Revue Littéraire : Le Cinquième Règne de Maxime Chattam

Chose promise, chose dûe! Voici ma revue sur Le Cinquième Règne de Maxime Chattam.

J’ai découvert l’auteur au mois de mars alors que je cherchais à renouveler mes lectures. Plutôt attiré par les auteurs anglo-saxons qui traitent de fantastique et de fantasy, je me suis demandé si par hasard en France on ne pouvait pas trouver de bons auteurs dans les mêmes domaines. J’ai donc cherché et j’ai fini par entendre parler de la série Autre-Monde de Maxime Chattam. Histoire d’avoir un meilleur relief de l’auteur, avant de sortir de ma librairie, j’ai acheté un autre livre dont la quatrième de couverture m’attirait particulièrement et me promettait de m’emmener au coin de la rue, là-bas dans le noir…

Résumé (quatrième de couverture) :

Ils auraient dû se méfier.

Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre du jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Reposer ce vieux grimoire poussiéreux tant qu’il était encore temps.

Et surtout… ne pas en tourner les pages.
À présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu: à Edgecombe,
petite ville tranquille de Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition…

Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l’humanité ?

Mon avis :

« Ce livre ne recèle pas la foi. Il ne contient pas la connaissance universelle. Mais ce livre est dangereux ; dans ses pages se cachent le Savoir, la mort n’y est plus mystérieuse, et la vie le devient. Sache, ô lecteur, que ce livre t’est interdit. »

Au-dessous venait la signature : La Confrérie des Arcanes.

Maxime Chattam, le 5e Règne.

Il s’agit d’un premier roman et ça se sent. Maxime Chattam explique dans la préface que ce livre fut d’abord édité sous le pseudonyme de Maxime Williams car il avait peur que son public soit déstabilisé par un roman fantastique imaginaire alors que le précédent (L’âme du mal) était résolument ancré dans la réalité de notre monde. Quand je dis que l’on sent le premier roman, c’est avec beaucoup d’empathie et de bienveillance, car c’était exactement la tonalité qu’il fallait à cette histoire. L’auteur tente de réveiller en nous la magie, et on devine les inspirations, puissantes encore car récentes, dans les veines du jeune écrivain en herbe : Stephen King, Le film les Goonies, et peut-être d’autres références cinématographiques plus noires encore comme Evil Dead ou Les Griffes de la Nuit. Ce livre m’a replongé dans mon adolescence et sa lecture fut rafraîchissante. Je sortais d’Histoire de Lisey de Stephen King et j’avais besoin de moins de complexité. Attention, moins complexe ne veux pas dire moins bon, bien au contraire!

Maxime Chattam plante le décor d’une petite ville de Nouvelle Angleterre, Edgecombe, qui est le nom qu’il a donné à sa résidence actuelle en France, qui semble des plus calmes et banales, tout ça après un prologue se passant au Moyen Âge, un peu plus remuant et effrayant. Rien qu’avec ces ingrédients, j’étais déjà conquis, car je marchais en terre connue, en tant que grand fan du King avec ses romans dont l’action se situe souvent dans le Maine, et ma passion de l’Histoire. Très rapidement, on retrouve les ambiances de ses futurs romans, avec un tueur qui sévit, et des crimes atroces. Les adolescents sont ses cibles et nous rencontrons bientôt les héros de l’histoire :  SeanLewis, Zach, Meredith, Eveana, Gregor et Tom. Je ne vais pas m’attarder sur eux, car je me suis attaché à tous les personnages, chose que je n’ai pas réussi à faire lors de ma lecture de La conjuration Primitive. Mais ils ont chacun une personnalité bien à eux et sont remarquablement bien brossés.

À partir du moment où Sean et les autres découvrent le livre, tout démarre et l’histoire se transforme en un récit fantastique, où s’entremêlent FBI, shérif, puissances ésotériques, personnages adultes charismatiques, et un tueur fou, le tout pour mon plus grand bonheur! Au rang des scènes qui m’ont le plus impressionné, une chasse à l’homme dans les sous-sols d’une usine désaffectée, une séance de spiritisme qui m’a curieusement rappelé mon adolescence et un final haletant dans une maison qui ressemble à s’y méprendre à Marsten House (pour ceux qui la connaissent). J’ai beaucoup aimé la référence au Magicien d’Oz, avec cette histoire de château d’eau, qui revient comme un gimmick sur les lèvres de Lewis, et le personnage d’Aaron n’a pas été sans me rappeler un certain Henry Bowers de Ça. On peut aussi se demander si la présence des Druides n’est pas la réminiscence d’une lecture des Chroniques de Shannara de Terry Brooks . Il y a beaucoup de thèmes abordés et d’idées très intéressantes proposées dans ce livre, comme la notion de communion après la mort avec la vie qui emplit l’univers, mais ce n’est pas le but de ce récit, et l’auteur n’a pas trop voulu remanier son histoire lors de la nouvelle édition (sous son nom de plume cette fois), ce qui aurait conduit, peut-être, à mettre plus en valeur certains thèmes, occultant finalement le vrai message du livre, sa thématique principale.

Tirer un trait définitif sur ses jouets, c’était enterrer son enfance à jamais. C’était creuser ce fossé qui éloigne pour l’éternité les adultes du monde des féeries juvéniles, cela revenait à renoncer à la magie de l’enfance. Il aimait trop ce monde où l’on pouvait encore se donner l’illusion d’être vraiment quelqu’un d’autre.

Maxime Chattam, le 5e Règne.

Évidemment, les adultes sont présents, ce n’est pas qu’une histoire d’adolescent. Mais ils ne servent qu’à mettre en lumière l’ultime vérité de cette histoire, la thématique principale du livre : passer à l’âge adulte casse la magie de l’enfance et la force de CROIRE. De croire? Mais à quoi? Et bien aux dragons, au monde des esprits, au Mal absolu et au Bien immaculé (le blanc et le noir), au pays Imaginaire et à Peter Pan, au terrier d’Alice, aux Elfes, aux Nains et aux Hobbits. Et c’est bien le message délivré par ce livre écrit par un auteur en train de lui aussi passer à l’âge adulte, mais craignant de perdre cette magie. Celle de l’imagination. Qu’il soit rassuré, il ne l’a pas perdu.

Alors clairement, c’est dans ce style que je préfère Maxime Chattam. D’ailleurs le livre a reçu le prix du roman fantastique du festival Fantastic’Art de Gérardmer (ville des Vosges de mon enfance, ma double origine). Il prouve également qu’il n’est pas enfermé que dans un genre, celui du thriller policier, même s’il s’agit aussi ici d’un thriller, mais fantastique. Avec Autre-Monde dont je vous parlerai bientôt, il revisite la fantasy et là encore j’ai adoré.  Comme je suis un lecteur ouvert qui aime englober l’univers d’un auteur dans sa totalité, j’ai déjà d’autres thrillers policier de sa plume dans ma PAL, comme L’âme du Mal ou Que ta volonté soit faite, ce qui me permettra de savoir s’il peut me réconcilier avec le genre, même si je reste un rêveur comme Sean, avide de dragons, de magie, d’ésotérique et de surnaturel.

La note :

9/10

Il y a 15 jours je vous disais que j’attendais avec impatience de lire le nouveau Maxime ChattamLe signal, qui lui aussi est un thriller fantastique, mais en version poche pour raison de place, mais je ne suis pas sûr de tenir jusque là tant l’ouvrage semble somptueux, et je suis un amoureux de l’objet livre. Je ne pense pas qu’il m’en voudra de lui faire un peu de pub ici, alors :

En tout cas j’espère que cette revue vous a plu, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires et remarques, et attendant la prochaine je vous dis…

Bonsai!

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2006) (Format POCHE) ISBN: 9782266143776.

4 commentaires sur “Revue Littéraire : Le Cinquième Règne de Maxime Chattam

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