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2019  sera aussi l’occasion de découvrir de nouvelles plumes : Pierre Pevel, dont mon maître d’arme est l’ami et figure dans son livre Les Lames du Cardinal sous les traits d’un personnage secondaire, Jean-Philippe Jaworsky avec le formidable Gagner la Guerre ou encore  Franck Thilliez avec Rêver et bien sûr le chef d’oeuvre au succès dû uniquement à la  rumeur populaire et au bouche à oreille  et dont je retarde la lecture par plaisir : La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. J’ai également l’ambition (peut-être trop grande!) de lire le cycle de La Roue du Temps de Robert E Jordan. Ambitieux en effet car il est constitué de 8 tomes et c’est à double tranchant : si le premier tome me plait je dévorerai probablement la suite, mais si j’en ressors « sans-plus », les 7 autres tomes passeront du coté obscur de la PAL, dans les limbes des œuvres non achevées comme Le Père Goriot ou Les Chroniques de Shannara (que je finirai par lire peut-être un jour, qui sait). Je tenterai de découvrir également l’univers SF de Sylvain Nevel avec son premier tome, Le Sommeil des Géants.

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Je ne suis pas du genre à lire par obligation, ce qui signifie que si certains livres ne me font plus envie en cours d’année, et bien on leur dira au revoir et à la prochaine. De plus, je compte bien continuer mes lectures audio, belles découvertes  de l’année 2018, que je n’ai pas intégrer dans cette liste mais comme je me suis déjà procuré Le Roi sur le Seuil de David Gemmell lu par l’inégalable Nicolas Planchais, on peut aisément imaginer une écoute prochaine.

Voilà, en gros mes objectifs de lecture pour cette nouvelle année et je ne manquerai pas de revenir vers vous en fin d’année pour vérifier ce qui a été lu et non-lu! Ce sera amusant je pense comme exercice.

Je vous souhaite encore une bonne année et plein de belles lectures, moi, je retourne à Westeros et ce pour plusieurs mois je pense.

Bonsai!

L’image mis à la une est une illustration du Trône de fer par Marc Simonetti, Tout droit réservé à son auteur.

Bilan 2018 : Au revoir 2018, bonjour 2019! (Ou l’art de tourner la page)

Bonne année!!

Je vous souhaite plein de lectures et de voyages livresques, plein de bonheurs, de sourires, de frissons, de joies, d’angoisses, de tristesses, de rires, d’émerveillement, de soulagements, d’excitations, d’apaisements, de colères, d’envies, d’extases.

Que vos lectures soient source de toutes ces émotions, qu’elles vous aident, vous inspirent.

Pour ma part, cette année sera placée sous le signe des Sept. Comme Les Sept Couronnes de Westeros. Mais nous allons y revenir plus tard lors d’un prochain article, pour le moment dressons le bilan de cette année pas comme les autres car, pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai eu beaucoup plus de temps pour lire, et même si certains pourraient trouver cela risible au vu du nombre, j’ai pu engloutir pas moins de 29 livres avec une moyenne approximative de 450 pages par ouvrages. Ce fut aussi l’occasion de découvrir de nouvelle manière de pratiquer la lecture et de voyager avec le format audio (merci Hardigan!) et, depuis quelques jours, la lecture sur une liseuse Kobo que le père Noël m’a amenée sous le sapin. Mais je vous en parlerai plus lors de la revue du premier livre que j’ai lu dessus: Feu et Sang de G.R.R. Martin.

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Autre-Monde et La Tour Sombre

Bilan 2018

TitreAuteur
EcritureStephen King
Le pistoleroStephen King
Les trois cartesStephen King
terre PerduesStephen King
Magie et CristalStephen King
Les Loup de la CallaStephen King
Le Chant de SusannahStephen King
La tour SombreStephen King
Mr MercedesStephen King
Le 5ème règneMaxime Chattam
Histoire de LiseyStephen King
L’alliance des troisMaxime Chattam
MalronceMaxime Chattam
La huitième CouleurTerry Pratchett
La huitième SortilègeTerry Pratchett
Le coeur de la TerreMaxime Chattam
EntropiaMaxime Chattam
OzMaxime Chattam
NeverlandMaxime Chattam
La GenèseMaxime Chattam
La Conjuration PrimitiveMaxime Chattam
Wild CardsGeorge R.R. Martin
Appel de CthulhuH.P.Lovercraft
LégendeDavid gemmell
Elric Intégrale 1Michael Moorcock
Elric Intégrale 2 (1/3)Michael Moorcock
Le premier SangJoe Abercrombie
Haut et CourtJoe Abercrombie
Le dernier CombatJoe Abercrombie
Feux et SangGeorge R.R. Martin

Bon, pour la diversité des auteurs on repassera plus tard. Oui. J’avoue. J’ai mes chouchous. J’imagine qu’au travers de mes articles ça se ressent. Mais je n’ai jamais été quelqu’un d’éclectique, et je n’en ai pas honte. Donc au rang des nouveaux venus pour la catégorie chouchou, Joe Abercrombie. Son style, ainsi que son univers bien construit et réaliste font de lui l’un des meilleurs auteurs de Fantasy que j’ai pu lire. Bien sûr, comme d’autres auteurs, il a ses expressions favorites et quelques clichés de langage dans les dialogues, mais j’attends d’en lire plus pour pouvoir émettre un jugement sur l’évolution de sa plume.

En parlant de plume j’ai pu découvrir également cette année Michael Moorcock et Terry Pratchett. Quoi? Comment ça honte à moi? En tant que fan de Fantasy vous voulez dire? Oui bon c’est vrai, bien que j’avais pu voir leur nom par-ci par-là et que je connaissais aussi l’existence du Disque-Monde, je ne m’étais jamais penché sur leurs œuvres. C’est chose faite avec les 4 premiers tomes lus pour Elric : l’intégrale 1 au complet avec ses 3 tomes et le premier des 3 qui composent l’intégrale 2, mais également pour Pratchett avec les deux premiers romans des Annales du Disque-Monde. Courage! plus qu’une vingtaine à lire!

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Quelques-uns des livres de l’année

Autre auteur découvert cette année, du moins ses livres, car je le connaissais au travers de ses contributions à l’univers du Jeu de rôle, Maxime Chattam. C’est l’envie de lire de la fantasy française qui m’a poussé à acheter Autre-Monde. Et j’ai tellement aimé que je me suis risqué à lire ses polars bien que ce ne soit pas mon style de lecture préférée. Bilan? Eh bien un sacré plaisir! Je publierai prochainement un article complet sur le cycle d’Autre-Monde (tome 1 à 7).

Alors, pour synthétiser tout ça, je vais faire un petit classement très simple avec, comme les Oscars, des catégories et une palme à chaque fois (virtuelle, car j’ai pas les moyens d’Hollywood, moi)

La Plus belle surprise : Sans conteste Autre-Monde ex-æquo avec Le cycle de La Première Loi. Vous retrouverez très prochainement des revues sur ces deux séries formidables sur mon blog.

L’auteur « découverte » de l’année : en toute logique après les résultats de la première catégorie, Maxime Chattam (Le 5ème règne, La Conjuration Primitive) et Joe Abercrombie s’y retrouvent ex-æquo. Un Français et un anglais, je trouve que c’est tout un symbole!

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le Cycle de La première Loi d’Abercrombie chez Bragelonne

Le livre lu le plus vite : Je ne vais pas compter des livres comme ceux de Pratchett suffisamment courts pour se lire en une bonne journée. Là encore Genèse (714 pages) de Chattam et Le Dernier Combat (876 pages) d’Abercrombie sont sur la plus haute marche. Ils ont bénéficié tous les deux de vacances (un en été, l’autre à Noël) et ont été lu en 4 jours. Feu et Sang avec ses 320 pages a été lu en 2 jours, mais je l’ai lu sur ma liseuse et je n’ai aucune idée de la taille réelle des caractères ni de son nombre de pages, je manque encore de recul sur le rapport entre livre réel et E-book.

La déception de l’année : Le Huitième sortilège. Sans aucun doute possible. Je m’y suis repris à deux fois pour le lire et lorsque je l’ai touché la première fois,en mai-juin, je n’ai pas ré-ouvert un livre pendant 1 mois après.

La lecture qui en appelle une seconde : L’histoire de Lisey. Bien que je l’ai trouvé longuet par moment et très différent des autres livres du maître, idole de mon adolescence, je pense qu’une seconde lecture s’imposera dans les années à venir, tant les niveaux de lectures sont multiples.

Le livre sans plus : Mr mercedes. Stephen King n’est pas fait pour ce genre de roman je trouve. Bien mais sans plus.

La relecture qui fait du bien : Le cycle de La Tour Sombre! Je ne l’avais pas lu depuis 13 ans, et ce fut un vrai bonheur de retrouver le Pistolero, Eddie et les autres en une fois cette fois-ci puisque tous les tomes ont été édités maintenant. À noter que le tome La clé des vents ne fait pas partie de cette « relecture » puisque il a été édité en 2012 et que ce sera une première lecture… pour 2019?

Le cycle que j’ai hâte de continuer : Wild Cards. Ce tome 1 m’a mis l’eau à la bouche malgré certaines nouvelles un peu en dessous. Les univers partagés? Une vraie bonne idée!

La voix de l’année : Sans conteste, Nicolas Planchais, qui fut une vraie bonne découverte! Son jeu d’acteur lors des dialogues, son timbre de voix,la chaleur qui s’en dégage, en font un parfait conteur pour de la fantasy, et Druss la légende, le personnage de David Gemmell, pour moi maintenant, c’est lui!

L’univers à approfondir : Sans aucun mauvais jeu de mot sur les profondeurs, il me faudra explorer plus en avant les eaux sombres et inquiétantes de H.P. Lovercraft et son mythe de Cthulhu, découvert cette année lors de l’écoute de la nouvelle L’appel de Cthulhu. Sa capacité à créer l’angoisse par son style de narration, sa mythologie liée à la nôtre de manière subtile, sont autant de raisons de parcourir les autres nouvelles. Le fantastique et l’horreur se mêlent de façon remarquable à notre monde et ça tombe bien, Bragelonne nous a concocté une édition somptueuse en trois volumes, il n’y a plus qu’à craquer et l’acquérir!

Conclusion?

Une année finalement bien remplie, avec des découvertes de cycles et d’auteurs qui malheureusement gonflent ma PAL à vitesse grand V! L’arrivée dans ma vie de la KOBO Aura H2O seconde édition risque d’accélérer finalement mon rythme de lecture par la souplesse de son utilisation, me permettant de lire dans des endroits et à des moments pas toujours adaptés à cette activité, mais ne remplacera pas pour autant mes livres dont l’odeur et la texture restent à mon sens une partie du plaisir. Le format Audio m’a aussi ouvert des portes d’évasions à des moments pas très adaptés initialement à la lecture. C’est pourquoi, de manière raisonnable, je table sur encore plus de livres terminés en 2019!!

Merci de m’avoir lu, je vous donne rendez vous Mardi 8 Janvier pour connaitre mes prévisions de lecture pour 2019. Pour la première fois de ma vie, j’ai dressé une liste de livres à lire, tant j’ai accumulé ces dernières années d’envies de lectures et de découvertes. Il me fallait structurer un peu tout ça, même si l’envie et le plaisir resteront toujours mes deux moteurs!

Bonsai!

Chronique Musicale: On the 13th Day (2012) de Magnum

Ami du Rock bonjour!

Nous voici avec une revue particulière, puisqu’il s’agit d’un groupe anglais de rock progressif quasi méconnu en France. Je veux parler de Magnum (à ne pas confondre avec la bouteille de champagne ou le détective moustachu…pour les plus vieux d’entre nous). Je ne retracerai pas ici la longue carrière du groupe qui existe depuis 1976, peut-être dans un prochain article. Alors pourquoi cet album en particulier? Parce qu’alors que je l’avais acheté à sa sortie , je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable lors de ma première et unique écoute en 2013. Je l’ai ressorti dernièrement, nostalgique, la personne m’ayant fait découvrir ce groupe magnifique venait de partir rejoindre les anges du Rock n’ Roll. Et je ne le remercierai jamais assez, par delà les étoiles scintillantes, balises signalétiques de la Highway to Hell chère à AC/DC, de m’avoir ouvert les oreilles comme cela!

Le groupe pour cette album est composé de :

  • Tony Clarkin — guitar
  • Bob Catley — vocals
  • Al Barrow — bass guitar
  • Mark Stanway — keyboards
  • Harry James — drums

Clarkin, Catley et Stanway sont des membres quasi permanent du groupe, les deux premiers en sont les fondateurs. Et c’est le guitariste-compositeur,Tony Clarkin, qui écrit tout, tout seul depuis des années, la voix de Catley magnifiant ces lignes de guitares aux mélodies caractéristiques. alors avant de rentrer dans l’analyse voyons la « set-list » de l’album.

No.TitleLength
1.All the Dreamers7:09
2.Blood Red Laughter4:40
3.Didn’t Like You Anyway4:33
4.On the 13th Day5:36
5.So Let It Rain4:50
6.Dance of the Black Tattoo5:17
7.Shadow Town5:57
8.Putting Things in Place4:41
9.Broken Promises4:53
10.See How They Fall4:57
11.From Within4:42

Analyse des chansons :

L’album, le dix-septième du groupe, sorti donc en 2012, démarre sur deux bons titres, solides, purs classiques du groupe, sans réelle prise de risques. Après ça me convient parfaitement, si ça marche pourquoi s’en priver! Les choses sérieuses commencent avec I didn’t like you anyway (tiens prends ça dans les dents!), une composition originale aussi bien dans sa mélodie grinçante que dans son titre, direct comme un crochet du droit en pleine face. Le clou de cette première partie d’album (ou face A comme on disait dans le temps 😉 ) est sans conteste le titre éponyme, qui casse la baraque. J’adore son refrain, une rythmique tout en syncope et enlevée qui nous emmène là où seul Magnum sait le faire. Let it rain, qui suit, n’est pas un mauvais titre loin de là, mais le refrain style woho paraît bien terne comparé au morceau précédent, il faut mettre quand même à son crédit la mélodie de piano et son rythme bien sympathique. Dance of the black tattoo, le 6e morceau de l’album, est peut-être le premier titre Heavy Metal du groupe, en tout cas c’est en tant que tel qu’il fut classé dans les charts britanniques. Au passage, cet album s’est classé 3e des ventes UK  dans la catégorie Rock lors de sa sortie…pas si mal. Shadow town nous propose un solo très « Clarkinien », de toute beauté. Ce guitariste reste, somme toute, très sous-estimé tant son jeu fluide et précis peut transpercer n’importe quel cœur. La ballade de l’album, Putting Things in place est un poil en dessous de ce qu’ils ont pu faire auparavant, mais reste respectable. Et puis nous avons droit à un final très punchy avec de bons gros riffs de guitares au son bien accrocheur comme une cotte de métal (et non de maille! mais c’est la même matière, yeah! ) qui s’agripperait à vos vêtements pour vous secouer la tête dans un mouvement rendu célèbre par Mike Myers dans Wayne’s World.  From within, le dernier morceau est une semi ballade, bien plus sympathique que Puttin Things in place. Certaines sonorités me rappellent l’album de la renaissance, Princess Alice and the broken Arrow (2007) et clos cet opus d’une bien belle façon. Au passage, l’album susnommé était le retour de Rodney Mattews à la conception des pochettes du groupe. Son style emblématique de la musique du groupe, inspiré de la fantasy britannique et de Moorcock entre autre, à souvent fait mouche, mais je dirais que pour celle-ci, il est malheureusement passé à coté de son sujet, les fans ayant mal accueillis cette pochette. Pour ma part, les couleurs et le personnage m’ont amusé et je l’ai trouvé originale.

Voyons donc les notes de cet album que je n’aurais pas dû remettre si vite dans mon étagère à CD.

Notes titres
4/5 1. All the Dreamers
5/5 2. Blood Red Laughter
5/5 3. Didn’t Like You Anyway
5/5 4. On the 13th Day
3.5/5 5. So Let It Rain
4/5 6. Dance of the Black Tattoo
5/5 7. Shadow Town
3/5 8. Putting Things in Place
5/5 9. Broken Promises
5/5 10. See How They Fall
4/5 11. From Within

Moyenne de l’album : 

4,41/5

Une très belle note pour un album considéré comme le plus rock de Magnum parmi  leur discographie si dense. Pour ma part ma préférence (malgré, ici, une très belle note) ira toujours vers leurs premiers albums (nostalgie va-t-en!), mais nous en parlerons une prochaine fois!

Comme d’habitude on se quitte avec un petit extrait du groupe et de l’album :

rock on!

Revue littéraire (Audio) : L’Appel de Cthulhu de Howard Philipps Lovecraft

Il y a quelques temps de cela Hardigan, une société proposant des livres audio, faisait une offre de bienvenue et proposait en échange de l’inscription à la newsletter, le téléchargement gratuit de L’Appel de Cthulhu de Lovecraft (cette offre est toujours valable). J’avais profité de l’occasion pour  stocker les 3 fichiers audio qui composaient la-dite nouvelle sur mon smartphone, et me promettais de l’écouter prochainement. C’est chose faite, et je vous propose de partager mon expérience, pour ceux qui seraient peu convaincus par le format. Nous parlerons ensuite de cette nouvelle quand même…sauf si Cthulhu m’attrape avant!

Quatrième de couverture:

Francis Wayland Thurston, un anthropologue enquête sur un culte obscur.

Howard Phillips Lovecraft est sans nul doute l’auteur fantastique le plus influent du XXe siècle. Son imaginaire unique et terrifiant n’a cessé d’inspirer des générations d’écrivains, de cinéastes, d’artistes ou de créateurs d’univers de jeux, de Neil Gaiman à Michel Houellebecq en passant par Metallica.

Le mythe de Cthulhu est au cœur de cette œuvre : un panthéon de dieux et d’êtres monstrueux venus du cosmos et de la nuit des temps ressurgissent pour reprendre possession de notre monde. Ceux qui en sont témoins sont voués à la folie et à la destruction.Le mythe de Cthulhu n’a jamais été aussi réel…

Mon avis:

on va découper cette partie en deux puisque je vais d’abord donner mon avis sur le support, très différent pour moi pour une première fois, puis ensuite j’en viendrai à l’histoire en elle-même.

L’expérience du livre audio

comme je le disais il s’agit donc d’une première expérience audio. J’étais très sceptique, je ne vous le cache pas, car pour moi le livre audio c’était Marlène Jobert lisant des histoires aux enfants. Alors bien sûr ce format là est très sympathique, dans les écoles notamment, puisqu’il permet d’éveiller des enfants non lecteurs encore, à des contes classiques mis en musique et bruitage, le tout saupoudré d’une douce voix d’actrice (et c’est essentiel à mon sens, j’y reviendrai). Généralement, ces œuvres sont proposées à des élèves de maternelle. le truc, c’est que moi il y a bien longtemps que je ne suis plus en maternelle et que Marlène Jobert, ben… c’est pas vraiment non plus mon trip. Et puis j’avais aussi cette appréhension : comment réussir à se concentrer et à bien comprendre une histoire qu’on me raconte, alors que lorsque je lis, il m’arrive souvent de revenir en arrière pour vérifier le sens d’une phrase, ou m’imprégner de l’odeur des mots, leur sonorité,  leur poids.

Je me suis finalement rappelé que lorsque j’étais adolescent j’écoutais souvent à 13h sur RTL Serge Sauvion (la voix mythique de Colombo en français à la TV) me raconter des histoires de crimes. J’en garde un excellent souvenir. Je me suis donc jeté à l’eau, et cette première expérience audio fut très proche de mon expérience radiophonique d’antan et ce pour deux raisons. La première, c’était une oeuvre, un thème, un genre qui m’intéressait. La seconde, la voix qui raconte l’histoire m’a complètement charmé. le comédien qui a prêté sa voix à la lecture de cette nouvelle n’est autre que Nicolas Planchais.

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C’est un comédien de doublage que l’on peut retrouver dans plusieurs documentaires, notamment sur les chaînes de France télévision. Sa voix convenait parfaitement à ce type de récit. Sa diction ainsi que les intonations qu’il pouvait mettre, aidait à la création d’une ambiance que seul le format audio peut sûrement apporter. En effet, lorsque vous lisez un livre, si vous souhaitez avoir une ambiance pendant la lecture, il vous faut mettre de la musique ou un bruit de fond avec un certain éclairage. Je suis un très grand adepte de ce genre de pratique! Maxime Chattam propose souvent au début de ses romans les titres musicaux qui l’ont accompagné lors de l’écriture afin de recréer une ambiance proche de celles désirées lors votre lecture. Il se trouve que beaucoup de gens lisent en musique. Alors parfois je dirais que mes écoutes ne sont peut-être pas adaptées (surtout quand j’étais plus jeune), néanmoins lorsque j’ai lu le Trône de Fer (A song of Ice and Fire en VO) il se trouve que les BO de la série étaient déjà sorties et que j’ai pu prolonger l’ambiance du show télévisé (qui est bon selon moi) et m’immerger encore plus dans l’histoire.

Le gros avantage du livre audio c’est qu’il n’y a plus besoin d’essayer de créer ces ambiances puisqu’elles sont déjà créés pour vous, et grâce en très grande partie à l’acteur-narrateur. Et c’est un vrai plus. Il m’a fallu une bonne demi-heure pour rentrer dans le procédé car ce n’est pas forcément naturel de retenir ce qu’on nous donne de l’histoire au fur à mesure qu’elle avance, mais pourtant passé ce délai, je me suis rendu compte que, naturellement, je pouvais faire autre chose tout en écoutant l’histoire et qu’elle rentrait en moi de la même manière que si je lisais un livre, l’ambiance en plus. Et c’est à partir de ce moment que l’on commence vraiment à trouver son compte. On imagine les possibilités de ce temps de lecture perdu, genre les trajets en voiture pour aller à son travail où tout bêtement lors de la vaisselle après le repas, tous ces moments où nos mains sont occupées et qu’elles ne peuvent pas tenir un livre. Je vous renvoie également vers cet excellent article pour ceux qui se pencheraient sur la question de savoir si il s’agit bien de la même activité au niveau cérébral. 

En conclusion une très bonne première expérience et je peux d’ores et déjà vous dire que je viens de terminer Légende de David Gemmell, en audio toujours, lu par Nicolas Planchais qui effectue à nouveau un  travail d’acteur et de mise en ambiance remarquables , et que très prochainement vous pourrez lire ma revue dans ces colonnes.

Mon avis sur l’histoire:

En ce qui concerne le fond de l’histoire, il s’agit donc d’une nouvelle de H. P. Lovecraft. Toute sa vie, il n’aura écrit que des nouvelles et n’en n’aura même pas profité financièrement puisqu’il n’aura pas vraiment de succès de son vivant. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands, si ce n’est le plus grand auteur d’horreur fantastique, puisqu’il a inspiré bon nombre d’écrivains et d’artistes contemporains qui ont eu largement plus de succès que lui, comme Stephen King. nous avons ici une histoire autour des mythes de Cthulhu. C’est ce Grand Ancien Dieu qui rêve d’envahir notre monde. Les rôlistes, dont je fais partie, connaissent bien ce mythe puisque le jeu de rôle sur ce thème existe depuis des années. Lovecraft a créé toute une cosmogonie autour de ces dieux qui reviennent du fin fond de l’espace. Il faut remettre ce genre d’écriture dans le contexte de l’époque de l’auteur. Celui-ci a grandi à la fin du XIXe et début du XXe siècle où on venait de découvrir que l’homme dans l’univers n’était rien. en effet, les récentes découvertes de l’époque tendaient à prouver (ce dont on est sûr aujourd’hui) que l’univers était immensément grand et que la vie sur la terre n’était peut-être qu’un accident. Einstein développait sa théorie de la relativité et changeait toute la donne scientifique et spirituelle. Pour toute personne un peu intéressée par la science, il s’agissait d’un abîme de peur sans égal. Parallèlement, les fonds marins n’avaient pas encore été cartographiés ni sondés. Une multitude de possibilité donc pour créer la peur qui, chez l’homme, naît souvent de l’inconnu. La force du ce récit réside également, au delà du thème, dans la manière dont Lovecraft crée le fantastique et l’horreur. Et comment fait-il ?

Il utilise un procédé fort intéressant puisqu’il s’agit d’un reportage-documentaire, c’est-à-dire qu’il va utiliser un personnage qui va retrouver des notes rédigées par un autre personnage qui lui, a disparu. Au travers de ces notes, il va remonter le fil de l’enquête réalisé par leur rédacteur, le plongeant de plus en plus dans la perplexité et la peur, nous en rendant complice. dans L’Appel de Cthulhu, il y a 3 chapitres différents : le premier retrace l’histoire d’un sculpteur visité par d’étranges songes, le deuxième narre l’aventure d’un policier qui va être confronté à des rites vaudous  très étranges dans le bayou de Louisiane et le dernier nous raconte le récit d’un Lieutenant de vaisseau danois qui vivra en pleine mer une expérience angoissante. Il se trouve que ces trois histoires ont un lien direct, que l’auteur des notes a fini par mettre en évidence et petit à petit nous en faisons de même alors que le narrateur en prend conscience également. Et c’est ce qui crée l’horreur, cette manière de descendre, au fur à mesure de la lecture, dans un puits sans fond et de se rendre compte qu’il est réellement sans fond. C’est cette mise en abîme qui crée le fantastique et la peur. Comme se regarder dans un miroir qui regarde dans un miroir, projetant des reflets de vous-même à l’infini. Nous nous sentons complices du narrateur qui finit par percevoir la menace qui le guette s’il en apprend plus et par là-même nous guette aussi. Lovecraft par ce procédé crée le phénomène d’identification nécessaire lors de la lecture pour impliquer émotionnellement le lecteur.

Cette expérience gratuite de chez Hardigan m’a donné envie de deux choses : la première retenter l’expérience, et comme je vous l’ai dit elle a déjà été faite puisque je viens de terminer Légende et donc bientôt nous en parlerons, la seconde est de pouvoir me pencher un peu plus sur l’oeuvre de Lovecraft et sur le mythe de Cthulhu. D’un point de vue intellectuel et littéraire, cette œuvre est riche et j’ai hâte de me plonger dans la lecture de ses autres nouvelles pour voir de quelle manière il  va me faire frissonner. Je pense donc prochainement acquérir la réédition en 3 volumes des nouvelles de Lovecraft remis au goût du jour par Bragelonne.

La Note : 9/10.

un bon 9 / 10 totalement mérité. Cette note englobe aussi bien l’histoire que la performance du lecteur-narrateur, Nicolas Planchais. Un grand Bravo au studio Hardigan pour leur travail. Et pourquoi pas la note maximale? Peut-être parce que je n’ai jamais été un fan du format nouvelles et que j’aime beaucoup m’impliquer émotionnellement sur de longues histoires, mais ça, c’est personnel.

voilà c’est tout pour aujourd’hui n’hésitez pas à me laisser vos impressions, un commentaire si vous êtes de vrais connaisseurs de Cthulhu et de Lovecraft, en attendant, je vous souhaite de jolies peurs nocturnes…

Bonsaï

L’appel de Cthulhu, Nouvelle fantastique de l’américain Howard Phillips Lovecraft (20/08/1890 – 15/03/1937), publié dans le magazine Weird Tales en février 1928. Elle ne paraîtra pour la première fois en France qu’en 1954. 

Edition présenté Format Audio de chez Hardigan lu par Nicolas Planchais. 

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