Revue Littéraire : Les Annales du Disque-Monde – La Huitième Couleur (Tome 1) de Terry Pratchett

J’ai décidé (ENFIN!) de me lancer dans la lecture du joyau de Terry Pratchett. En grand fan de fantasy, il aurait été dommage de passer à côté d’une œuvre majeure du XXème siècle. J’ai donc commencé par le début bien que vous pouvez lire les tomes indépendamment, l’idéal étant de respecter l’ordre de publication pour chaque cycle constituant les annales mais nous y reviendrons. Allez c’est parti!

Résumé (Quatrième de couverture):

Dans une dimension lointaine et passablemement farfelue, un monde en forme de disque est juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d’une tortue.
A Ankh-Morpork, l’une des villes de ce Disque-Monde, les habitants croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur une myriade de petites jambes.
Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la guilde des voleurs et celle des assassins; mission périlleuse qui va les conduire loin : dans une caverne de dragons et peut-être jusqu’aux rebords du disque.
Car Deuxfleurs appartient à l’espèce la plus redoutable qui soit : celle des touristes.

Mon avis:

Moi j’aime la fantasy!

Tout fan de fantasy devrait lire cette saga, ne serait-ce que pour redescendre un peu et ne plus se prendre au sérieux quant à la cosmogonie des livres du genre. Pratchett nous livre ici un texte riche, tant en terme de vocabulaire avec des mot de son invention, ce qui demande parfois un peu de connaissance étymologique, que de style. Il s’amuse à réutiliser les codes du genre pour ensuite mieux les tourner en dérision. Mon plaisir n’aurait sans doute aucun lieu d’exister sans la formidable traduction de Patrick Couton (bon il manque des mots parfois, des verbes essentiellement mais ce sont des coquilles courantes dans le monde de l’édition). Mais au delà des mots et du style que dire de l’histoire?

« …cela prouve que la Mort aussi a le sens de l’humour » page 32

Je ne vais pas vous réexpliquer comment se présente ce monde puisque le 4ème de couverture le fait très bien. Nous avons donc ici un monde de type fantasy avec sa cosmogonie, ses héros, ses habitants, ses dieux et La Mort (oui oui! c’est un personnage à part entière! Et un des meilleurs!). La particularité de ce dernier est donc qu’il est plat (petit clin d’œil à tous les amoureux de la théorie de la terre plate, bise aux plateux…dont je ne fais pas partie). Ce qui entraîne fatalement que si vous arrivez au bord, ben… vous tombez!

Nous suivons donc les aventures de Rincevent, un mage (enfin façon de parler, puisqu’il ne connait qu’un sort) et de Deuxfleurs, un touriste, le premier de son espèce sur le Disque, à travers des paysages tous plus fascinant qu’incroyables tant ils enfreignent les lois de la physique. Deuxfleurs rêve d’aventures, de voir des héros. Il en connait quelques-uns de nom d’ailleurs et il aura l’occasion de les rencontrer mais pas forcément sous les meilleurs hospices. Rincevent, ce personnage lâche, égoïste, vénal et porte poisse par excellence, va se retrouver dans tout un tas de situations plus rocambolesques les unes que les autres sous l’impulsion de son nouvel employeur avide d’explorations et d’expériences. Son coté perdant et pessimiste crée le comique et là où dans un livre de fantasy classique nos héros sauveraient le monde, on se retrouve à réfléchir quelle tuile va bien pouvoir leur tomber sur la tête!

L’Octarine, la Huitième couleur, la couleur de la magie…

On va donc tour à tour faire la rencontre d’assassins, de voleurs, d’une guilde du commerce nouvellement créé grâce à ce premier touriste de l’histoire, d’entité maléfique, d’un barbare aussi fort que son intellect est faible (ami rôliste vous savez de quoi je parle!), d’épée magique, de Dragons, de VRAI magicien, d’astronome et j’en passe! Tout ça sous le regard impassible de La MORT qui attend de pouvoir emmener Rincevent. Comme les mages peuvent voir la fameuse Huitième couleur, celle de la magie, l’Octarine(!) et que La MORT se reflète dans cette dernière (euh..oui, c’est un peu compliqué faudra lire le livre pour comprendre), cela nous donne des joutes verbales désopilantes entre notre pseudo-mage et la Faucheuse. Il y a un vrai gimmick avec le chiffre 8 tout au long de l’histoire et tous les jeux de mots possibles qui vont avec, l’auteur a dû bien se faire plaisir (ou pas!) à écrire ce livre.

Tous les codes du genre sont brisés, les héros sont caricaturaux à souhait et martyrisés. Dès les premières pages le ton est donné et si vous n’adhérez pas à ce style rocambolesque, burlesque et satyrique, alors malgré le nombre de pages relativement faible (265) vous allez avoir du mal à le finir.

Je ne peux pas vous parler des protagonistes sans citer le coffre magique sur pattes. Il est un personnage à part entière de l’histoire, et permet pas mal de situations loufoques. Plus le livre avance et plus on arrive à lire entre les lignes et comprendre certains événements décrit à posteriori, soupçonnant certains personnages d’en être responsable. Pratchett nous présente parfois juste les conséquences et là encore le style de l’auteur fait mouche, on se délecte des ces séquences explications-descriptions ou il s’amuse aussi bien avec les mots, les expressions, que le comique de situation. L’intrigue en fait est quasiment inexistante, et cela rejoint ce que Stephen King dit dans son livre Écriture, à savoir que si les personnages sont bien plantés, les différentes situations auxquelles ils sont confrontés, suffisent à porter le lecteur de page en page.

Pour ma part, en tant que Rôliste ( qui joue à des jeux de rôles sur papier) depuis un certain nombre d’années, j’ai traîné dans pas mal d’univers médiévaux-fantastique et pour le coup, je m’en suis payé une bonne tranche! J’ai ri ou souri tout du long. Rincevent devient très vite attachant dans son genre. Grand fan de Tolkien, référence incontournable sur le sujet, de Robin Hobb ou encore GRR Martin, David Gemmell, ce livre est pour vous… à condition d’avoir de l’humour et d’accepter que vos jouets soit un tant soit peu tournés en dérision.

Ce livre n’a pas été sans me rappeler un autre monde : celui de Naheulbeuk créé il y a environ 20 ans par Pen of Chaos, un auteur bien français lui pour le coup, sous forme de fichier audio mp3 et qui aujourd’hui se décline en BD, roman, Jeu de rôle et bientôt dans une série animé (du moins on espère).

Ce fut donc une bonne lecture et un grand moment de détente, à tel point que j’ai déjà commencé le deuxième tome du même cycle. À ce sujet, comme promis plus haut voici un plan récapitulatif de toutes les Annales avec ses différents cycles :

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Il n’est donc pas nécessaire de lire chaque tome à la suite, vous pouvez parfaitement commencer par d’autres cycles, même s’il est conseillé de les lire suivant l’ordre de publication à l’intérieur de chacun, facilitant ainsi la compréhension et procurant un plaisir maximal.

Ma note sera donc pour celui-ci de :

8/10

Et pourtant il parait que les premiers tomes ne sont pas les meilleurs, j’ai hâte de découvrir la suite!

Bonsai!

Edition: L’Atalante

ÉDITION PRÉSENTÉE: POCKET (2011) (Format POCHE). TITRE ORIGINAL: The Colour of Magic. TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR PATRICK COUTON (1996). ISBN: 9782266211819.

Pour aller plus loin et voir la suite de l’aventure c’est ici : Le Huitième sortilège de Terry Pratchett (Tome 2 des annales du Disque-Monde)

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